Dans une interview à paraître mercredi dans Le Figaro, l’écologiste français juge encourageant le "changement de pied" de la Maison-Blanche face au défi climatique.

LE FIGARO. – George Bush arrive au G8 après avoir fait volte-face sur le climat. Est-ce une diversion ?

Nicolas HULOT. – Il faut être prudent. Il y a quinze jours, l’expression même de changement climatique était refusée par les conseillers de George Bush. Aujourd’hui Bush propose un nouveau cycle de négociations sur le climat. Certes, il refuse encore de le faire dans le cadre de l’ONU et il ne donne pas d’objectifs chiffrés. Mais on ne va pas fermer la porte au nez des Américains, au moment où ils font un pas dans notre direction.

Mais n’est-ce pas pour la Maison-Blanche, isolée sur ce dossier, une opération de relations publiques ?

Pas seulement. En réalité, le changement de pied à la Maison-Blanche prend acte du basculement de l’opinion américaine. Plusieurs États fédéraux ont déjà adopté des mesures fortes en faveur de la réduction des gaz à effet de serre. Au grand dam du lobby pétrolier, les milieux d’affaires ont compris qu’il y avait un marché du développement durable, et ils ne veulent plus le laisser passer. Autre nouveauté : les responsables de la droite évangéliste ne prennent plus le sujet à la légère. Il y a eu campagnes sur le thème « Nous sommes tous responsables de la Création ». Et des slogans pour décourager les conducteurs de 4 × 4 : « Jésus ne roulerait pas en 4 × 4 » (NDLR: voir WWJD). On sait combien cela compte aux États-Unis, notamment aux yeux de George Bush ! Tout cela montre que les lignes bougent. La question est de savoir si les États-Unis rejoindront Kyoto avant le départ de George Bush ou après.

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