NDLR : Ces deux versets du Lévitique montrent le nécessaire souci du pauvreau sens large (brimé, sans denier, etc.) et le danger de le favoriser à cause de sa pauvreté et, donc, d'être injuste. Ceci permet d'éviter la confusion entre volonté de briser les servitudes par amour du prochain au nom de l'amour pour Dieu et simple humanisme misérabiliste.

Dans quelques semaines sort sur les écrans le film « Amazing Grace ». Il retrace l’histoire de l’abolition du commerce de l’esclavage en Angleterre à la fin du XVIIIe siècle.




William Wilberforce, député anglais et chrétien très engagé, ami de John Wesley, est le moteur de cette abolition, soutenu par des amis rassemblés dans la Société pour l’abolition de la traite. Il va réussir à faire voter en 1807 par le Parlement anglais une loi interdisant la traite d’esclave. Le film tire son titre du célèbre cantique « Amazing Grace » écrit par le pasteur John Newton, ancien capitaine d’un navire faisant commerce d’esclaves, et dont la vie change radicalement quand il est touché par la merveilleuse grâce de Dieu. Le film met en relief les débats et les critiques formulés à l’encontre du projet de Wilberforce notamment le risque, que, selon certains, il faisait courir à l’économie anglaise.




Au XIXe siècle, un protestant français, Daniel Legrand, fils spirituel de Frédéric Oberlin, va subir les mêmes critiques lorsqu’il va déposer un projet de loi interdisant le travail des enfants de moins de 8 ans et limitant celui des moins de 12 ans à 8 heures par jour, sans travailler de nuit. « Aussi incroyable que cela paraisse, de violentes protestations s’élevèrent au nom de la liberté de l’industrie et de l’autorité paternelle. Toute fois la loi fut votée le 22 mars 1841 et l’on ajouta un texte demandant que le nom de M. Legrand soit désigné à la reconnaissance publique »




Ces exemples nous rappellent l’impact qu’ont eu des chrétiens, dans le passé, sur leur société en terme de justice sociale. On en trouvera beaucoup d’autres dans le livre de Tim Chester, La responsabilité du chrétien face à la pauvreté (Editions Farel) ainsi que dans le livre de Jacques Blandenier.




Un certain nombre de ces exemples concernant les fruits du réveil du XIXè siècle en France et en Suisse francophone, souvent par l’entremise des grands évangélistes du réveil eux-mêmes et dont l’énumération serait longue / Ecole normale, maternelle, colonies de vacances, Croix-Rouge et prix Nobel de la paix, accueil des handicapés, diaconat, etc )




De même qu’au début du livre de l’Exode arrive un pharaon qui n’a pas connu Joseph ( et ne se souvient pas de l’œuvre bénéfique de Joseph pour son pays), la France ne se souvient pas de l’origine de ces bienfaits. Et, beaucoup de Protestants et d’Evangéliques semblent également avoir oublié leur(s) Joseph(s) et l’impact positif qu’ils ont eu sur la société, fruit de leur foi et de leur compréhension d’un Evangile qui transforme.




Or, de la même manière que ce qui était inconcevable auparavant se produisit un jour. En Angleterre, aux Etats-Unis et en France, on a pu dire que l’esclavage appartenait au passé, certains croient qu’un jour l’extrême pauvreté structurelle sera abolie. C’est pour cela qu’aux Etats-Unis, on les appelle les abolitionnistes. Et le Défi Michée en fait partie.




Lorsque Jésus dit aux disciples: « Vous avez toujours les pauvres avec vous » Marc 14, ce n’est pas pour les pousser au fanatisme. Il répond à l’hypocrisie de Judas (Jean 12 :6) lorsqu’une femme répand un parfum de grand prix sur les pieds de Jésus. Car il continue : « et vous pouvez leur faire du bien quand vous le voulez. » L’ancien Testament confirme : « Il y aura toujours des nécessiteux dans le pays, c’est pourquoi je t’ordonne d’ouvrir toute grand ta main à ton compatriote, au malheureux et au pauvre dans ton pays. » Deut 15 :11. L’obéissance aux commandements éradiquera la pauvreté, car ils sont source de justice dans la société et Dieu accordera sa bénédiction – Deut 15 :4




Il ne s’agit pas de faire disparaître toute pauvreté. La Bible nous dit que la pauvreté a de multiples causes : paresse, catastrophes climatiques, épreuve voulue ou permise de Dieu,…




Mais il y a une extrême pauvreté aujourd’hui qui dépend d’un certain nombre de lois internationales et du fonctionnement du commerce mondial. Les prophètes, notamment Amos 2 :6-7, 5 :7, 5 :10-12 reconnaissent ces causes structurelles, lorsqu’ils parlent à Israël comme nation pour critiquer l’attitude envers les pauvres, le détournement des lois, les règles injustes.




Nous agissons non seulement pour le bien des pauvres au loin, mais aussi pour le bien de notre propre nation et de nos gouvernants . Jér 29 :7 « C’est pourquoi, ô roi, puisse mon conseil te plaire ! Mets un terme à tes péchés par la justice et à tes fautes par la compassion envers les malheureux, et ta tranquillité se prolongera. » dit Daniel au roi de Babylone, Dan 4 :24. Jérémie fait de même le lien entre un droit qui n’est pas biaisé en défaveur du pauvre, la stabilité du royaume et le bien-être du roi. Jér 22 :2-5, 22 :13-16, 22 :15-16.




Le passage de Daniel est d’autant plus frappant qu’il ne s’adresse pas à un roi croyant et qu’il met l’accent sur un changement moral plus que sur une conversion spirituelle. Pour certaines pauvretés, ouvrir sa main suffit. Pour abolir la pauvreté structurelle, il faut ouvrir sa bouche ainsi que dit le proverbe 31 :8-9.




C’est la mission de Défi Michée, car l’extrême pauvreté et la faim scandalisent notre Dieu et doivent indigner ceux en qui Il a mis son amour. En tant que croyants, nous souhaitons que notre gouvernement agisse avec droiture.

Thierry Seewald, coordinateur du Défi Michée France