La multiplicité de diverses dénominations protestantes ainsi que les nouvelles méthodes d’évangélisation ont contribué à embourber le dialogue interdénominationnel et interreligieux, bloquant la compréhension de la foi dans de nombreux pays du Sud-Est de l’Asie. La conférence Interfaith Dialogue veut favoriser le dialogue interculturel et interreligieux dans le but de rechercher des moyens de résoudre les conflits.
L’objectif principal de la 3e conférence Asia Pacific Regional Interfaith Dialogue, qui s’est tenue à Waitangi (NZ) la semaine dernière, était axé sur les moyens de "construire des ponts" entre les religions. Des prêtres catholiques représentant 3 pays de l’Asie / Pacifique, ont expliqué comment l’Eglise Catholique a trouvé une ouverture favorable avec les gouvernements de leurs pays, mais il admettent que les Protestants et particulièrement les mouvements Pentecôtistes attirent la jeunesse. L’Evêque Cambodgien Bruno Cosme indique qu’il est difficile pour le gouvernement de s’y retrouver parmi les 40 différentes dénominations au Cambodge. "Cependant, l’Eglise Catholique elle, est bien reconnue et c'est pour cette raison", ajoute-t-il, "que ce sont des délégués Catholiques qui ont été mandatés à la Conférence pour représenter l’Eglise Chrétienne au Cambodge".
"Le Ministère des Cultes et Religions ne sait pas à qui d’autre s’adresser parmi toutes ces dénominations, et l’Eglise Catholique a de bonnes relations avec le gouvernement, car il y a ici un héritage Catholique bien établi", précise-t-il. Yoseph Sahadat, Evêque de Malang, président de la Commision Interfoi du Synode des Evêques Catholiques en Indonésie, se fait l’écho de l’Evêque Bruno Cosme.
L’Indonésie composait la plus grande délégation (21 représentants), pour la plupart des fonctionnaires de l'Etat. Ils sont Bouddhistes, Hindous, Musulmans et Confucianistes, un Protestant et l'évêque Sahadat représentant la minorité Catholique. L’Indonésie possède la population musulmane la plus importante de n’importe quel autre pays dans le monde. Sur les 230 millions d’habitants, on compte 6 millions de Catholiques et 8 millions de Protestants.
"Nous jouissons de la liberté de culte", dit Monseigneur Sahadat, "néanmoins, il n’est pas facile de construire de nouvelles églises en Indonésie. L’opposition ne vient pas du gouverneement, car il existe une bonne règlementation, mais des habitants des villages. Cependant, le gouvernement exige des religions qu’elles aient un permis pour pratiquer. Certains représentants de l'Etat l’accordent facilement, d’autres pas".
"Dans une certaine région, il a fallu attendre un permis pendant 10 ans" signale l'évêque Sahadat. L’influence des églises Catholiques et Protestantes est redoutée. "L’éducation ainsi que les programmes sociaux qu’offrent les Chrétiens sont les meilleurs du pays. Nous avons 17 universités Catholiques excellentes et les Protestants possèdent des universités renommées", ajoute-t-il.
L'évêque Sahadat annonce que l’Eglise Catholique en Indonésie entretient des relations moyennement bonnes avec les Eglises Protestantes, alors qu’elle considère le courant Pentecôtiste comme agressif et provocateur. Certains les considèrent comme étant comparables aux Intégristes Musulmans (7%).
"L’Eglise Pentecôtiste qui s’est considérablement développée pendant ces 10 dernières années en Indonésie et au Sud-Est de l’Asie, draine la jeunesse", dit-il. Les Pentecôtistes font en sorte de rendre l’Evangile très séduisant pour les jeunes, alors que l’Eglise Catholique concentre ses efforts sur un approfondissement durable de la foi. Selon Sahadat, les Catholiques n’ont eu aucune difficulté à travailler parmi les Musulmans à l’Est de Java, il n’en est pas de même en Indonésie. "Le dialogue interfoi existe également en Indonésie. Nous souhaitons que l’oecuménisme se répande, mais il est encore bien limité", précise-t-il.
En ce qui concerne la Nouvelle Guinée Papouasienne, qui est un pays à 90% Chrétien, les problèmes ne sont pas comparables. Sir Brian Barnes, Archevêque de l’Eglise Catholique, délégué à la Conférence Interfoi signale que le projet le plus important pour l’Eglise Catholique est d’apprendre à connaître les différentes croyances présentes dans son pays. "Il existe déja une certaine collaboration avec des groupes Chrétiens, mais pas avec d’autres religions minoritaires", dit-il. Il ajoute que l’Eglise en Papouasie Nouvelle Guinée occupe un rôle prépondérant dans la politique et les medias.
Les membres du Parlement sont presque tous des Chrétiens, mais la corruption est très présente et l’Eglise en parle librement. "L’Eglise s’interroge sur la corruption au sein des politiciens et des fonctionnaires. Le crime figure parmi les autres problèmes, d’où la nécessité pour les responsables d’Eglise de se prononcer en faveur du peuple. Les politiciens ont réagi d’une manière virulente : "Occupez-vous de votre chaire". Cependant, on ne peut séparer la politique d’avec la vie. Par ailleurs, certaines influences laïques rampantes apparaissent, mais peu de personnes soutiennent ces courants", estime Sir Barnes.
Concernant le rassemblement organisé par l'église pentecôtiste néo-zélandaise Destiny programmé pour protester contre un affaiblissement présumé de la situation des Chrétiens dans la société en Nouvelle-Zélande, l’Archevêque Barnes déclare qu’il serait extrêmement regrettable que la tradition chrétienne vienne à disparaître dans ce pays.
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