Rebekka Zakaria, Eti Pangesti et Ratna Bangun montrant leur notification de libération

Seul un petit groupe attendait les trois femmes devant la prison. Rebekka Zakaria, Eti Pangesti et Ratna Bangun ont été libérées plus tôt que prévu, ce vendredi 8 juin, dès 6 heures du matin, afin d´éviter toute manifestation. Les trois chrétiennes ne cachaient pas leur joie pendant qu´elles franchissaient les portes de la prison d´Indramayu, sur l´île de Java Ouest en Indonésie. Quand elles ont fait leurs adieux aux autres prisonnières, ces dernières ont fondu en larmes. Le reste de la journée, elles l´ont bien sûr passé en famille. Interrogées par des journalistes sur leurs projets futurs, elles ont déclaré qu´elles n´avaient pas peur de l´avenir et sont convaincues que Dieu les protègera et les guidera quoiqu´il arrive.

Pendant leur séjour en prison, les trois femmes en ont transformé l´atmosphère en nettoyant les sanitaires, les cellules, travaillant au jardin...Rebekka, qui est médecin, donnait des conseils de santé aux autres détenues. Dans la section des femmes, les querelles s´étaient espacées. Grâce à leur influence, les gardes ont autorisé les prisonnières à utiliser des cuillères et des couteaux dans leur cellule.

En septembre 2003, les trois enseignantes avaient commencé un programme d´éducation chrétienne à la demande du directeur d´une école primaire du district. Au début, les leçons ne s´adressaient qu´à des enfants de chrétiens, mais très vite, des enfants de musulmans avaient voulu se joindre au groupe et avec l´accord oral des parents, les trois enseignantes ont accepté. Des extrémistes musulmans les avaient alors accusées d´essayer de convertir ces enfants et d´avoir enfreint la loi de protection de l´enfance en vigueur dans le pays. En septembre 2005, elles avaient été condamnées à trois ans de prison (voir Fil Rouge du 26.01.2006).

Une campagne internationale de soutien et de prière s´était alors mise en place et les trois prisonnières ont fini par bénéficier d´une libération anticipée. Elles nous demandent toujours de prier pour elles.