NDLR: Charles Moreillon fonda en Suisse La Maison, un orphelinat sur le modèle de l'oeuvre de George Müller.

Il n'est que trop vrai que beaucoup de coeurs sont aigris ou brisés, malades et perdus. Beaucoup souffrent de ne pas se sentir aimés. Il en est à qui personne n'a jamais témoigné d'affection, ni parlé de l'amour de Dieu comme de l'amour d'un père. Nous devons penser aux souffrances des autres, même s'ils sont ingrats ou insensibles à notre amour.

Jusqu'où va votre amour, votre oubli de soi pour le prochain ? Les gens que l'on n'aime pas, les aimez-vous ? et si vous les aimez, jusqu'où va votre amour ?

Si ce sont des pauvres spirituellement, que leur donnez-vous ? Si ce sont des riches matériellement, que leur donnez-vous ? On peut donner son argent : ce n'est rien. On peut donner un peu de son temps : c'est déjà mieux. On peut donner un peu de ses conseils et de ses prières : ce n'est pas tout. On peut donner son coeur : c'est beaucoup. L'idéal c'est de donner tout son coeur, toute sa vie et de tout son coeur, à la condition de demeurer en Christ qui seul savait aimer de la bonne manière.

Notre amour ne vaut que ce qu'il nous coûte. Aimer ceux qui ne nous aiment pas, ceux qui ne veulent ou ne peuvent rien nous rendre, cet amour-là seul vaut quelque chose.

Oh ! les âmes ! Qui les voit, qui les comprend, qui les aime, qui se donne pour elles ? Notre Seigneur seul a aimé les âmes et son amour l'a amené, pour leur donner la vie, à donner la sienne. Il faut beaucoup prier, afin que Dieu nous rende capable d'aimer de l'amour dont Il nous aime.

Combien d'âmes avons-nous conduites au pied de la croix ? Y a-t-il eu, une seule fois, de la joie dans le ciel pour un seul pécheur amené à la repentance à cause de notre amour pour lui en Christ ? Que Dieu nous donne d'être les agents de la rédemption de beaucoup d'âmes, par la croix et la puissance de Christ.

Puisez dans le Père tout ce qu'il faut, et donnez-le ensuite à ceux qui sont sur votre chemin, sans distinction. Autrefois vous alliez chez vos parents ou vos amis pour jouir d'eux et des plaisirs qu'ils vous offraient ; maintenant vous devez aller à eux non plus pour jouir, mais pour leur apporter ce que le Seigneur vous dira de sa part. Faites toutes choses avec amour et avec une joie parfaite. Je sais qu'il est difficile, hors de Christ, d'être en même temps sanctifiant et joyeux, mais si vous demeurez en Christ vous pourrez trouver en Lui une joie sanctifiée et la répandre autour de vous. Un grand sérieux dans le fond peut parfaitement s'associer à une joie pure et sainte.

Il faut sauver tous ceux que l'on peut sauver ; il ne faut pas s'inquiéter s'ils sont riches matériellement. il n'y a plus pour vous qu'une seule richesse, celle de l'Esprit ; il n'y a qu'une seule pauvreté, celle de l'âme où Christ n'est pas le pain de vie, et il se trouve que beaucoup de riches matériellement sont pauvres spirituellement. Donnez-leur votre affection, celle qui vient de Christ. Je sais qu'il faut du courage pour parler et pour vivre autrement avec ceux qu'on a toujours vus, mais quand il s'agit de vie ou de mort, il ne faut pas hésiter. Voyez le Seigneur : Il a accepté de dîner chez Simon le pharisien ; mais Il n'y perd pas son temps, il y trouve l'occasion de donner des leçons capitales à ceux qui, par leur rang extérieur ou leur fortune, se croient les grands de la terre. Or, vous savez que la vraie grandeur est ailleurs : elle n'est que dans le dépouillement de soi-même. Que sert-il de quitter le monde si l'on ne renonce pas à soi-même ?

Soulager la misère matérielle, c'est soulager l'effet d'un grand mal, mais ce n'est pas en supprimer la cause. Et la cause de la misère matérielle c'est la misère spirituelle, l'absence de l'Esprit de Dieu dans les âmes et dans les familles. Il faut combattre l'égoïsme de chacun, des parents et des enfants. Il faut pour cela les amener tous à Jésus-Christ.

Pourquoi Dieu permet-il une telle inégalité entre les hommes ? Ce qui frappe, ce sont les écarts qu'il y a entre les deux extrêmes. Mais cette inégalité n'est réellement qu'extérieure, et devant Dieu nous sommes égaux. Car Dieu ne fait point de différence entre les hommes ; tous sont égaux devant ses promesses et ses bénédictions ; tous sont libres de prier, tous peuvent faire l'expérience que quiconque demande reçoit.

Aux yeux de Dieu les vraies richesses sont celles de l'âme, ce sont les grâces divines, l'invitation de demeurer en Christ, et de posséder la vie éternelle.

L'égalité des hommes entre eux est établie aussi par le fait du jugement dernier où nous serons jugés selon cette loi : « Il sera beaucoup redemandé à qui il a été beaucoup donné ».

Le monde pense rendre la vie belle par l'abondance de la richesse, de la gloire, de la santé ou de l'indépendance, tandis que la beauté de la vie chrétienne se trouve dans son unité, son harmonie, sa pureté et l'excellence du sacrifice de soi-même. Ce sacrifice consiste d'une part dans le renoncement intérieur complet à ce qui est grandeur extérieure, telle que le monde la comprend, et qui n'est que dans le nom, la fortune, le rang. Ce n'est pas qu'il faille changer de nom, de milieu social ou jeter sa fortune, mais il faut savoir être, dans son esprit, pauvre de toutes ces choses. Le seul vrai titre de noblesse, c'est de pouvoir être appelé, non un enfant de noble, de prince ou de roi, mais un enfant de Dieu, car Dieu est le Roi des rois et en même temps le Père de tous ceux qui font sa volonté.

Or, ceux qui méritent d'être appelés enfants de Dieu, ce sont ceux qui procurent la paix, la paix entre les hommes, et entre les hommes et Dieu. Il n'y a de vraie grandeur que celle dont Christ nous a donné l'exemple en s'abaissant jusqu'à nous. « Le plus petit parmi nous c'est celui-là qui est grand (Luc 9. 48). »

Ceux qui ont été au bénéfice des ferventes prières de leur pasteur, de sa vie d'amour et de foi, rendent aujourd'hui grâce à Dieu en se souvenant de celui qui les a conduits au Sauveur et leur a annoncé la Parole de Dieu.