Tous les quotidiens en Israël reviennent cette année sur les données alarmantes concernant la situation d’un tiers des rescapés de la Shoah qui vivent en Israël dans des conditions de précarité.

Sur les 240.000 rescapés qui vivent aujourd’hui en Israël, 80.000 vivent en deça du seuil de pauvreté et beaucoup n’ont pas les moyens de vivre décemment ou, par exemple, de s’acheter les médicaments qui leur ont été prescrits. Ces données suscitent de très nombreuses réactions et même une véritable “mobilisation nationale”.

La chaîne commerciale israélienne a diffusé hier un reportage d’une heure réalisé par deux journalistes israéliens Guy Merose et Orly Vilnaï qui se sont spécialisés, ces dernières années, dans l’aide aux nécessiteux. Dans ce documentaire, ils présentent la terrible détresse de certains rescapés. Ils montrent comment la bureaucratie israélienne les promène d’un bureau à l’autre pour obtenir des sommes misérables. Et face à cette détresse, les journalistes se penchent sur les sommes astronomiques détenues actuellement par la Claims Conférence qui rassemble les fonds provenant de la restitution des biens juifs et qui pourrait venir en aide à ces rescapés démunis. Selon ces journalistes, la Claims détiendrait dans ses caisses près d’un milliard de dollars !

Après avoir comparé les avantages dont bénéficient les rescapés de la Shoah en Europe et aux Etats-Unis, ces deux journalistes sont parvenus à la conclusion, que l’Etat d’Israël est, paradoxalement, le pays au monde dans lequel les rescapés de la Shoah sont le moins bien traités !

Dans leur documentaire, ces journalistes montrent comment le ministre des Finances Avraham Hirchzon, qui fait aujourd’hui l’objet d’une enquête judiciaire, a refusé de les recevoir et d’écouter les doléances des rescapés.

Ils ont même mobilisés ces rescapés et ont organisé devant la Présidence du Conseil, une manifestation de protestation. Et ils sont même allés jusqu’à interrompre les travaux de la Claims Conférence réunie à Jérusalem et à faire témoigner une rescapé qui ne demande qu’à vivre ses dernières années dignement.

Finalement, ces pressions ont porté leurs fruits et le gouvernement a accepté, récemment, de verser 120 millions de shekels pour subvenir aux besoins élémentaires des rescapés nécessiteux et il a été décidé que le traitement de ces rescapés passera du ministère des Finances à celui Bien-être social.