
Le nouveau président de la Fédération protestante de France est un homme du Sud-Ouest. Il est né à Matha, en Charente-Maritime, dans une famille d’agriculteurs qui a quitté au XIXe siècle les Deux-Sèvres pour le département voisin, quand la crise du phylloxéra leur a permis d’acquérir plus facilement des terres. Puis Claude Baty a exercé durant onze ans, de 1975 à 1986, la mission de pasteur à Orthez, dans les Pyrénées-Atlantiques. Il était celui de l’Eglise évangélique libre, qui relève du calvinisme mais qui fut fondée en 1849, parce qu’elle refusait le financement des cultes par l’Etat au moment du Concordat. Lui-même estime d’ailleurs qu’ "il est plus proche des Eglises luthérienne et réformée que de certains évangéliques pentecôtistes".
Succédant à Jean-Arnold de Clermont, le nouveau président a clairement déclaré que son programme se situait sous le double signe de la continuité et de la collégialité. Ses deux vice-présidents viennent d’ailleurs d’horizons différents : Jean-François Collange, professeur de théologie, est membre de l’Église protestante de la confession d’Augsbourg d’Alsace et de Lorraine et Victoria Kamondji appartient à la communauté des Églises d’expressions africaines de France. Ce qui montre l’extrême diversité de cette fédération. Elle regroupe 24 Églises et représente quelque 800 000 personnes, 100 000 autres relèvent de la Fédération évangélique française et 300 000 sont membres d’Églises indépendantes, comme les Assemblées de Dieu.
Pas une institution sacrée
À l’intérieur de la fédération, les luthériens et les réformés représentent 50 à 55% des affiliés et les Églises évangéliques 45 à 50%. Reste que ce sont eux qui apportent le sang nouveau et permettent, selon l’historien Sébastien Fath (NDLR: il vient de s'exprimer à ce sujet sur son blog) "de conserver un poids stable dans la population, autour de 2% alors que les catholiques ont tendance à baisser". L’historien explique aussi que le phénomène des créations d’Églises est tout à fait normal chez les protestants, à la différence des catholiques, l’Église n’est pas pour les protestants une institution sacrée. Il utilise pour faire comprendre ce qui sépare évangéliques et membres de l’Eglise protestante historique, une comparaison assez savoureuse. "Pour moi, assure-t-il, les évangéliques ressemblent à un dinosaure dont le grand corps est rempli de fidèles jeunes et dynamiques mais dont la tête est minuscule. L’élite culturelle en est quasiment absente. L’autre protestantisme pourrait être comparé à E.T., avec sa grosse tête bien faite composée de l’élite politique, économique, culturelle, la fameuse haute société protestante encore bien implantée en France. Son corps est mince, presque dépeuplé."
Le pasteur Baty a également expliqué qu’il poursuivrait la politique de visibilité vis-à -vis des grands sujets éthiques. Mais n’a pas indiqué quels rapports il comptait entretenir avec Benoît XVI dont les protestants ne reconnaissent pas l’autorité mais qui a poussé, lorsqu’il était cardinal, à une reconnaissance commune d’un des points de base de la doctrine de Luther: Dieu envoie sa grâce mais ne récompense pas.













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