"La corde se resserre" autour du cou du Premier ministre Ehud Olmert, qui se trouve au milieu d'un groupe de personnes "conduites à la potence", juge la presse israélienne au lendemain de la publication du rapport d'étape de la commission Winograd sur la conduite de la guerre au Liban.

Dans leur ensemble, les médias israéliens s'attendent à un "séisme politique" qui va contraindre Olmert et son ministre de la Défense, Amir Peretz, à la démission.

"Jamais des choses aussi sévères n'ont été écrites au sujet d'un Premier ministre que dans le rapport Winograd", commente le Yedioth Ahronoth, l'un des principaux quotidiens israéliens.

"L'entourage d'Olmert a conscience de l'amère vérité: il ne peut rester Premier ministre après un tel rapport", confirme Maariv, autre quotidien.

Olmert a nommé cette commission d'enquête en raison des vives critiques sur sa conduite de la guerre contre le Hezbollah libanais en juillet et en août.

La commission, présidée par l'ancien juge de la Cour suprême Eliyahu Winograd, ne recommande aucune démission mais désigne Olmert, Peretz et l'ancien chef d'état-major Dan Halutz comme les premiers responsables de l'incapacité d'Israël à vaincre le Hezbollah. Le général Halutz a d'ores et déjà démissionné.

"Le camp Olmert dit avoir été stupéfait par la sévérité des conclusions personnelles tirées à son sujet dans le rapport", souligne le journal Haaretz. "Les membres de la commission poussent quasiment le Premier ministre et le ministre de la Défense à la démission."

Malgré ce rapport, des soupçons de corruption et une cote de popularité à un seul chiffre, Olmert a prévenu lundi soir qu'il n'entendait pas démissionner.