Un projet de loi autorisant le conseil municipal de Jérusalem à "interdire des manifestations susceptibles de porter atteinte à l'ordre public ou aux moeurs et croyances religieuses", sera soumis prochainement au Parlement, apprend-on mercredi de source parlementaire.

Selon le journal en ligne du quotidien Haaretz, ce projet de loi vise à interdire la Gay Pride, parade annuelle des homosexuels dans la ville sainte qui scandalise la population ultra-orthodoxe juive de la ville.

Depuis juin 2003, la mairie de Jérusalem est dirigée par Uri Lupolianski, un juif ultra-orthodoxe.

C'est la police de Jérusalem qui a actuellement le pouvoir d'autoriser ou non des manifestations dans la ville.

Le projet de loi sera soumis le 6 juin en lecture préliminaire au Parlement par le député Eliahou Gabay, du bloc d'extrême-droite, Parti national Religieux et Union Nationale (neuf sièges).

Pour être adopté, le projet de loi doit être voté par la suite en trois lectures par le Parlement (120 sièges).

La "Maison Ouverte", l'association de défense des homosexuels de Jérusalem, a demandé il y a trois mois une autorisation de la police pour organiser à Jérusalem le 21 juin sa parade annuelle.

"La demande d'autorisation a été reçue et elle est examinée", selon la police.

La dernière Gay Pride, prévue l'année dernière dans les rues de Jérusalem, avait été annulée en raison des violentes manifestations des milieux ultra-orthodoxes juifs qui s'insurgeaient contre la profanation, selon eux, du caractère sacré de la ville par cette manifestation.

Suite à un compromis, la cinquième Gay Pride s'était transformée en un rassemblement d'homosexuels qui s'était tenu le 10 novembre dans un stade de la ville sous haute surveillance policière.

En 2005, lors du quatrième défilé gay à Jérusalem, un juif ultra-orthodoxe fanatique avait poignardé trois participants et avait été condamné à 12 ans de prison ferme.