Un tribunal de district a condamné, le jeudi 31 mai, à la peine capitale un chrétien Younis Masih, accusé d'avoir offensé Mahomet et le Coran. Son avocat dénonce le manque de preuves et la négligence de la police qui a bâclé son enquête.

La dénonciation pour blasphème a été faite auprès de la police de Lahore le 10 septembre 2005. Selon les plaignants, Younis Masih aurait offensé Mahomet et le Coran à l'occasion d'une bagarre avec un groupe de musulmans, une faute qui, au Pakistan, est punie de la prison à vie ou de la pendaison.

Pour l´avocat de Masih, "la condamnation ne se base sur rien. En fait le témoignage des musulmans suffit comme preuve du délit, et il n'y a rien besoin d'autre pour tuer un homme".

L'avocat a expliqué la dynamique des faits: "Un groupe de chrétiens s'était réuni pour prier le 9 septembre 2005 dans un quartier de Lahore, à Chungi Ammarsiduh, mais un des voisins leur a dit de s'en aller". Abdul Aziz, un des dénonciateurs, a commencé à discuter avec Masih "parce qu'il voulait que les chrétiens prient selon la façon musulmane. La discussion s'est transformée en querelle et deux jours après est arrivée l´accusation de blasphème".

Désirant recourir à la Cour suprême de Lahore, l'avocat a déjà reçu des menaces de mort. Le procès de mercredi est le premier à avoir été transmis par vidéo. Pour des raisons de sécurité - craignant pour sa vie menacée par les fondamentalistes - les juges n'ont pas convoqué Masih au tribunal, mais l'ont auditionné par le biais d'une transmission vidéo.

(source : Asia News)