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23 ans pour le meurtre de Ghofrane

Le verdict a été rendu

Ao moment de l'assassinat d'une autre jeune femme à Nantes, deux jeunes hommes ont été reconnus coupables d’avoir tué Ghofrane Haddaoui à coups de pierre. La cour d'assises des mineurs des Bouches-du-Rhône leur a infligé une peine de 23 ans de réclusion, vendredi soir, au terme d’un procès de quatre jours à huis-clos.

Ghofrane avait 23 ans lorsqu'elle a été assassinée de façon barbare. L'autopsie avait permis d'établir qu'une trentaine de coups, à l'aide de grosses pierres jetées sur la boîte crânienne, avaient entraîné des lésions cérébrales et une hémorragie à l'origine de la mort.

D'après l'un des deux enquêteurs, les deux jeunes hommes, âgés de 16 et 17 ans au moment des faits, se seraient répartis les rôles de la façon suivante : l'un aurait maintenu la jeune femme tandis que l'autre l'aurait frappée à coup de pierre.

La mort de Ghofrane avait soulevé un vif émoi dans la ville : en novembre 2004, une marche silencieuse avait été organisée à sa mémoire, à l'appel du mouvement "Ni putes ni soumises", lors de la Journée contre les violences faites aux femmes. Le corps de la jeune fille, la tête ensanglantée, avait été découvert le 19 octobre 2004 par des promeneurs dans un terrain vague, non loin d'un centre commercial dans les quartiers nord de Marseille. Les enquêteurs relevaient de nombreuses traces de sang sur le sol, ainsi que des dents de la victime arrachées sous la violence des coups portés à l'aide de grosses pierres.

L'avocat général avait requis la peine maximale à l’encontre les deux accusés, âgés de 19 et 20 ans mais mineurs au moment des faits, assortie pour le premier d'une peine de sûreté des deux tiers. Il avait demandé aux jurés de ne pas retenir l'excuse de minorité. Ces derniers l'ont suivi dans sa réquisition en rejetant cette excuse, à la satisfaction de la famille de Ghofrane. Des applaudissements ont retenti dans la salle à l'énoncé du verdict.

Après ces journées de procès, éprouvantes pour la famille et les amis, Primo veut donner la parole à Mounia Haddaoui, la maman de Ghofrane. Elle résume une partie du combat de Primo :

Au lieu de chercher à ramener systématiquement la communauté d'origine arabo-musulmane au centre de la religion, afin de la réduire à l'islam comme si c'était une condamnation à vie, nous devons oeuvrer pour sa libération des chaînes de l'emprise religieuse qui ne cesse de nous exploiter au nom de dieu.

Face au rassemblement du culte musulman qui promeut le renforcement du communautarisme et piétine nos valeurs républicaines, nous devons dresser un rassemblement de nous, laïques musulmans, qui prônons l'intégration et la tolérance, la laïcité "sensée", pour être le porte-parole de l'ensemble des variantes d'une société.

Jamais les laïques n'ont eu aussi peu la parole à ce sujet, alors donnez-nous aussi la parole car la mise en place du CFCM sous le patronage de l'état est une erreur monumentale. Dans un pays qui a l'histoire de la France, comment peut-on réduire toute une communauté à une telle représentation ? Il est inadmissible au troisième millénaire que le monopole des décisions soit entre les mains religieuses qui ne cessent de nous terroriser intellectuellement et physiquement à l'échelle planétaire.

La mise à mort du fanatisme religieux ne se réalisera qu'a travers d'une structure sans faille qui doit s'ériger de toute urgence afin de limiter le pire sous le drapeau de la République. On exige un islam pacifique, un islam de paix et de miséricorde, de partout dans le monde.

Mounia Haddaoui
Site officiel de la famille de Ghofrane