NDLR: Durant le temps de la présidentielle, nous avons eu plusieurs chaudes discussions sur le blog et j'ai demandé à Jean de "débrieffer" pour nous l'essentiel des réactions, et d'en dégager les points que nous devrions tous travailler en vue d'un meilleur témoignage. Je crois que nous avons tous besoin, et moi le premier, de revoir ce qu'ont été certaines de nos attitudes. Merci donc de recevoir avec douceur cette exhortation de Jean. Nicolas
Au sortir de la campagne présidentielle, il est temps de faire le bilan des discussions relatives à ces choix de société et de gouvernance. Comme une captatio benevolentia, on pourrait se référer aux versets d’entrée de la première épître de Paul aux Corinthiens, versets louant l’assemblée pour ses richesses et ses vertus. Avant d’aborder les points moins brillants de ces discussions, non pour dénoncer, mais pour édifier en vue d'améliorer la qualité des discussions. En effet, faire un constat sans proposer d'avancer n'aurait aucun intérêt ici.
Dans un premier temps, nous parlerons de l’attitude du site face à ces élections (I) avant de commenter les diverses attitudes des uns et des autres parmi les frères et sœurs qui ont partagé leurs opinions, mais sans donner de noms - chacun se reconnaîtra (II). Dans ce deuxième temps, nous aborderons les tentatives de noyer les débats que ce soit en considérant certaines attitudes décevantes, consistant malheureusement - et, nous l’espérons, involontairement – à user de méthodes peu chrétiennes pour dénigrer l’un ou l’autre candidat (A) et interdire la discussion par des paroles de jugement hors de propos (B). Dans ces 2 sous parties, nous irons plus loin que la constatation des faits, et en tirerons pour la convivialité du site une exhortation. Enfin, une troisième partie, sera consacrée à certaines accusations envers Nicolas Sarkozy (III), celle d’avoir divisée les Chrétiens (A) et celle de participer à un complot latent (B). Comme en témoigne cette annonce de plan, nous n'aborderons que ce qui a été négatif dans certains comportements, le positif n'ayant pas besoin d'être dénoncé - et l'applaudir longuement rallongerait l'article - mais il y a eu des contributions de qualité, il faut le souligner.
I ) Ce site a-t-il fait preuve de partisanerie politique ?
Au préalable, il faut savoir que nous avons hésité à ouvrir le site aux débats sur la présidentielle. La crainte était notamment que certains tentent de le politiser. Cependant, nous avons voulu croire en la capacité de chacun à se comporter de manière responsable. De plus, il est difficile de trouver des sujets qui n'ont pas de rapport proche ou lointain avec la politique (éducation, sécurité, santé, etc.) et il était évident qu'en cette période électorale où les enjeux étaient très importants, il était bon de discuter et partager sur les thèmes proposés par les candidats.
Nous proposons une diffusion de l’actualité chrétienne et non chrétienne, cette dernière étant discutée à l’aune de la foi chrétienne. Partant, les sujets politiques sont aussi proposés, non pour polémiquer, mais pour discuter de l’actualité. S’il ne s’agissait que de diffuser des infos politiques, nous aurions passé notre temps à diffuser les petites phrases assassines, les derniers sondages, etc. Non ! Ce que nous proposons aux lecteurs, c’est de s’informer sur l’avenir que proposent les candidats parce que nous sommes dans le monde… Et, par exemple, l’éducation des enfants - question récurrente sur ce site - fait partie de ces sujets, car nous doutons que qui ce soit qui aime vraiment ses enfants ait envie de laisser la collectivité s’occuper de leur éducation à peine nés. Mais nous ne proposons pas de débat politicien même si chacun peut exprimer ses convictions. Alors, il peut sembler qu’il y ait un parti pris. Je dirai «oui» et «non» à la fois :
«Oui», car défendant des valeurs chrétiennes, nous n’allons pas faire la promotion de promesses en porte-à -faux avec nos valeurs, nous en parlons pour les indexer. Les candidats qui promeuvent des idées dangereuses, il faut en parler et sans chercher à vanter leur programme. Alors s’il y a parti pris, c’est le même que celui face à d’autres opinions jugées négatives d’où il est difficile de tirer du positif.
«Non», car notre souci premier dans l’information est l’objectivité. Le choix est fait de rester objectif, malgré les préférences que nous pouvons exprimer, par dignité personnelle, mais surtout à cause de la foi qui ne permet pas de manipuler. Ainsi, M. Sarkozy, comme Mme Royal ont été critiqués. Nous respectons les gens de diverses convictions politiques, de gauche comme de droite. Par contre ceux qui proposent des solutions néfastes, nous les désignons afin d’avertir, ceci qu’ils soient de droite ou de gauche.
II ) Bilan de l'attitude de certains forumistes
Avant d’entrer dans le vif du sujet, il serait difficile de ne pas faire de constatation publique sur l’attitude de différents thuriféraires du Parti Républicain Chrétien qui ne reculent ni devant la manipulation, ni devant la moquerie pour imposer leur choix du PRC. Ils commencent par discréditer les diverses positions politiques des uns et des autres, dénigrer l’intérêt porté à la chose politique, pour, ensuite, sous d’autres pseudonymes, appeler à voter PRC qui serait, selon eux, le seul parti défendant des valeurs chrétiennes. Il ne s’agit pas, dans ce bilan, de commenter les idées du PRC, mais de préciser que certains – espérons-le, largement minoritaires – de ses militants qui prétendent moraliser la vie publique, devraient commencer par s’appliquer à eux-mêmes leur si beaux principes. Il s'agit également de leur signaler que les avertissements quant au bannissement ne restent pas lettre morte comme en témoignent différentes sanctions prises.
Outre ce type d’interventions extrémistes sur lesquelles il n’y a même pas besoin de revenir pour parler de leur valeur morale et spirituelle, d’autres attitudes ont été malheureusement négatives à plusieurs niveaux, allant d’une certaine manipulation – peut-être inconsciente (A) à l’absence d’esprit de courtoisie, l’incapacité à admettre que parmi les Chrétiens, les divergences d’opinions existent et qu’elles ne méritent pas les foudres du Ciel (B).
A) De l’utilisation de méthodes peu bibliques dans le débat
Après la constatation des attitudes attristantes (1), nous verrons ce qu’en dit la Bible (2) avant, toujours à partir de la Bible, d’exhorter à ne pas s’en tenir à ce bilan – qui rappelons-le n’est pas du tout exhaustif puisqu’il ne porte pas sur le large aspect positif de ces débats qui se sont généralement déroulés dans la concorde -, mais à en tirer des leçons pour aborder bien d’autres discussions sur divers thèmes dans un esprit convivial, car simplement constater sans proposer serait inutile (3).
1) Constatation d’un malaise dans la discussion
Lors des discussions qui auraient du être fraternelles, on a pu constater que certains déformaient – consciemment ou non, cela relève de leur relation avec Dieu – la réalité, les propositions des divers candidats pour attirer les faveurs aux leurs. De même, il est triste de voir le nom de l’un ou l’autre candidat présenté de telle manière à ce qu’un discrédit soit jeté sur lui, en raison de la manière dont cette présentation risque d’être perçue quand on sait que les médias utilisent la même méthode pour dénigrer cette personne en raisons de cette caractéristique. Alors que les méthodes de manipulation des médias sont toujours décriées, il a été désolant d’en constater de la part de certains quand nous devons montrer au monde la lumière.
2) De certaines tentatives pour convaincre et de la Bible
La Parole de Dieu ne nous autorise pas à mentir et croire que déformer les propos de quelque candidat que ce soit sert à la gloire de Dieu, à son plan, c’est n’avoir pas compris la nature de ce plan divin. Aussi ignoble soit le programme d’un candidat, il apparaît assez clairement pour que chaque Chrétien s’en fasse une opinion sans qu’il soit besoin d’orienter cette appréhension par de la manipulation en vue d’exacerber la répulsion provoquée par son contenu.
La Bible parle de l’attitude à avoir face à des dilemmes de ce types et de l’éventuelle tentation (voire tentative) de les résoudre par des moyens corrompus. Le Psaume 15 demande qui pourra entrer dans la présence de Dieu (v. 1) avant de répondre que c’est celui qui « regarde avec dédain celui qui est méprisable » (v. 4). Cependant, cette distance ne peut être accompagnée de méthodes putrides, sans rapport avec le cœur de Dieu. En effet, précédemment, le psaume précise que ce juste qui se tient à l’écart de ce qui est vil, ne peut lui-même réagir envers cette vilenie avec les mêmes armes. Au contraire, les versets 2 nous enseignent que ce juste « marche dans l'intégrité, pratique la justice, dit la vérité selon son cœur, ne calomnie point avec sa langue, ne fait point de mal à son semblable, et ne jette point l'opprobre sur son prochain. »
Autrement dit, rien ne peut justifier qu’un enfant de Dieu use d’armes aussi mauvaises que celles qu’il dénonce. Agir autrement relève de l’hypocrisie plus ou moins latente, ou d’un manque de confiance en Dieu. Et penser le faire pour Dieu en lui étant agréable devrait susciter dans la réflexion personnelle de celui qui agit ainsi un retour sur ces méthodes.
Le théoricien communiste italien Antonio Gramsci prônait la manipulation pour parvenir à ses fins. Pour justifier l’utilisation du mensonge, il affirmait que la bourgeoisie était viciée par le mensonge et, partant de ce présupposé, il défendait l’idée que le prolétariat devait manipuler. Qui donc peut se sentir en adéquation avec la justice divine quand il prend - inconsciemment ou non – prétexte que ceux qu’il dénonce mentiraient pour mentir lui-même à son tour ?
Utilisant les épées oxydées de ceux qu’ils prétendent combattre, ne craignent-ils pas de « périr » par ces mêmes armes ? En utilisant ce verset de Matthieu ( 26 : 52) (voir aussi Jérémie 43 : 11 dans la même veine spirituelle et symbolique), il n’y a pas de tentative de sortir ce verset de son contexte physique, car on sait que les commandements de Dieu ne sont pas à observer seulement de manière matérielle, mais en amont, dans le cœur. Ceux qui disqualifient des candidats par la calomnie, même en pensant bien faire pour Dieu, ne doivent pas pousser des cris de surprise si leurs méthodes se retournent contre eux, dans ou à l’issue des débats sur la présidentielle ou à une autre occasion.
Nous voulons cependant croire que certains trop engagés politiquement aient eu des réactions de ce genre liées à une éventuelle fatigue nerveuse jusqu'à ne plus vraiment se rendre compte de leurs propos. Il n'empêche que cela révèle des problèmes fondamentaux qu'ils doivent laisser Dieu traiter, afin que de bonnes paroles sortent d'eux.
3) Une exhortation dégagée de ce bilan
« C’est de l’abondance du cœur que la bouche parle» (Matthieu 12 : 34). Le cœur du Chrétien abonde de foi et d’amour. L’amour l’empêche de déformer les propos des autres même pour rendre justice. La foi le confie à la grâce de Dieu et le détourne des « armes gramsciennes » au profit des armes de l’Eternel (Ephésiens 6 : 11-16) d’où est bannie la malhonnêteté (v. 14). Et s’il peut arriver que le croyant, inconsciemment, utilise des armes frauduleuses, son examen personnel éclairé par l’Esprit qui est en lui, lui fera discerner ce qui dans son attitude attriste le cœur de Dieu (Ephésiens 4 : 29-30), cette discrimination se faisant par l’épée de Dieu, savoir sa Parole « vivante et efficace, plus tranchante qu'une épée quelconque à deux tranchants, pénétrante jusqu'à partager âme et esprit, jointures et moelles ; qui juge les sentiments et les pensées du coeur. » (Hébreux 4 : 12). C’est cette épée que le Chrétien est appelé à manier quand il veut discuter plutôt que celle ivre du goût de la persuasion et qui ne sauve pas plus que les matérielles.
Ainsi, plutôt qu’imiter le monde, le soldat de Dieu est appelé à joindre la douceur au respect (1 Pierre 3 : 15) - même envers les méchants (v.14) - et à la vérité (v.10), à ne pas rendre le « mal pour (le) mal, ou (l’)injure pour (l’)injure », mais à bénir même les candidats politiques défendant des voies perverses, espérant qu’ils se tournent vers Dieu. N’est-ce pas là aussi la sagesse d’un verset tel que celui du Proverbe 25 : 21 ?
Oui, c’est le rôle du Chrétien de prier pour les autorités et, en amont, pour ceux qui se présentent aux diverses magistratures, dont la suprême comme récemment. La Bible demande de « (rechercher) le bien de la ville … et (de prier) l'Éternel en sa faveur, parce que le bonheur dépend du sien » (Jérémie 29 : 7). Comment mentir sur un candidat à la fonction suprême et rester cohérent en priant pour lui ? Par ailleurs - et avant tout - il est aussi une créature de Dieu qui a besoin de le découvrir et mentir sur lui ce n’est pas vraiment l’aimer.
Les personnes qui, de manière plus ou moins consciente, ont utilisé ces méthodes peuvent relire, comme chacune des autres, le premier chapitre d’Esaïe : après avoir constaté que le sens de l’équité est en déshérence (Esaïe 1 : 21-22), Dieu propose à son peuple une refonte de son comportement, de son sens de la justice, de la droiture (v. 25-27). Pour notre part, nous nous refuserons à soupçonner le mal (1 Corinthiens 13 : 5) et les laissons juges de leurs intentions, sans prétendre discerner à leur place et celle de Dieu s’il s’agissait de comportements lucides ou non et croyons qu’il sera toujours possible de discuter fraternellement, sans suspicion avec elles en dépit des divergences doctrinales relatives à la foi ou politiques qu’elles sont invitées à exprimer en vue de l’édification mutuelle.
Ceci nous amène à aborder la question de la discussion politique entre les Chrétiens.
B ) Les « anathèmes » dits d'une « ex cathedra égocentrique »
Durant et après la période de la campagne présidentielle, on a aussi vu quelques anathèmes être envoyés à la figure de qui partageait des avis différents des « gifleurs spirituels ». Précédemment, nous avons examiné les attaques manipulatrices envers les différents candidats ; présentement, nous devons aussi faire le procès de l’attitude de fermeture exprimée par différents enfants de Dieu sur ce site dans diverses discussion, et mise en exergue lors des discussions politiques.
Une des remarques avancées pour récuser la divergence d’opinions était qu’elle n’était autre que de la division. De tels arguments lapidaires et péremptoires aurait pu prêter à rire s’ils n’avaient pas servi à dénoncer des frères et des sœurs comme étant peu ancrés en Dieu.
Il s’agit, là , d’une dérive qui traduit un sentiment de supériorité spirituelle sur ceux qui sont différents. C'est le sens de ce titre : certains Chrétiens se pensent supérieurs, le monde ne pouvant apparemment n'être compris que par eux seuls qui auraient découvert la clef de l'intelligence, et croient pouvoir interpeller comme d'une chaire. Si le Chrétien doit dénoncer les hérésies, interpeller celui qui pèche, il ne lui est pas demandé, non plus, de considérer systématiquement comme hérétique celui qui pense autrement que lui en matière politique. Il s’agit là d’une transposition abusive de ses goûts et souhaits à sa propre subjectivité spirituelle qui prétend définir ce qu’est le Chrétien de manière abstraite et universelle.
Pourtant, qui oserait sérieusement dire à ses frères et sœurs en Christ que s’ils n’ont pas les mêmes goûts que lui en matière culinaire, ils ne sont pas de bons Chrétiens, bien ancrés en Dieu ? Alors, certes, la politique est peut-être plus sérieuse que la cuisine, mais c’est le même raisonnement qui prévaut : celui de l’attitude de condamnation ou d’acceptation de la différence de goûts. Tant que ces choix politiques ne sont pas mortifères ou concernent le moindre mal, quelle est la raison qui autoriserait à juger la foi de ceux qui les professent ? Ni la Bible, ni le bon sens ne dit que l’anathème est une solution à la différence d’opinion quand la recherche est sincère. Dans un registre différent, la Bible dit « Alors ceux qui craignent l'Éternel se parlèrent l'un à l'autre ; l'Éternel fut attentif, et il écouta » (Malachie 3 : 16).
Ce verset montre la vertu de la discussion qui doit viser à construire et non détruire. Mais il y a des Chrétiens qui sont incapables de discuter calmement de politique parce qu’il y a une tendance charnelle à confondre foi et opinion, tendance qui amène à juger. Des Chrétiens pensent en tirer les conséquences directes en disant que la discussion politique est vaine et pécheresse, car elle se conclue en dispute. A cela, il y a 2 objections : il peut arriver que certains confondent débat et disputes et prennent les arguments opposés aux leurs avec de la sensiblerie (qui diffère bien de la sensibilité). Or, nous sommes adultes et devons être capables de discuter amicalement avec des personnes pensant différemment de nous, sans nous excuser jusqu’à l’obséquiosité de diverger. La seconde objection est que si des disputes surgissent entre des Chrétiens discutant de politique, la fautive n’est pas la discussion politique en soi, mais l’attitude de cœur fermée de certains Chrétiens titulaires d’une « Licence ès manque de maîtrise ». Et, sur d’autres sujets, ce blocage se manifestera.
Il y a alors 2 choix : ou l’on cesse de parler de sujets politiques, ou l’on en discute malgré tout avec le risque que certains anathèmes continuent à tomber. L’élection se porte sur la seconde option, dégagée, cependant, de son aspect négatif – et c’est le but de ce bilan.
Nous continuerons à aborder des sujets politiques, car il est impossible de discuter de sujets sans liens, même indirects et ténus, avec la politique ; car il n’est pas question de se laisser intimider par des attitudes peu édifiantes. Nous venons dialoguer avec nos différences, et elles existent en matière politique aussi. Si le divergence politique est considérée par certains comme un obstacle à la fraternité, qu’ils disent aussi que les divergences doctrinales entre les différents mouvements évangéliques nuisent à l’unité de l’église. Ce site a pour but d’être un espace d’échanges sereins entre les Chrétiens de différentes dénominations et nous croyons que l’échange enrichit. Quant à ceux qui se suffisent à eux-mêmes, pensent que les divergents sont moins chrétiens, nous ne saurions que trop leur recommander de relire Galates et la première épître aux Corinthiens. Nous veillerons à ce que les avis divergents puissent être exprimés, mais nous n’accepterons pas que certains jugent de la relation d’autres avec Dieu pour des raisons de choix politiques, car il s’agit d’un abus spirituel !
Notons aussi, à propos de quelques uns de ceux qui refusent de voter et tentent d’imposer leurs choix, que certains de leurs commentaires méprisant la relation de frères et sœurs avec Dieu, pour ces raisons politiques, et disant, substantiellement, qu’ils devaient revoir leur relation avec le Seigneur parce qu’ils parlaient de leur choix de voter, contenaient dans leur forme, la négation de leur fond : alors qu’ils affirment que le Chrétien n’a pas à s’exprimer dans les urnes, car ce serait combattre la chair et le sang (selon l’idée générale exprimée et non selon les termes), eux-mêmes, pour certains, utilisent les moyens charnels dénoncés plus haut (raisonnements obscurs et malhonnêtes, moquerie, etc.).
On peut se demander comment font les Chrétiens super spirituels qui n’arrivent pas à admettre la différence par rapport à leurs dogmes, mais là n’est pas le propos. C’est leur affaire ! Espérons que dialoguer sur ce site leur fera prendre conscience de la vertu de la différence et du partage tant que ces derniers ne visent pas à éloigner de la vérité. Ce partage s’inscrit aussi dans les sillons du partage matériel servant à édifier vécu par les premiers Chrétiens (Actes 2 : 44), car sa finalité est la même : grandir.
En conclusion sur ce sujet, nous pouvons nous référer à ce verset qui vaut pour tous types de divergences qui ne tirent pas vers l’insanité : « si en quelque point nous ne sommes pas d'un même avis, Dieu nous éclairera là -dessus ; seulement, au point où nous sommes parvenus, marchons d'un même pas.» (Philippiens 3 : 15-16).
Enfin, abordons la question de l’élection de notre nouveau président sur 2 plans : le fait que M. Sarkozy aurait divisé les Chrétiens – ce qui sera une prolongation des remarques précédentes, mais vue sous l’angle de la responsabilité et délibérément mise dans cette partie qui concerne la « séduction spirituelle » reprochée à notre nouveau Président, puis les propos étonnants selon lesquels il serait l’Antéchrist.
III ) De certains propos sur Nicolas Sarkozy.
A) De l’imputation à Nicolas Sarkozy d’une division sur le site.
Certains opposants à M. Sarkozy prétendaient qu’il avait divisé les Français, et des Chrétiens de reprendre ce slogan pour affirmer qu’il avait monté les Chrétiens les uns contre les autres jusque sur ce site.
Libre à chacun de dire ou non qu'il a divisé la France, encore faut-il le démontrer et non seulement l'affirmer péremptoirement. Mais surtout, nous ne voyons pas en quoi Nicolas Sarkozy aurait divisé les Chrétiens de Blogdei. Il faudrait veiller à ne pas faire feu de tout bois et à ne pas accuser de tout et n’importe quoi. Chacun a le droit d'avoir ses idées et être chrétien ne signifie pas voter uniformément. La diversité n'est pas forcément la division comme il a été dit plus haut. Pourquoi, d'ailleurs, serait-ce Sarkozy qui, du fait qu'il a des partisans ici, aurait divisé ? Pourquoi pas Royal ou Bayrou par exemple, qui ont aussi les leurs ? Faisons attention à ne pas diviser par des propos malheureux pouvant conduire certains à se sentir accusés injustement, ce qui envenimerait les discussions.
Si l’un ou l’autre se sent séparé de son frère ou de sa sœur en raison des opinions politiques qui les distinguent, il ne peut pour autant accuser un candidat d’être à l’origine de ce froid qui ne devrait pas être. Un Chrétien qui pèche, peut-il s’exonérer de sa faute en accusant le diable ? Accuser un candidat d’avoir divisé les Chrétiens du site ressemble furieusement à la mise à l’index d’Eve par Adam. C’est même encore plus fort de café puisque contrairement à l’accusation en Eden, ici, il n’y a aucun lien entre l’accusé et les intervenants sur le site.
Le problème vient alors de cette incapacité de certains Chrétiens à gérer la discussion, et la discussion politique n’est au plus qu’un révélateur de cette incapacité et aucunement la responsable. Si la discorde a pu apparaître à l’occasion de débats politiques il ne s’agit pas de dénoncer ces derniers, mais la manière dont ils se déroulent. La solution de facilité consisterait à trouver le coupable de suite au lieu de rechercher ce qui a vraiment posé problème.
Pour désamorcer la charge de cette accusation, il faut remarquer qu’il y a eu la superposition d'un prétexte sur une opportunité. Autrement dit, les causes fondamentales (ici, l’incapacité à discuter sereinement avec des personnes ayant d’autres opinions) seraient cachés par les causes circonstancielles (le fait que certains rivaux de Sarkozy soutenaient l'idée qu'il divise), et affirmer le contraire serait refuser d’examiner le fond du problème de manière franche.
Or, la Bible parle de ces tensions entre les enfants de Dieu dont certaines ont tourné au sang qui coule. Quand Caïn a éprouvé du ressentiment face à son frère, Dieu l’a interrogé sur sa colère (Genèse 4 : 6) avant de lui donner ce conseil : « Certainement, si tu agis bien, tu relèveras ton visage, et si tu agis mal, le péché se couche à la porte, et ses désirs se portent vers toi : mais toi, domine sur lui. » (v.7).
Les difficultés à communiquer ne viennent certainement pas de Nicolas Sarkozy, quoi que l’on puisse penser de lui, mais de ce que certains acceptent que Satan divise. A ce mal, la Parole propose une solution : ne pas accepter de se faire dévorer. « Soumettez-vous donc à Dieu ; résistez au diable, et il fuira loin de vous. » (Jacques 4 : 7), nous dit-elle, car l’ « adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui il dévorera. » (1 Pierre 5 : 8). La résistance passe par la vigilance ainsi décrite « Soyez sobres, veillez. » (v. précité).
Cette vigilance est celle dont parle Hébreux (12 : 14-15)« Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur. Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu ; à ce qu'aucune racine d'amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n'en soient infectés. »
Nous arrivons enfin au plus important reproche fait par certains à Nicolas Sarkozy.
B ) Des excès du « conspirationnisme » francocentré.
Suite à une «prophétie» diffusée sur le site, avec une certaine prudence peu remarquée par l’un ou l’autre qui n’avait pas lu la question de Nicolas - « prophétie » à lire ainsi, des théories « conspirationnistes » ont éclos sur le lien entre N. Sarkozy et l’Antéchrist. Après avoir hésité à en parler, à cause de ceux qui nous lisent sans être convertis, j’aborde ce point, car justement des inconvertis ont pu lire de tels propos et qu’il est bon de leur donner une autre présentation de ce que peuvent croire les Chrétiens.
Nous croyons qu’un Antéchrist surgira sans en savoir beaucoup plus, sinon qu’il sera séducteur et opèrera des prodiges, ralliant à lui de nombreux Chrétiens (Matthieu 24 : 24). Plus tard, la Parole enseigne que l’antéchrist est ceux qui nient la saine doctrine). Cette pluralité était déjà annoncée dans Matthieu 24. Qu’elle soit chapeautée par un individu ou reste plurielle et une conjonction de différentes autorités (spirituelles, économiques et politiques), ceux qui vivront encore alors, le verront bien, mais rien ne permet, sinon un certain francocentrisme, de prétendre que le nouveau Président de la République soit un de ces antéchrist.
Seulement un certain francocentrisme disons-nous… En effet, l’appréhension d’un phénomène par un récepteur d’un fait est tributaire de l’importance de la proximité temporelle et géographique entre ce récepteur et son émetteur, son origine. Et il semblerait qu’en matière eschatologique plus d’un ait tendance à ne scruter les temps que depuis l’ombre de son figuier. Se passe-t-il tel évènement en France ? Il est considéré comme le centre d’un monde devenu unipolaire. Nicolas Sarkozy est un tribun, habile à la parole – constatation qui n’emporte pas de jugement sur son programme -, certains croient voir, dès lors, un séducteur antéchristique. Parle-t-il de rassembler les Français, qu’il est aussitôt vu comme antéchristique, car unissant autour de lui. N’est-ce pas aller bien vite en besogne ? Parler de rassembler un peuple est-ce parler de rassembler l’humanité autour de soi ? Si l’on se place d’un point de vue universel, non ! Si l’on considère la question d’un point de vue francocentré, oui !
Partant de ce conspirationnisme francocentré, l’un ou l’autre a cru nécessaire d’examiner à la loupe les moindres propos de Nicolas Sarkozy pour y discerner ce qui pouvait relever de son appartenance à un gouvernement mondial occulte. Tout cela n’a pas permis de déboucher sur une démonstration appuyée sur des preuves convaincantes, mais sur l’ébauche de théories construites à partir de simples supputations.
Si la vigilance et la lecture des temps sont nécessaires (Luc 21 :29-31), il faut aussi exercer une autre vigilance, sur soi pour ne pas tomber dans un certain conspirationnisme outré, donnant des explications occultes à ce que l’on ne comprend pas mais qui s’explique aisément quand on dispose des éléments de compréhension. Il est risqué d’expliquer tout ce que l’on ne connaît pas par le complot, ce qui peut introduire dans une certaine mentalité de paranoïa et discréditer le message évangélique.
Remarquons que ce conspirationnisme francocentré a pour parallèle le «persécutionnisme» francocentré ou européocentré : alors que le sang de nombre de nos frères et soeurs martyrisés de par le monde devient «la semence de l'église», certains Chrétiens occidentaux se disent que le Christ reviendra uniquement quand la persécution aura cours dans leurs pays, ce qui témoigne d'un certain égocentrisme spirituel.
En conclusion, comme dit d’emblée, nous pouvons nous réjouir de ce que ces attitudes n’aient pas été majoritaires sur le site, mais nous désoler de ce que certaines d’entre elles ont été les plus en vue de par leur virulence. C’est pourquoi il a été nécessaire de restituer le perçu de ces comportements en en dégageant une exhortation pour progresser dans les différentes discussions, plutôt que de revenir sur ce qui n’avait pas choqué.
Soyez bénis !
Jean Degert













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