NDLR : Quand en août 2005, le sous-marin russe, l'AS-28 Priz, était bloqué à 200 mètres de profondeur dans le Pacifique, la Grande-Bretagne avait dépêché, comme le Japon et les Etats-Unis, des moyens pour secourir les 7 militaires russes. Spa réciproque ? Apparemment pas selon Poutine qui y voit probablement, là, l'occasion d'éviter trop de pression sur son allié perse pour lui permettre de gagner du temps dans sa quête de l'atome.

Une semaine après la capture de quinze marins britanniques par l'Iran, le blocage demeure entre Londres et Téhéran alors qu'à l'ONU, le Conseil de sécurité a adopté, jeudi 29 mars, une déclaration édulcorée appelant à "une prompte résolution" de la crise et a exprimé sa "profonde préoccupation" .

La déclaration, portée par les Britanniques, n'a pas été aussi ferme que prévu en raison de l'opposition de certains pays, dont la Russie, à une demande de libération directe. Après plus de quatre heures de négociations, les membres du Conseil ont abouti à une déclaration qui "appelle le gouvernement iranien à permettre un accès consulaire aux quinze marins". Ils "soutiennent les appels déjà faits, y compris par le secrétaire général de l'ONU, à une prompte résolution du problème, qui inclut la libération de ces personnels", conclut le texte, d'un peu plus de trois phrases.



LONDRES POURRAIT CHERCHER L'APPUI DE L'UE

La Grande-Bretagne aurait souhaité une déclaration plus sévère, qui aurait "déploré" la détention des Britanniques, appelé à leur libération immédiate et affirmé qu'ils ont été appréhendés dans les eaux irakiennes. Plusieurs membres n'ont pas souhaité cautionner une telle déclaration, dont la Russie, qui a indiqué qu'elle n'était "pas en mesure d'accepter un appel à une libération immédiate des quinze marins britanniques".

Une porte-parole du ministère des affaires étrangères britannique s'est pourtant refusée à qualifier la déclaration de version édulcorée du texte proposé initialement par le Royaume-Uni, faisant valoir qu'elle "ne pouvait entrer dans le détail des négociations". "Nous voulions une déclaration du Conseil de sécurité, nous avons un accord à l'unanimité et nous devons maintenant aller de l'avant", a-t-elle ajouté. L'échec d'une sanction sévère de l'ONU pourrait obliger Londres à se tourner vers l'Europe. A l'occasion d'une réunion des ministres des affaires étrangères de l'Union européenne, prévue dans deux jours, Londres devrait exhorter l'UE à l'aider à isoler diplomatiquement l'Iran.

Le représentant iranien à l'ONU a, quant à lui, estimé que "cette affaire peut et doit être résolue par des le biais d'échanges bilatéraux", ajoutant que la volonté du gouvernement britannique "d'engager le Conseil de sécurité dans la négociation n'a pas été utile".

NOUVELLE LETTRE DE L'OTAGE BRITANNIQUE

Une deuxième lettre, adressé au Parlement britannique et signée de la main de la militaire britannique Faye Turney, a été rendue publique par l'agence iranienne IRNA, aujourd'hui. Mme Turney y écrit que "malheureusement, au cours de notre mission, nous sommes entrés dans les eaux iraniennes", mais qu'"en dépit de notre faute, ils les Iraniens nous ont bien traités, avec humanité, ce dont je leur serai éternellement reconnaissante". La militaire britannique Faye Turney, dont la libération a été indéfiniment repoussée jeudi, estime également qu'il est temps que les troupes britanniques quittent l'Irak et "permettent aux Irakiens de décider de leur sort"

La Grande-Bretagne a, par ailleurs, indiqué que son ambassade à Téhéran avait reçu une "note formelle" du gouvernement iranien mais n'a pas révélé son contenu. "Mais nous étudions sérieusement le message et répondrons bientôt au gouvernement iranien", a expliqué une porte-parole du ministère britannique des affaires étrangères.

A Téhéran, le président iranien, Mahmoud Ahmadinejad, a indiqué que l'Iran allait examiner avec un "regard positif" la demande de la Turquie, qui souhaite jouer le rôle de médiateur en faveur de la libération des otages. Selon la télévision iranienne, le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, que l'ambassadeur de Turquie puisse rencontrer les quinze marins britanniques.