Dans un message adressé le 28 avril à l'Assemblée Générale de l'Alliance Evangélique Française (AEF) son président, Michel Charles, rappelait aux Evangéliques dans quels domaines essentiels ceux-ci pouvaient exprimer et propager leur foi en toute liberté.

Pourtant, après avoir pris ses marques à l'instar du sociologue Sébastien Fath, par rapport aux pratiques des mouvements néo-pentecôtistes, largement critiquées dans les médias (notamment depuis la sortie du film Jesus Camp), le président de l'AEF remet ouvertement en question la création du Parti Républicain Chrétien (PRC).

Michel Charles s'étonne également du manque de coordination des différentes prises de position, lettres ouvertes et autres interpellations que certains évangéliques, en cette période d'élections, ont adressé aux hommes et aux femmes politiques. Mais plus fondamentalement, c'est l'existence-même d'un parti politique chrétien qu'il remet en cause théologiquement.

"Sommes-nous bien au clair sur les objectifs de ces manifestations diverses sur la place publique? S’agirait-il d’avoir une influence pour parvenir à établir peu ou prou le Royaume de Dieu sur cette Terre ?" interroge-t-il les membres de l'Alliance. A la question "faut-il se réjouir de la création d’un Parti Républicain Chrétien ?", il répond par les paroles du Christ dans les Evangiles: "Mon Royaume n’est pas de ce monde". "Le Royaume s’est approché de vous". "Mon Royaume est au-dedans de vous".

"Le Christ n’est pas venu établir son Royaume", poursuit-il, "ce sera pour plus tard. Il est venu poser les bases du salut (qui) débouche sur la construction de l’Eglise".

Puis il conclut sur les différents moyens d'actions que, selon lui, notre liberté en Christ et les libertés civiles nous offrent pour propager notre foi communautairement ou individuellement: prière, lancement d'actions ciblées, dialogue oecuménique avec l'Eglise catholique, communion avec les autres Evangéliques, etc. A noter que Brian McLaren, malgré toutes les erreurs que véhicule sa mouvance, fait toujours partie de la "caisse à outils" censée retaper nos églises en mal de modernité...