NDLR: Ce sondage a été réalisé auprès de pasteurs français issus de tous mouvements évangéliques confondus d'une part, et auprès d'églises protestantes d'autre part. Inclus dans le résultat de ce sondage la réponse du seul pasteur (en fait une pasteure) réformé qui ait daigné nous répondre. Nous remercions tous ceux qui ont participé avec beaucoup de sérieux et de gentillesse. A ceux qui n'ont pas répondu ou qui ont trouvé ce sondage inutile, puissiez-vous faire face sans fuir aux situations délicates dont nous avons souhaité vous entretenir. Le sondage a été réalisé pour le site voxdei par Céline C. en septembre 2003. Envoyé à 150 pasteurs représentatifs, il a donné lieu à une quarantaine de réponses, dont nous avons tiré les statistiques et les observations qui suivent.
1/ Les chrétiens d’aujourd’hui sont-ils d’après vous plus obéissants à la Parole de Dieu ? 57% NON 19% Rien de nouveau sous le soleil, l'on trouve de tout en tout temps et partout. 14% Les chrétiens sont plus attachés à la Parole de Dieu 5% L’obéissance est relative à la culture d’un peuple 5% Différente dans sa façon d’exprimer sa foi.
Il ressort du sondage que la majorité déclare que les chrétiens désobéissents plus à la Parole de Dieu qu’avant. Cette affirmation serait due au fait que les chrétiens ne lisent pas assez la Bible et ne connaissent donc plus suffisemment les Ecritures.
Plus modérés, 19% soulignent que la nature humaine n'a pas changée. Le chrétien, au sens où le mot chrétien désigne une personne engagée dans une relation vivante avec Dieu, est aujourd’hui comme hier aussi obéissant aux commandements de Dieu.
Néanmoins, se rapportant à une moyenne de 20 années de fréquentation des milieux chrétiens, certains pasteurs interrogés constatent qu'une majorité de chrétiens prennent de plus en plus de liberté par rapport à la Parole de Dieu. Certains passages de la Bible sont atténués, en prétextant le contexte historique ou autre. Ne pas appliquer la Bible à la lettre et ainsi céder parfois à la mode ou à la tendance générale peut présenter des dangers… Par exemple, voici vérités bibliques par rapport auxquelles les chrétiens prennent une liberté grandissante: • Le salut par la grâce et non par les œuvres. L'impossibilité de perdre son salut • L'union d'un chrétien avec un incroyant (le "joug mal assorti" dont parle Paul) • La position de la femme dans l'Église, à laquelle il est demandé de ne pas enseigner (1 cor.14;34) • Le parler en langues et son interprétation systématique (1 cor.14) • Le fait de parler l'un après l'autre pendant les réunions (1 cor.14;27) • Le fait qu'un homme ne doit pas prier la tête couverte et qu'une femme doit se couvrir la tête (1 cor.11;1-16) • La condamnation sans appel de l'homosexualité (Rom.1) • L'interdiction de la sexualité hors mariage • Le fait de na pas représenter Dieu par des images • L'interdiction des tatouages • Le travestissement, qui est une abomination
Seulement 14% des pasteurs et responsables interrogés pensent que les chrétiens continuent à obéir à ces prescriptions bibliques. Néanmoins, être chrétien de nos jours n’est plus une obligation mais un choix, une décision prise en toute liberté. Ceux qui s’engagent à suivre Jésus aujourd'hui seraient donc plus sérieux.
2/ Par rapport aux relations hommes/femmes, êtes-vous inquiets et avez-vous constaté de plus en plus de flirts, de concubinages, etc.? 74% Oui 22 % Cela ne m’inquiète pas 4% Rien de nouveau
Une grande majorité constate que l'esprit du monde a pênétré les églises dans ce domaine dangereux de la séduction, de la frivolité et de l'amour des plaisirs. Les femmes et les hommes cèdent à leurs désirs charnels et à leurs passions, dans leur façon de s'habiller et de se comporter en vue de séduire. L'influence du monde se fait donc sentir dans les églises, mais il en était déjà de même à Corinthe à l'époque de l'apôtre Paul!
L’enseignement en la matière doit débuter dans les foyers chrétiens et lorsque les enfants sont encore petits. La relation privilégiée homme/femme, ainsi que la sexualité, doivent être présentés comme un cadeau du Créateur, un cadeau à utiliser et à vivre avec soin, afin de ne pas en être blessé ou détruit.
22% avouent ne pas être inquiets. En effet le Seigneur Jésus, qui contrôle toutes choses, a également rappelé que les civilisations ont toujours dégénéré et notre époque ne fait pas exception. Dieu peut intervenir dans les cas difficiles, à condition que les conducteurs spirituels utilisent les armes spirituelles du jeûne et de la prière.
Quelques unes des personnes interrogées notent un indéniable recul du mariage dans notre société. Le mariage tel que nous le connaissons est une institution historiquement récente, que la Bible ignore. En revanche, les responsables interrogés remarquent un regain très net des demandes de bénédictions de mariages, et une très forte exigence de fidélité dans l'amour réel chez les adolescents et les jeunes adultes.
Par ailleurs, l'inquiétude réside dans la décomposition et l'éclatement de la cellule familiale en générale qui ne permet ni l'épanouissement des personnes ni une relation profonde avec Dieu.
3/ Comment réagissez-vous devant les cas de flirts et de concubinage que vous rencontrez? 57% Nous essayons de conseiller, d'exhorter et de discipliner comme faisaient les apôtres et comme l'a recommandé Jésus. 20% Enseigner les jeunes est une nécessité 10% Il faut agir au cas par cas 5 % Il faut d’abord balayer devant sa porte! 4% Les flirts ont rarement lieu dans l’église 4% Nous recommandons l’aide d’un conseiller conjugal
Un peu plus de la moitié des personnes interrogées réagissent à peu près de la même façon: il est essentiel que ce soit la Parole de Dieu qui soit l'absolue et unique référence dans ce domaine. Le mieux est d’exhorter chacun à prendre soin de son corps et à ne pas le souiller, car il est le temple du Saint-Esprit.
D’autre part, les gens sont inviter à faire des choix de vie, en toute conscience par la lumière de l’Esprit-Saint. Il est inutile de faire la morale: Jésus ne le faisait pas tellement !
D’autres encore s’appuient sur la prière, à l'exemple du Christ qui pardonna même à la femme adultère… qui aurait pourtant dû être condamnée à mort selon la loi mosaïque ! Il est impératif de condamner le mal en tant que péché contre Dieu, sans concessions, mais il faut aimer celui qui se repent pour l'aider à progresser dans sa marche chrétienne et demander pardon à ceux à qui il a fait tort.
20% des pasteurs sondés estiment que la jeunesse a besoin plus que jamais d’être enseignée, informée et mise en garde contre les dangers du monde. Et cela commence par l’éducation que doit donner la famille.
Enfin, si pour certains, chaque cas est diffèrent, très peu invitent à consulter un conseiller conjugal. Sont aussi minoritaires ceux qui estiment avoir à "balayer devant leur porte", en s'occupant de leurs propres enfants, avant de juger les autres.
4/ Avez-vous changé de position sur la question du divorce et bénissez-vous des unions de divorcés, voire de divorcés chrétiens remariés chrétiens...? 48% Dans le cas où il y a reprentance sincère, Dieu pardonne aux divorcés. Oui nous les bénissons. 34% Non nous ne bénissons pas les remariages 18% Il faut gérer au cas par cas.
Le sujet abordé est un véritable casse-tête moral et spirituel. La diversité des traitements selon les églises et les pasteurs rend encore plus difficile le maintien d’une position commune face à ces situations. Bon nombre de responsables spirituels déplorent le flou et les incohérences des églises en la matière. Dans l’ensemble, les personnes interrogées pensent qu’il est important de multiplier les démarches de relation d'aide auprès des couples et des futurs mariés. Parmi les moyens mentionnés fréquemment, citons le conseil, les rencontres de couples, les rencontres de fiancés, les avertissements donnés aux jeunes, les cellules de prières, la diffusion de littérature adaptée aux différents problèmes, le suivi avant le mariage…
Parmi le tiers de personnes ayant répondu qu'ils ne bénissaient pas les remariages, plusieurs proposent une prière de bénédiction donnée aux couples en dehors de l’église. Une question demeure malgré tout chez plusieurs: refuser de marier des divorcés, n'est-ce pas favoriser le concubinage?
Enfin voici quelques éléments de réponse donnés au cas par cas. Il est indispensable, selon les pasteurs interrogés, que leur comportement ne s'écarte pas des deux lignes de conduite suivantes:
• La vérité: Il y a eu manquement et péché. Il y a eu fragilité et limite, de sorte que le parcours s'est éloigné du projet que Dieu avait planifié à l’origine pour le couple. Avant d’entrevoir un nouveau départ, il faut vivre le "deuil" d’un projet stoppé par un échec.
• L’amour et de la compassion: C’est une dominante du caractère de Dieu que nous retrouvons depuis la Genèse jusqu’à l’Apocalypse. Autant les patriarches que le peuple d’Israël, en passant par les disciples et les églises du Nouveau Testament, tous ont bénéficié de la grâce gigantesque de Dieu.













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