Une situation conflictuelle a prévalu la semaine dernière dans le village de Djamasakassou situé à 32 kilomètres Yamoussoukro. Chrétiens d'une église protestante et animistes en sont venus aux mains.

A l'origine de cette situation, le problème du respect de la coutume du village. En effet, pour les animistes, le dimanche étant le jour consacré au Goly, il était interdit de battre des mains ou de taper les tam-tams ce jour-là. Chose que les chrétiens refusent d'accepter car pour eux le dimanche aussi est un jour de louange et d'adoration pour le Christ. Les deux groupes antagonistes ont fini par s'affronter. Résultat : plusieurs blessés de part et d'autre. Dans le village, les animistes ont fait une démarcation, à savoir une barrière que les chrétiens ne doivent pas franchir. Ainsi, le village a été coupé en deux parties.

Le responsable de la danse Goly, Konan Kouakou Eugène, a été arrêté, pour, dire-t-on, défiance à l'autorité car il aurait refusé de répondre à la convocation des autorités saisies. Mais pour la gendarmerie, le patron du Goly a été arrêté et déféré à la prison de Toumodi pour coups et blessures volontaires sur un chrétien qui a porté plainte. " Nous ferons tout pour préserver l'héritage de nos ancêtres, c'est-à-dire notre tradition qui est aussi le Goly. Depuis l'arrivée de cette église dans le village, les femmes et les enfants n'ont plus peur du masque. Les règles, les totems du village sont violés, et même le bois sacré ne leur dit absolument rien. Comme ils nous défient, ils nous trouveront sur leur chemin. Tôt ou tard, nous allons faire disparaître cette église de la terre de nos aïeuls. Même Jésus-Christ respectait certains interdits de la vie. ", voici ce qu'a affirmé N'guessan Kouamé, porte-parole des animistes.

Quant au pasteur de l'église protestante du village, il dira ceci : " C'est une épreuve, mais nous tenons bon ". Rappelons que le chef du village qui avait été sollicité pour régler le litige a tranché en faveur des animistes. Selon certains, il a agi sous pression puisqu'il est lui-même animiste et il ne pouvait pas faire autrement au risque de se voir destitué. Aux dernières nouvelles, le chef du Goly incarcéré a été libéré, et la tension baisse progressivement dans le village de Djamasakassou.