Ses voisins ne lui connaissaient pas d'histoire, disent pour l'instant les enquêteurs. Il n'avait pas non plus d'alcool dans le sang quand il s'est rendu à la police. Dimanche après-midi, à Cournon-d'Auvergne (Puy-de-Dôme), un père de famille de 52 ans a tué sa fille de 26 ans avec une carabine sans que rien, selon les premiers témoignages, ne laisse prévoir un tel acte.
Ce docteur en biologie était sans emploi depuis qu'il avait cessé d'enseigner à la faculté de médecine de Clermont-Ferrand, il y a quatre ans. «Un type de très bon niveau, affirme une source proche de l'enquête. Il broyait un peu du noir ces derniers temps, mais ses proches mettaient ça sur le compte de son inactivité et de son inquiétude au sujet des événements qui se déroulaient dans son pays d'origine, l'Afghanistan.» La famille était arrivée en France il y a trente ans. «Des gens parfaitement intégrés», dit la même source. Dimanche, la journée s'était déroulée en famille autour du barbecue et de la promenade dominicale. Sans anicroche, ni dispute, selon les témoins entendus par les policiers. La mère avait prévu de faire du repassage. Le père se trouvait à l'intérieur du pavillon avec sa fille qui faisait la sieste. Son épouse et leur autre fille étaient dans le jardin quand, vers 17 heures, elles ont entendu deux détonations claquer à l'intérieur du pavillon. Elles ont découvert la victime sur son lit, blessée à la tête, et ont réussi à retirer l'arme au père, avant de s'enfuir car il les menaçait cette fois avec une arme de poing.
Selon une source, l'homme, inscrit dans un club de tir, «possédait de grosses munitions». Il est resté ensuite retranché trois heures dans sa maison, sourd à toutes les tentatives de dialogue : «On a tout essayé, le téléphone, l'interphone. Même son fils aîné venu de Lyon n'a pas réussi à entrer en communication avec lui», indique-t-on à la préfecture de région. A 22 heures, les policiers du GIPN (Groupement d'intervention de la police nationale) de Lyon ont reçu l'ordre de pénétrer dans le pavillon où ils ont découvert le corps sans vie de la jeune fille. Son père s'est rendu sans résistance, «assis sur une chaise, le regard hagard», son arme à portée de main. Il a été examiné par un médecin qui a estimé son état psychologique incompatible avec la poursuite de son audition. Hier matin, le préfet a signé son hospitalisation d'office pour raisons psychiatriques. Une information judiciaire devrait être ouverte pour tenter de comprendre le geste meurtrier de ce père sans histoire apparente.













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