NDLR : Tout le monde connait les positions de la ministre de la Santé (à qui la H.A.S. va recommander la modification législative), Mme Bachelot, sur l'avortement... Par ailleurs, et surtout, au paragraphe 3, on nous affirme que cela sera moins dangereux que l'amniocentèse pour le foetus, mais quel intérêt ? 1) Le résultat ne changera pas théoriquement : a) une mère qui déciderait d'avorter après la découverte de la trisomie de son enfant, suite à une amniocentèse, pourrait tout aussi bien avorter après ce nouveau dépistage précoce. Pourquoi cela changerait-il ? b) Une mère qui, quoi qu'il en soit, ne voudrait pas avorter après amniocentèse révélant le syndrome de Down, ne voudrait probablement pas non plus avorter après un dépistage plus précoce le révélant. ba) Sauf si un dépistage si précoce peut anesthésier la conscience maternelle et déculpabiliser : avorter d'aussi bonne heure peut être moins ressenti comme un crime que le faire aux 2/3 de la grossesse. bb) Par ailleurs, l'avortement thérapeutique tardif peut présenter des risques d'hémorragie, ce qui doit rebuter certaines mères. Certes, l'intérêt de l'enfant est avancé comme raison, mais puisque la trisomie 21 ne se soigne pas, il reste bien que la seule raison est de faciliter l'avortement, car pourquoi détecter une anomalie génétique qu'on ne sait soigner ? 2) Quant à la raison pour pousser à avorter plus tôt et donc davantage : cette mesure est pratique pour réaliser des économies puisque l'enfant est pris en charge par la Sécu jusqu'à ses 20 ans et que, sous conditions, les parents peuvent toucher une indemnité de la Caf (arrêt ou réduction de travail pour s'occuper de l'enfant, emploi d'une aide, etc.)

La Croix indique que « d´ici à quelques jours, la Haute autorité de santé va recommander au ministère de la santé une modification de la loi pour autoriser un dépistage plus précoce de la trisomie 21 ». Le journal précise que « pour rendre cet avis, les experts de la HAS se sont fondés sur une étude clinique menée par l´Assistance Publique-Hôpitaux de Paris ».
La Croix cite ainsi le Pr Patrick Rozenberg, du service de gynéco-obstétrique de l´hôpital de Poissy-Saint-Germain (Yvelines), qui remarque que « ce nouveau dépistage (comprenant la mesure de la clarté nucale et le dosage de deux marqueurs sériques) devrait permettre de réduire le nombre d´amniocentèses, un examen qui n´est pas sans risque pour le foetus. Pour la mère, il devrait aussi réduire le risque de complications liées à une interruption tardive de la grossesse ».
Le praticien ajoute que « l´accumulation des différentes méthodes de dépistage, indépendantes les unes des autres, a conduit à un dérapage complet et à une survalorisation du risque de trisomie 21. Cela a entraîné la réalisation d´un nombre excessif d´amniocentèses, un acte qui est loin d´être anodin puisqu´on estime qu´il entraîne le décès d´un foetus normal sur 100 ». Laurence Bussières, de l´unité de recherche de l´hôpital Ambroise-Paré, précise que ce dépistage combiné « présente un taux de détection de 80 %, contre 75 % pour les méthodes actuelles ».
La Croix livre pour l´occasion un entretien avec Didier Sicard, président du Comité consultatif national d´éthique, qui remarque que « notre société est très peu encline à accepter le handicap comme faisant partie d´une normalité humaine... Il y a un écart entre les discours, généreux, et les pratiques, qui sont d´exclusion ».













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