Les candidats et les femmes

(Et les enfants alors ?)

Les principaux candidats à la présidentielle à qui (façon allégeance au pacte Hulot) on fait facilement faire n’importe quoi en cette période, ont défilé au Forum du magazine Elle sur le thème : « Ce que veulent les femmes », qui se tenait à Sciences-Po.

Jean-Marie Le Pen y a été copieusement hué par plusieurs centaines d‘étudiants. Les mêmes qui ont acclamé Olivier Besancenot lorsqu’il a regretté que l’avortement « soit devenu une vraie galère pour de nombreuses femmes » ou José Bové lorsqu’il s’est prononcé pour un allongement du délai légal de l’IVG.

Aux cris de « Le Pen, le peuple aura ta peau » et sous des banderoles « La France métissée aimez-là ou quittez-là », les étudiants de Sciences-Po ont mis en pratique leur formation. Marine Le Pen qui accompagnait son père, a regretté le comportement de « troupeau de moutons » des élèves auxquels elle a conseillé d’« arrêter de sécher les cours de démocratie ».

« C’est plus difficile de venir à Sciences-Po que d’aller dans les cités, a ironisé Jean-Marie Le Pen. Il faut dire que dans les cités ils sont mieux élevés… »

« Bandes d’imbéciles, a-t-il lancé à l’auditoire déchaîné. Si c’est ça le mode de raisonnement qu’on apprend à Sciences-Po ! Je ne vais pas me laisser insulter par des nervis ou des provocateurs. Je n’ai pas à recevoir de leçons de sciences-politicards. »

Tandis que Besancenot réclamait la gratuité des préservatifs masculins et féminins et leur distribution dans les établissements scolaires, Le Pen s’y est déclaré fermement opposé. Avant d’ajouter l’une de ses plaisanteries de salles de corps de garde dont il a le secret : « Pour ceux que ça travaille, je conseille le manu militari , ce sont des méthodes plus simples. »

Le matin, sur la même estrade, en prenant soin de ne pas se croiser, Ségolène Royal qui veut scolariser obligatoirement les enfants dès l‘âge de trois ans, avait promis « un service public de la petite enfance » et Nicolas Sarkozy un « droit opposable à la garde d’enfants ». Les formules sont aussi effrayantes que le sont les projets. Ségolène Royal est partisane de la socialisation la plus précoce de l’enfant, dès un mois et demi à la crèche. L’Etat s’occupe de tout. L’Etat se substitue aux parents pour l‘éducation de leurs enfants. C’est le tout nouveau « service public ». Le plus ruineux et le plus malsain des systèmes. 100% socialo-communiste. Et Sarkozy plaide pour « le droit à trouver une crèche ou une nounou ». La notion d’opposabilité signifie que les bénéficiaires peuvent faire valoir leurs droits devant la justice si besoin est… Nicolas Sarkozy affirme qu’il offre ainsi le choix aux femmes de travailler ou pas. Ce qui est faux et mensonger. S’il proposait ce choix-là aux femmes, il leur offrirait – ainsi que l’a toujours défendu Jean-Marie Le Pen – la possibilité d’un salaire maternel – au moins égal au Smic – et d’une retraite. Le vrai choix est là : entre travailler ou pouvoir s’arrêter de travailler si on le souhaite, pour élever ses enfants en bénéficiant d’une véritable rémunération à vie et pas seulement d’une allocation dérisoire pendant trois ans.