NDLR : Et ça tombe juste après cette polémique qui a du ressembler à du pain béni pour les ecclésiastiques désireux de paraître néo-néo-testamentaires.

Benoît XVI en avalerait son hostie de travers. Une femme prêtre qui bénit un mariage entre deux hommes! Mais que le pape se rassure, la révolution n’a pas encore eu lieu au sein de l’Eglise catholique. Cette union-là, c’est une pasteure de l’Eglise réformée de Berne-Jura-Soleure qui l’a célébrée. L’un des deux conjoints est d’ailleurs un collègue à elle, pasteur et même président du synode (parlement) de ces trois cantons.

La cérémonie a eu lieu samedi à Bienne, devant plus de 200 personnes. C’est la première fois qu’un couple homosexuel romand fait bénir à l’église son partenariat enregistré. Outre-Sarine, l’affaire est presque monnaie courante.

Les tourtereaux, qui avaient enregistré leur partenariat deux jours auparavant auprès des autorités civiles, ne souhaitent pas faire trop de publicité autour de leur union. Il n’est pas question pour eux de se cacher, mais pas non plus de donner un ton revendicateur à leurs épousailles. Seul geste «militant»: l’argent de la quête a été réparti à parts égales entre une œuvre d’entraide protestante et Pink Cross, l’association faîtière des gays en Suisse. «Symbole important»

«Symboliquement, cette cérémonie est très importante», se réjouit Jean-Paul Guisan, secrétaire romand de Pink Cross, et lui-même théologien. «Dans l’histoire, l’homophobie a souvent emprunté des habits religieux.»

Cette bénédiction est tout à fait conforme aux règlements de l’Eglise réformée. En 2005, la Fédération des Eglises protestantes de Suisse avait pris position pour le pacs à la sauce helvétique. Libre aux Eglises réformées cantonales et aux paroisses d’accepter ou non de bénir un partenariat homosexuel. Le synode de Berne-Jura-Soleure a donné son feu vert et Neuchâtel s’apprête à faire le pas. Mais ce n’est pas encore le cas dans les autres cantons romands. «Nous n’entrons pas en matière pour bénir un couple homosexuel», confirme le modérateur de la Compagnie des pasteurs genevois, Roland Benz. «Même si on en parle.»

L’Eglise réformée accepte donc de bénir des partenariats, mais tout en précisant que cela ne doit pas s’apparenter à un mariage. Ce terme n’est pourtant pas refusé aux unions homosexuelles. Bref, il y a encore du flottement sur la définition.

Le mariage n’étant pas un sacrement dans la confession protestante, bénir une union gay pose moins de problème au niveau théologique.