
NDLR: Voici un petit chapitre du livre de T. A. Sparks "Christ notre vie" (éditions Caleb). Hier soir, alors que j'adressais au Seigneur une prière bien précise, la pensée de ce livre (que je n'ai pas ouvert depuis des années) s'est imposée à moi avec cette consigne: "lis la page 43". Ce que j'ai fait, et que je vous partage maintenant tant j'en ai été touché. Lecteurs pressés, sautez directement au paragraphe en gras.
Christ notre vie
Col. 3 : 4
Dans son ministère auprès des enfants de Dieu, le Saint-Esprit poursuit des objectifs précis. L'un des principaux d'entre eux consiste à les conduire à cette position en Christ qui n'est plus une simple théorie, mais une connaissance expérimentale de Sa vie de résurrection. D'étape en étape, Il les initie à cette existence céleste qui est celle de Christ, et que nous sommes appelés à partager déjà sur cette terre. En effet, les conditions qui prévalent actuellement au sein du peuple de Dieu se signalent par un détachement de plus en plus marqué à l'égard des éléments extérieurs de la piété, qu'il s'agisse des hommes, des mouvements religieux, ou d'une manière générale des facteurs visibles et tangibles de la vie chrétienne. Cette évolution a pour objectif un attachement absolu au Seigneur Jésus Lui-même.
L'antéchrist va bientôt paraître et il se manifestera vraisemblablement sous le couvert d'un soi-disant « Christianisme » mondial, qui se donnera comme le représentant du progrès, et prétendra travailler au relèvement social et moral de l'humanité. Des foules seront entraînées après Lui. Et ceux qui voudront rester en dehors d'un tel mouvement seront montrés du doigt et frappés d'ostracisme. C'est en vue de ce moment-là que Dieu prend ses dispositions en cherchant à donner au Seigneur Jésus, dans la vie de Ses enfants, non plus la première place ou la plus grande place, comme c'était peut-être le cas jusqu'ici, mais toute la place, de façon à rendre leur vie absolument solidaire de la Sienne.
Ils sont nombreux, hélas ! ceux qui trouvent leur vie dans le travail, dans les oeuvres, dans les mouvements religieux, dans les églises ou les sociétés, dans les entreprises d'une sorte ou d'une autre, dans le voisinage de certaines personnalités, ou dans l'intérêt que leur procure un enseignement particulier. Il leur faut l'émulation d'un programme, de quelque chose qui marche, d'une organisation qui leur fait une place dans son sein.
Or, l'enseignement, même évangélique, suivi pour lui-même, peut finir par décontenancer, nous laisser dans une impasse et se révéler incapable d'alimenter la vie. Le travail ? Il peut mener à l'épuisement et à d'amères désillusions. Les mouvements religieux ? Ils peuvent, même les plus spirituels, sous l'empreinte simplement humaine de ceux qui les dirigent, perdre leur puissance et devenir des terrains de discorde. Quant aux éléments concrets de la vie chrétienne, ils sont tous condamnés à décevoir, l'un après l'autre.
Le Seigneur seul demeure, et ne déçoit jamais.
Malheureusement, l'attachement qu'on a pour Lui est souvent affaire d'occasion, et reste à la merci des circonstances qui l'ont inspiré : une personne, ou un groupe de personnes, un mouvement spirituel, un endroit, une oeuvre. Que ces points d'appui viennent à fléchir, la foi chancelle, la personne du Seigneur semble éclipsée, et il en résulte pour la vie spirituelle une douloureuse période d'incertitude et d'obscurité.
Ce que nous devons apprendre avant tout et à tout prix, c'est d'avoir en toute chose partie liée avec le Seigneur, et de nous faire une bonne fois à la réalité de ce qu'il est et à la plénitude que nous avons en Lui. Il faut que Sa vie soit la nôtre : pour notre esprit tout d'abord, pour le rendre fort ; car si nous n'avons, pour le maintenir en forme, que des intérêts extérieurs et des préoccupations simplement objectives, il arrivera ceci, c'est que nous ne serons forts en esprit qu'occasionnellement, sous la pression d'une nécessité extérieure, d'une circonstance difficile, ou d'une extrémité.
Pour notre intelligence et notre entendement, il nous faut au même degré le Seigneur Lui même et son afflux de vie ; autrement la vérité restera pour nous quelque chose d'abstrait, ou se présentera comme un simple chapelet d'affirmations. Ce dont nous avons besoin, c'est d'une vérité qui vive et propage la vie.
Pour nos corps enfin, il nous faut Sa vie. Nous pouvons être faibles ou forts, sur le plan naturel, la question n'est pas là . Elle n'est pas non plus dans un principe de guérison se substituant à l'enseignement de la vérité. Il est facile, sur cette voie, de devenir l'esclave d'une idée fixe. Non, c'est le Seigneur Lui-même qui est notre vie, soit que nous restions éprouvés par quelque faiblesse physique, soit que nous en soyons affranchis, selon que l'un ou l'autre servira le plus à Sa gloire. Ce qui importe, ce n'est pas tant notre état naturel que la toute-puissance des ressources divines, grâce auxquelles nous pouvons dominer cet état naturel.
Les enfants de Dieu passent à l'heure actuelle par des épreuves terribles. Partout ils sont aux prises avec des difficultés exceptionnelles. L'Ennemi, semble-t-il, prend moins de répit que jamais ; et pour les croyants eux-mêmes, prendre du répit devient de plus en plus en plus dangereux. Pour tenir avec succès le contre-pied d'une telle situation, il y a une chose, une seule, qui se révèle suffisante : c'est cette connaissance personnelle, dans notre vie de tous les jours, d'un Seigneur qui est tellement le centre, la raison d'être, le but et le moyen, le commencement et la fin de tout, que nous pouvons dire en toute vérité que notre vie, c'est Lui.
« Il les exhorta tous à rester d'un coeur ferme attachés au Seigneur » (Act. 11/23). Il n'y a peut-être pas, à l'heure présente, de mot d'ordre plus opportun que cette exhortation de Barnabas aux convertis d'Antioche.
Décembre 1932













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