La méthode consiste à plonger le corps dans un bain d'azote avant de le briser en millions de morceaux.

"Avantage : ce procédé n'entraîne aucune pollution."

La Suède envisage d'autoriser un nouveau concept de sépulture basé sur le froid et la déshydratation qui permettrait de limiter l'impact sur l'environnement. "Je souhaiterais encourager la méthode. Je pense que c'est intéressant et compte tenu de ce que j'ai entendu, je suis favorable à la méthode", a indiqué la ministre de la culture Lena Adelsohn Liljeroth au Kyrkans Tidning, un hebdomadaire de l'Eglise suédoise paru mercredi.

Cette méthode, dite cryotechnique (du grec kruos, froid), permettrait d'éliminer l'impact des inhumations traditionnelles sur l'environnement, en transformant le corps en compost organique alors que les enterrements et crémations traditionnels sont polluants pour l'air et l'eau. La cryotechnique consiste à porter la température du corps à -196 degrés Celsius en le plongeant dans un bain d'azote liquide pour le rendre fragile comme du verre.

Brisé par vibration

Le corps est ensuite brisé par vibration en millions de morceaux de la taille d'un grain de sable puis déshydraté et débarrassé de tout résidu métallique : 75 kilos de chair, de tissus et d'eau ne forment plus que 25 kilos d'une poudre rosâtre. Le processus ne dure pas plus de deux heures alors qu'un corps enterré dans un cercueil à deux mètres de profondeur met plusieurs années pour se désagréger complètement.

La législation suédoise devra être changée pour légaliser la méthode, qui recueille l'assentiment de la plupart des évêques. L'Eglise suédoise (luthérienne) a en effet donné sa bénédiction à ce concept depuis plusieurs années. Selon Kyrkans Tidning, dix corps sont d'ores et déjà en attente pour la cryotechnique développée par la biologiste suédoise Susanne Wiigh. Cette dernière dirige la société de pompes funèbres Promessa, détenue à 5% par l'Eglise suédoise.