Les chrétiens sont en alerte maximum au Nigeria après que la Commission électorale nationale (INEC) ait proclamé hier la victoire du candidat du PDP au pouvoir, Umaru Yar’Adua, gouverneur musulman de l’État nordiste de Katsina où il a imposé la charia. Il succède ainsi au président Olesegun Obasanjo qui, après huit ans à la tête du pays le plus peuplé d’Afrique, se trouvait dans l’incapacité constitutionnelle de briguer un troisième mandat.
SCRUTIN ENTACHÉ D’IRRÉGULARITÉS ET DE VIOLENCES
Des irrégularités dans les élections disputées au Nigeria ont provoqué des violences dans le pays le plus peuplé d’Afrique, qui attend de ce scrutin sa première transition politique véritablement démocratique.
Pour la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), la présidentielle n’a été "ni libre ni équitable". Le chef de la mission d’observateurs, Abdel Fatau Musa, estime toutefois qu’"en terme de consolidation du p rocessus démocratique, ce scrutin a été "relativement acceptable". Les observateurs du Commonwealth ont pour leur part fait état d’"imperfections significatives", soulignant notamment l’heure tardive d’ouverture de nombreux bureaux et le manque de confidentialité du vote. L’équipe du Commonwealth (17 observateurs déployés dans 10 des 36 Etats de la Fédération) a précisé qu’elle avait été témoin d’un cas de bourrage d’urne et d’un cas de bulletins prémarqués.
Même l’actuel président du Sénat, Ken Nnamani, troisième personnage de l’Etat, n’a pas épargné les critiques. Il estime que l’image du Nigeria ressort ternie et que les abus électoraux constatés à grande échelle laisseront un héritage de haine et provoqueront une crise de légitimité pour le vainqueur. Le 20 avril, à la veille du scrutin présidentiel, devant une délégation d’observateurs étrangers dirigée par l’ancienne secrétaire d’Etat Madeleine Albright, Ken Nnamani n’avait pas hésité à affirmer que le parti au pouvoir (PDP), son parti, avait truqué ce scrutin avec l’aide de la police, de l’armée et de la Commission électorale nationale (INEC).
Sans préciser le taux de participation des 61,5 millions d’inscrits, l’INEC a indiqué 24,6 millions de voix pour Yar’Adua, 6,6 millions pour le général Muhammad Buhari et 2,6 millions pour le vice-président sortant Atiku Abubakar.
Sans nier les accusations de fraudes et d’irrégularités massives, Maurice Iwu, président de l’INEC, a qualifié le scrutin de « libre et équitable », et invité les 140 millions de Nigérians à « regarder l’ensemble de l’exercice démocratique ».
La Maison-Blanche s’est dite « profondément troublée » par les violences et les soupçons d’irrégularités. « Nous attendons d’autres informations », a déclaré un porte-parole.
Le Canada attend les rapports des observateurs avant de commenter, a indiqué Réjean Beaulieu, des Affaires étrangères. L’ancien premier ministre Joe Clark figurait parmi les 500 observateurs étrangers, mais pas au nom d’Ottawa.
Le Nigeria est un important fournisseur de pétrole des États-Unis et une puissance militaire dont Washington dépend pour des opérations policières en Afrique. C’est aussi l’un des pays les plus corrompus au monde, selon Transparency International.
Les contestations postélectorales ainsi que de nouveaux affrontements qui ont fait sept morts hier dans le sud du Nigeria ont contribué à faire monter de 59 cents le cours du brut à New York, où le baril pour livraison en juin se négociait à 64,70 $ US.
UMARU YAR’ADUA, UN DEFENSEUR DE LA CHARIA
Umaru Yar’Adua, 56 ans, est le candidat du Parti démocratique du peuple (PDP, au pouvoir), qui a remporté plus de 21 des 36 postes de gouverneur en jeu aux récentes élections du 14 avril. Peu connu, il dirige un Etat rural où criminels et adultères sont condamnés en vertu de la charia, la loi islamique, à la lapidation ou au fouet.
Depuis la mise en application de la charia dans douze états du nord, à partir de 1999- 2000, on assiste à la cristallisation des oppositions religieuses. Chaque agression contre la communauté musulmane est perçue comme le signe d’une guerre globale menée par l’Occident contre l’Islam. Une campagne de vaccination contre la polio a été bloquée par des islamiques qui estimaient que ces vaccinations visaient à disséminer le sida pour faire disparaître la population musulmane !
Comme au temps des Talibans en Afghanistan, des milic iens se chargent de faire appliquer la charia et traquent les « comportements déviants ». Une charia pure et dure, qui va jusqu’à rendre obligatoire le port du voile dans les écoles sous peine de sanctions. Une loi de 2004 interdit la mixité dans les transports publics, y compris les taxis motos.
La première Nigériane avocate et musulmane, Maître Hauwa Ibrahim, explique : « J’ai travaillé sur 47 affaires liées à la charia. Les peines prononcées sont inhumaines : lapidation, fouet , amputation…Ces affaires ne rencontrent aucun écho auprès du gouvernement , alors même que la Constitution interdit de tels traitements. Seule la mobilisation internationale peut forcer les autorités à faire cesser ces condamnations injustes » . Elle-même vit au quotidien sous la menace des extrémistes. On lui interdit de plaider devant les tribunaux islamiques parce que c’est une femme. Elle refuse de se laisser intimider et défend actuellement la caus e de Amina Lawal et fait appel contre la sentence qui condamne cette jeune femme à être « enterrée jusqu’au cou puis lapidée ».
Maître Hauwa Ibrahim milite au sein de l’ONG nigériane Baobab pour l’accès des plus démunis à l’éducation, vrai remède selon elle à l’obscurantisme religieux : « Dans les campagnes du Nord , 2% des gens savent lire et écrire contre 80% dans le Sud ».
UMARU YAR’ADUA, UNE MENACE POUR LES CHRETIENS
L’élection de monsieur Umaru Yar’Adua va certainement entraîner de nouvelles restrictions, d’autant plus qu’il n’a condamné aucune des multiples attaques perpétrées contre les chrétiens et Eglises au Nigeria.
Au Nigeria la liberté religieuse est en général suivie par le gouvernement central, mais les activités des Églises son t contrôlées. Des restrictions sont apportées à l’entrée de missionnaires étrangers. Les communautés religieuses ne sont pas autorisées à entrer dans les écoles primaires. Des écoles catholiques qui avaient refusé d’inclure une formation islamique dans leurs cours ont été fermées. Fin 1999 et début 2000, cinq Etats de la fédération nigériane ont introduit la Charia. Celle-ci a été retirée fin 2000.
Quelques chiffres...
Des jeunes musulmans attaquent des édifices chrétiens Au Nord du pays, dans l’Etat de Jigawa, de jeunes musulmans ont attaqué le 20 septembre des édifices religieux et des commerces appartenant à des chrétiens en représailles à des propos jugés blasphématoires contre le prophète Mahomet, a indiqué la police. Les violences ont commencé lorsque la police a tenté de repousser avec des gaz lacrymogènes une cinquantaine de jeunes musulmans qui voulaie nt se rendre chez un chef traditionnel pour exiger des sanctions contre une jeune femme qui aurait selon eux insulté le Prophète.
Selon le porte-parole de la police de l’Etat, "dix églises et de nombreux commerces appartenant à des chrétiens ont été brûlés". Il y aurait au moins six blessés et 40 magasins détruits. Le porte-parole de la police a précisé que de nombreux chrétiens s’étaient réfugiés dans des locaux de la police. Les autorités de l’Etat ont finalement imposé un couvre-feu dans la capitale Dutse à la suite de ces violences. (AFP, 20/09/2006)
En février 2006 de très graves incidents ont eu lieu à Maiduguri, capitale de l’État de Borno au Nigeria nord-oriental, en rapport avec l’affaire des caricatures de Mahomet. Selon les premiers bilans établis par la Croix Rouge nigériane, les violences auraient fait 21 morts (d’autre sources parlent de 51 morts), 207 blessés, 50 m aisons détruites, 32 autres incendiées, ainsi que 250 magasins et 10 églises (ibidem 31églises) dont 4 églises catholiques , l’habitation de l’évêque, et des structure d’autres confessions chrétiennes et d’autres habitations de fidèles chrétiens.
L’évêque, Mgr Matthew Manoso Ndagoso qui n’était pas présent chez lui au moment de l’attaque, affirme : “ma maison a été complètement détruite, mais ce qui m’attriste le plus, ce sont les morts parmi lesquels don Michael, un prêtre ordonné voici 14 ans et qui était arrivé dans notre diocèse depuis peu…C’est la première fois que des incidents aussi graves arrivent…. Seule la cathédrale a été protégée grâce à l’esprit d’initiative d’un policier catholique qui a réussi à rassembler des forces suffisantes pour empêcher que la foule ne la brûle ...
La religion, comme c’est arrivé dans un passé proche, est instrumentalisée pour des raisons politiques . Ceux qui fomentent ces désordres sont des extrémistes qui ne représentent pas la majorité des fidèles musulmans qui au contraire désirent vivre en paix. Il y a aussi des éléments criminels qui s’insèrent pour voler les habitations et qui mettent le feu pour effacer ensuite les traces de leur crimes ».
D’autres affrontements ont eu lieu à Bauchi à 250 km au sud de Maiduguri, après qu’un enseignant ait confisqué un document islamique qu’une élève lisait en classe ; aussitôt le bruit se répandit d’une profanation grave du Coran, le lycée fut dévasté et une dizaine de personnes trouvèrent la mort.
A Katsina, capitale de l’État du même nom, trois personnes sont mortes le même week-end, et 23 autres ont été hospitalisées. Un millier de personnes ont dû fuir leurs maisons.
Des chrétiens exemplaires
Les chrétiens nigérians, qui ont perdu des dizaines de leurs proches lors des attaques perpétrées par des fondamentalistes islamistes, ont surpris leur agresseurs en renonçant aux représailles et en s’engageant encore plus dans leur foi.
Dans des révélations sur les dimensions de la vague de violence qui en février a ravagé le nord du Nigeria, sœur Christiana Akpah a expliqué à l’AED, que les islamistes de l’État de Borno (au nord-est du pays) « sont incapables de comprendre la détermination de la communauté chrétienne à pardonner à leurs oppresseurs » .
A plus de trois mois des attaques, sœur Christiana, qui œuvre dans la localité de Shuwa (à quelques 170 km de Maiduguri), a expliqué de quelle manière les chrétiens cherchent à surmonter l’une des pires séries d’actes de violence dans l’histoire récente de la région.
Les attaques, particulièrement nombreuses à Maiduguri, capitale religieuse du Borno, faisaient parties d’un cycle de violence plus vaste qui a coûté la vie à 300 chrétiens dans tout le nord du Nigeria.
Selon sœur Christiana, les catholiques et les protestants de Maiduguri ont malgré tout accueilli l’appel à la non-violence lancé par leurs responsables.
« Depuis les attaques, les églises sont pleines, à tel point qu’il a été nécessaire d’installer des tentes pour les personnes qui se trouvent à l’extérieur, a déclaré la religieuse, appartenant aux sœurs Augustinienne de Jésus miséricordieux. Ceci nous donne une force énorme. Les musulmans disent que les chrétiens doivent avoir quelque chose de spécial. Ils disent : Voyez ce que nous leur avons fait, et ils continuent à aller à l’église sans chercher vengeance’ ». (DC, 16/07/2006 ; Zn, 11/06/6006)
Dialogue évangélique
Au Nigeria, l’Église catholique se heurte à la montée en puissance des églises évangéliques ou pentecôtistes.
Elles disposent de gros moyens financiers, et investissent dans tous les domaines de la vie sociale : centres de soins, orphelinats, logements, et bien sûr écoles. L’essor de la mouvance pentecôtiste a conduit à l’ouverture de cinq universités au Nigeria. De plus il existe des relations étroites entre la politique et l’église pentecôtiste. Le Président Olusegun Obasanjo , baptiste lui-même, entretient de bonnes relations avec ces églises, et la plupart de gouverneurs, même s’ils ne sont pas chrétiens du tout, soutiennent les pentecôtistes pour leur avancement politique.
Selon un historien de l’Université d’Ibadan, Fame Oleum, « 80% des 50 à 60 millions de chrétiens du Nigeria fréq uentent une église pentecôtiste exclusivement ou en plus d’une église conventionnelle ». (Fides, 07/07/2006)
DEMANDES DE PRIERE :
- Prions pour les chrétiens et les églises du Nigeria.
- Prions pour que la foi des chrétiens du Nigeria ne chancelle point.
- Prions pour la conversion massive des musulmans au Nigeria.
- Prions pour que le salut du nouveau président Nigerian.













del.icio.us it!
Blogmark it!
Scoop it!
Fuzz it!
Tape Moi!
AllActuer Ca!
Nuouz Ca!
Memes Ca! 



























