La liberté des échanges a caractérisé la 44e Assemblée plénière des évêques de France, sur tous les sujets qui ont été abordés et notamment le dialogue avec les musulmans, en particulier à propos de leur conversion à la foi chrétienne.

Les rapports entre catholiques et musulmans étaient au centre du thème exploré par le groupe de travail «Catholiques et musulmans dans la France d´aujourd´hui», que dirige Mgr Michel Dubost, évêque d´Évry.

Mgr Georges Pontier, vice-président de la Conférence épiscopale, s'est dit très concerné par ce dossier en tant qu´archevêque de Marseille. Il a apporté sa contribution au travail à peine engagé, dont on ne sait pas encore quelles formes il prendra, mais qui s´avère d´ores et déjà fort riche.

Mgr Pontier estime ainsi que le temps est venu d´aborder la question du dialogue avec les musulmans « de manière moins naïve ». Il semble que la conscience commune des évêques de France se trouve dans la même perspective.

L´archevêque de Marseille rapporte par exemple que, dans son diocèse, certains catéchumènes issus du monde musulman sont obligés de se cacher de leur famille, et d´autres ne sont pas respectés par leur propre communauté à cause de leur foi. Mais il souligne aussi « les gestes tout simples de voisinage dont font preuve les musulmans lors de nos fêtes chrétiennes ».

Il s´interroge en outre sur le phénomène très généralisé des paraboles de télévision tournées vers les pays d´origine, «qui font que la tête des gens se maintient là-bas, tandis que leurs pieds sont ici». Aussi, le dialogue avec les musulmans ne se déroule-t-il plus à deux, mais à trois partenaires :"Nous avec eux ici, mais aussi eux et nous avec ceux delà-bas." D´où une espèce de "schizophrénie" et une situation très complexe dont il faut impérativement tenir compte. (source : CEF)