« Il n’est pas évident d’être parent de toxicomane. Quand un enfant touche à la drogue, tu es le dernier à le savoir. Tu es la dernière personne à être au courant. Tout le monde le sait sauf toi.
Il n’est pas évident d’ être parent de toxicomane. Quand tu découvres vraiment cette situation. Tu ne comprends pas. On pense que cela n’arrive qu’aux autres. Je n’aurais jamais pensé un seconde que mon fils aurait touché à la drogue. Je lui ai payé des études. Comme on dit, j’ai misé sur lui. J’étais une jeune femme qui a eu son enfant jeune. Il voulait devenir architecte. Il a fait 2 années de dessin. Il aimait aussi la danse. Il a commencé à danser sans que je le sache. Au début il faisait le mur. Un jour, je l’ai vu danser et je l’ai trouvé doué. J’étais enthousiaste. Mais je lui ai demandé de continuer ses études parallèlement à la danse. Il a rencontré une jeune fille. Il abandonne ses études et commence à travailler dans le domaine artistique. Il avait une bonne réputation de danseur. Il m’a confié avoir fumé son 1er joint à l’armée.
Mais il a rencontré la drogue dans le show-biz. Il était invité partout, et chez « les gens de bien » comme il les appelait, on trouvait de tout. Quand, il s’est rendu compte qu’il s’enfonçait, il voulait mourir et il avait honte. Il a connu de nombreuses rechutes. C’est très dur pour les parents. Car tu ne t’y attends pas. Mais ce qui gagne dans cela c’est l’amour. Constamment il faut demander à Dieu la force. Quand j’ai appris qu’il prenait de la drogue, je l’ai fait venir en Guadeloupe près de moi. J’ai vécu, sa 1ère rechute en direct. J’ai dû aller sur le ghetto le chercher. Plusieurs fois, j’y suis retournée pour le rejoindre et le ramener. En lui disant toujours : « Ne te laisse pas aller » ; « Qu’est-ce que je peux faire pour toi. » Toujours des mots d’amour.
Il n’est pas évident d’être parent de toxicomane. De traverser les rues de Pointe-à -Pitre et de rencontrer ton fils. Tu vois qu’il a pris de la drogue. Et tu lui dis : « Viens on va prendre à manger ». Il n’est pas évident d’aller aux toilettes, de te mettre à chialer et de revenir, le visage sec et lui dire : « comment ça va ».
Il n’est pas évident d’être parent de toxicomane. C’est toute une vie d’amour. Il faut toujours le voir beau. Il faut toujours voir son enfant beau. Tu veux qu’il soit propre. Tu lui dis : « Reviens à la maison. Viens te laver ».
Parfois tu vas voir le médecin et tu lui demandes des médicaments pour le « casser » un peu afin qu’il reste à la maison. Même si il reste 3 jours ou une semaine, tu es contente. Tu l’alimentes. Tu lui parles. Etre parent de toxicomane, c’est aussi affronter certaines situations. Comme cette fois où mon fils m’a dit : « Maman : « je vais me suicider ! ».
Il n’est pas évident de témoigner de sa propre vie. Parfois, tu te demandes, si ce ne serait mieux que ton enfant meurt avant toi. Car il n’a que toi. Et tu m’arrêtes pas d’y penser. Ce n’est pas que tu veux qu’il meurt, car tu l’aimes. Tu aimerais le voir bien et tu dis à Dieu : « j’aimerai qu’il s’en sorte avant que je ne parte. »
Il faut aussi parler du problème de la honte. Saches que tu en finis avec la honte. Car dans toutes les classes sociales, il y a des parents qui ont un ou plusieurs enfants toxicomanes : le juge, le gendarme, le policier, avocat, patron, femme de ménage…nous sommes tous concernés.
Il faut te méfier quand ton enfant ne parle pas ou part de la maison. Il y a différentes attitudes. Il y a celui qui fuit la maison comme mon fils. Il fuyait la famille, son foyer. Certains ne parlent pas. D’autres sont extrêmement violents avec leurs parents. Et tu espères que ton enfant ne deviendra pas comme cela ou schizophrène.
Nous, parents, nous faisons aussi des erreurs avec nos enfants dans ce que nous disons parfois : Déwo ! ,A PA kaz aw i si dan ! etc, etc Ah ! Si on savait la signification des mots que nous employons !
Il faut veiller car l’ennemi veut maintenir ton enfant dans la rue. Pourquoi, y a t-il tant d’enfants qui font les poubelles à Pointe-à -Pitre ? C’est souvent à cause de nos paroles.
Dieu merci, j’ai toujours fait attention à ce que je lui disais. Parce qu’à un certain moment, tu en as vraiment marre. Tu as envie de démissionné.
C’est parce que je connais Mon Seigneur, Mon Sauveur que je continue à l’aimer et à être toujours là pour lui. Je sais que la médecine soulage mais que c’est Jésus qui guérit. C’est lui qui sauve le parent. C’est lui qui nous sauve, nous aime et nous fais aimer.
Aimer jusqu’au bout. Je n’ai jamais cesser d’aimer. Et ce n’est pas facile d’aimer car quand tu vas la dégradation de ton enfant, tu souffres. Parfois il te dit quelque chose de dur et là si tu ne fais pas attention la haine peut t’envahir.
Il y a des parents qui ont dit : « j’aurai préférer qu’il ne soit pas né ! »













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