
Un texte de loi controversé autorisant l'avortement dans la ville de Mexico devait être adopté mardi par la majorité de gauche au pouvoir dans la capitale mexicaine, malgré l'opposition farouche des milieux catholiques qui demandent un référendum. En Amérique latine, où l'Eglise exerce une forte influence, l'avortement hors circonstances exceptionnelles (viol, danger pour la santé de la mère, etc.) n'est pour l'instant légal qu'à Cuba.
Position du Vatican Lundi, le Vatican a rappelé la doctrine de l'Eglise. Mgr Angelo Amato, secrétaire de la congrégation pour la doctrine de la foi, a comparé l’avortement, le mariage homosexuel ou encore l’euthanasie à un "terrorisme à visage humain tout aussi répugnant" masqué par "des expressions qui cachent la réalité tragique des faits". "Par exemple, a précisé le prélat, l'avortement est appelé interruption volontaire de grossesse" et non meurtre d'un être humain sans défense".
Les 66 députés de l'Assemblée législative de Mexico examinaient mardi la réforme du code pénal proposée par le Parti de la révolution démocratique (PRD, gauche) et l'ancien parti hégémonique, le Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), pendant qu'une centaine de manifestants appuyaient ou protestaient contre la mesure aux abords de l'hémicycle. Aux slogans des associations catholiques mobilisées "Non à l'avortement, oui à la vie" ou "Oui à la culture de la vie", les pro-avortement répliquaient par des "Pour le droit à décider" et "Femme, consciente, décide pour son ventre".
Spots Les deux groupes étaient séparés par un cordon policier d'une trentaine d'agents et les accès à l'assemblée, dans le centre de Mexico, étaient protégés par la police anti-émeutes. Depuis un mois, les militants anti-avortement ont fait entendre leur désapprobation. Des spots dénonçant un "crime" sont diffusés à la radio et à la télévision et l'Eglise a annoncé que les législateurs qui se seront prononcés en faveur de l'avortement seraient excommuniés.
Chiffres L'accès à l'avortement reflète les profondes inégalités sociales qui divisent les Mexicains. Il peut clandestinement être pratiqué dans une clinique moderne moyennant plus de 10.000 pesos (750 euros) ou dans dans des conditions d'hygiène déplorables pour les plus pauvres. Une Mexicaine sur cinq a avorté au moins une fois dans sa vie et 100.000 avortements illégaux sont pratiqués chaque année dans le pays, selon une étude du Conseil national de la population.
Des ONG avancent le chiffre de 500.000 avortements par an dans des conditions d'hygiène souvent exécrables. Selon le parti de gauche Alternative social-démocrate, la pratique clandestine de l'IVG a tué 1.500 femmes en dix ans. L'épouse du président conservateur du Mexique, Felipe Calderon, a participé dimanche à une manifestation contre l'avortement dont le chef de file était un curé.













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