
Pour le prophète et écrivain Arthur Katz, pousser les Juifs à faire leur alya maintenant comme le font nombre de sionistes et de messianiques chrétiens est criminel: c'est les exposer à une mort certaine lors du temps de l'"angoisse de Jacob", un temps de dévastation à venir qui dépassera en horreur l'Holocauste nazi. (Lecteurs pressés, sautez directement au paragraphe en gras)
"Une partie de la controverse qui m'oppose à d'autres ministères prophétiques qui affirment que le temps de l'angoisse de Jacob est déjà passé, qu'il était en fait l'Holocauste nazi, trouve son origine dans le fait que cette "angoisse de Jacob" n'a pas lieu en Europe mais dans la terre d'Israël. Par là-même, ceci indique que la persécution n'a pas encore eu lieu. "Et toi, mon serviteur Jacob, ne crains pas, dit l'Éternel; Ne t'effraie pas, Israël!" (Jér. 30;10a) Soyons simples: si cette période s'était déjà produite, et le retour avait déjà eu lieu, alors Israël connaîtrait une période de paix que rien ne viendrait troubler. En réalité, l'Israël actuel est acculé par la terreur, la peur et l'anxieté (NDLR: article rédigé en 2001), sans savoir où frappera la prochaine bombe humaine. Il est évident que l'"angoisse de Jacob" concerne un temps futur.
D'autres hommes apportent une autre interprétation de ces passages bibliques, mais je crois que leur interprétation ne tient pas debout car ils ne prêtent pas attention aux détails. J'ai eu un débat dans le bureau d'un frère qui est dans le ministère prophétique depuis plus de 30 ans à Jérusalem. Je lui ai montré d'après Jérémie 30 que Jérusalem elle-même serait rebâtie de ses ruines. Il m'a répondu: "Regarde par la fenêtre, ça se produit maintenant, regarde tous ces engins de terrassement". Je lui ai répondu: "Mon cher, sois attentif aux détails de l'Ecriture. Il y est dit que Jérusalem serait bâtie de nouveau sur ses propres ruines "pour le Seigneur" (Jér.31;38). Les programmes de construction actuels sont de l'homme et pour l'homme, et constitueront les ruines sur lesquelles la reconstruction de Jérusalem se produira durant le Millénium.
Laquelle de ces voix prophétiques est juste? Il ne s'agit plus d'une question d'opinion, ou d'une discussion à mener autour d'une tasse de café. Car si je parle d'une dévastation à venir, et que je ne viens pas, alors je dois être sévèrement repris. Ces hommes ont alors raison dans leurs accusations comme quoi j'amène la persécution sur l'Eglise et que j'aide l'ennemi. Mais s'ils ont tort, si le temps de "l'angoisse de Jacob" doit encore arriver, et s'ils n'avertissent personne, alors la nation souffrira cette grande dévastation sans que personne n'avertisse. Et pas seulement cette nation, mais également tous les croyants de cette nation qui seront emportés par la catastrophe qui vient, et dont ils ne se doutent pas.
Pour la première fois en 37 ans de conversion, une âpre discussion a lieu dont l'enjeu consiste à savoir qui parle vraiment de la part de Dieu. Qui est la véritable voix prophétique qui donne l'interprétation correcte des écrits des prophètes bibliques? Dieu donne à ceux qui ont reçu cette charge une autorité qui n'a pas été donnée aux autres. La question des vrais et des faux prophètes est maintenant d'actualité, comme jamais elle ne l'a été dans le passé, et il est capital que l'Eglise sache entendre et discerner laquelle de ces voix est véritablement celle qui apporte tout le conseil de Dieu. Historiquement, les faux prophètes ont toujours été ceux qui disaient "paix paix, quand il n'y avait pas de paix". Les véritables prophètes ont souvent été des oiseaux de malheurs, prévenant d'une dévastation à venir, et fréquemment la nation ne voulait pas les écouter. De sorte que leurs appels, impopulaires, étaient souvent méprisés...
Je me suis souvent demandé comment des événements qui se déroulent à Jérusalem peuvent affecter les Juifs du monde entier. J’ai été à Montréal, au Canada, au moment même du déroulement des "jours de rage" en septembre 2000, qui ont été appelés la seconde Intifada. Le jour d’après, j’ai regardé le journal local et lu que 6 synagogues de Montréal avaient eu leurs vitres cassées, leurs portes défoncées, des graffitis sur les murs, et des tombes profanées la nuit précédente. J’ai réalisé là qu’il y avait une présence musulmane dans le monde entier et que les événements qui se déroulent en Israël ou à Jérusalem auront leurs correspondance et leurs conséquences partout où se trouvent des islamistes, parce qu’ils sont dirigés et mus par la même haine au vitriol et le même esprit de violence contre les Juifs. Ainsi, l’éruption initiale aura lieu à Jérusalem, mais ne se limitera pas à cet endroit. Elle poursuivra les Juifs partout où ils se trouveront parce que les pouvoirs des ténèbres disposeront d'une présence issue de la diaspora islamique dans le monde Occidental, comme il existe une diaspora juive.
Nous sommes dans le temps du "trouble de Jacob", de l'angoisse de Jacob, où qu'il se trouve. Et quand le reste de Jacob en sera libéré, plus personne ne l’effrayera. C’est pourquoi, assurer Jacob que ce temps de trouble est passé, alors même qu’il est à venir et même imminent, c’est le laisser sans aucune préparation quant à la soudaineté et l’ampleur de cette catastrophe. Avertir de son aspect inévitable, c’est encourager le plus possible de ceux qui font partie du cercle des sauvés, ce groupe composé de ceux qui ont la connaissance du Messie. Il est intéressant de noter que la principale présence chrétienne en Israël a comme projet, non pas d’évangéliser les juifs, mais pour se montrer aimable, en tant qu’ambassadeur de Christ. A la lumière de ce que je viens de dire, pouvons-nous nous payer le luxe de nous montrer juste amicaux, sans les déranger à propos du Saint-Esprit et du salut, si la destruction est imminente ? Nous devons leur dire que le salut pourrait être trouvé dès maintenant en Jésus Lui-même. En d’autre terme, il est urgent de promouvoir le Saint-Esprit et non de le calmer. C’est la façon dont nous lisons les Ecritures, et que nous comprenons que ces choses sont à venir pour Israël, qui déterminera notre attitude présente et notre comportement envers les nations.
Je me suis souvent demandé si c’était le moment d’envoyer les Juifs vers Israël. Il existe un bon nombre d’organisations spécialisées dans ce but. Mais mon cœur n’est pas de leur côté pour ce qui est de leur conception humaine et bien pensante. Je pense que, d'après ce que j'annonce au sujet de la dévastation à venir en Israël, la pire des choses que nous puissions faire est d’encourager les juifs à se rendre au coeur même du berceau de la violence. Il y a probablement une meilleure chance de salut en restant au milieu des Nations, en dépit du harcèlement dont certains font déjà l’expérience. Mais ces organisations sont tellement impliquées dans ce travail que faire machine arrière, s’arrêter ou simplement prendre conscience qu’ils aient pu être dans l’erreur, quelles que bonnes que fussent leurs intentions, représente une humiliation que beaucoup ne voudront pas assumer. Et ainsi, il existe une réelle tension à ce sujet.
Quand j’étais à Odessa, le port ukrainien de la mer Noire, j’ai parlé dans une église pentecôtiste qui s’était vantée devant moi d’avoir envoyé des juifs ukrainiens vers Israël. Je leur ai déclaré ceci : "Ne vous vantez pas du fait que vous ayez envoyé vos Juifs vers Israël. L’exigence spirituelle est maintenant devant vous tous: vous devrez les accueillir dans le temps de terreur qui les fera fuir lorsque la dévastation se déchaînera. Ceci, bien plus que les envoyer en Israël, sera le test de votre niveau de spiritualité". Ils n’avaient jamais entendu ce point de vue auparavant, et j’ai eu des confrontations en tête à tête, des dîners avec nombre de pasteurs messianiques et de dirigeants d'églises ukrainiens à ce sujet. Le Seigneur m'a donné la grâce de les persuader que ma position était celle de Dieu, et qu’ils avaient besoin de reconsidérer ce qu’ils avaient fait jusqu’à maintenant. Ils devaient maintenant penser plutôt à trouver des endroits de refuge sûr pour les Juifs qui s’enfuiront vers leur nation. (NDLR: C'est concrètement ce que fait Arthur Katz, qui a fait construire des locaux d'accueil vers la frontière pour les Juifs fuyant la persécution au Canada).
On trouve une autre remarquable déclaration concernant le temps d'angoisse de Jacob dans Jérémie 30;9 : "Mais ils serviront le Seigneur leur Dieu, et David leur roi, que je lèverai pour eux." C’est une promesse identique à celle donnée dans Ezéchiel 37, après que les ossements desséchés de toute la maison d’Israël (ou de ce qui en restera) auront été rendus à la vie et sortis de leurs tombes, et que Juda et Israël auront été unifiés. Le Seigneur leur dira alors : "Et mon serviteur David sera roi sur eux et ils auront un seul berger." (v24a). Cet autre aspect doit être pris en considération dans tous les passages des Ecritures qui parlent de dévastation, de retour et de sa conclusion sous la forme du Millénium : c’est que le roi lui-même, le grandissime David, Jésus, s’élève pour diriger la nation maintenant restaurée et dont les ruines auront été relevées. "Parce que je suis avec vous, dit le Seigneur, pour vous sauver ; parce que je détruirai complètement toutes les nations où je vous avais dispersés, mais je ne vous détruirai pas complètement. Mais je vous châtierai avec justice, et je ne vous laisserai pas impunis". (Jérémie 30,11)
Voici un autre passage des Ecritures qui montre l’effet du jugement de Dieu sur les nations qui sont utilisées pour amener la punition sur Israël. Il dit : "Je les détruirai". Nous n’avons pas encore vu la destruction des nations utilisées principalement comme "verge du châtiment de Dieu" sur Israël . Cela montre que le châtiment est encore à venir. Il est à noter que les nations employées tout au long de l'Histoire jusqu’à présent pour amener la destruction sont toujours allées au-delà des intentions de Dieu, aidées en ceci par la fureur démoniaque. Ces nations ont eu une telle jouissance à faire souffrir et à humilier Israël qu’elles ont amenées sur elles-mêmes un jugement de souffrance qui est à venir.
Le verset: "Parce que je détruirai complètement toutes les nations parmi lesquelles je vous avais dispersés, seulement je ne vous détruirai pas complètement", suggère que quelques-unes des nations existant actuellement vont perdre leur identité quand Dieu appliquera les jugement dont il parle. "C’est pourquoi tous ceux qui vous dévorent seront dévorés et tous vos adversaires, chacun d’eux, iront en captivité ; et ceux qui vous pillent seront pillés ; et tous vos prédateurs, j’en ferai des proies". (Jérémie 30,16)
>>> lire la suite (en anglais)

Autre texte d'Arthur Katz sur le sujet de l'angoisse de Jacob, extrait du livre "Holocauste, où était Dieu?" (édité par RDF)
Chapitre 10
Le jugement du péché et ses conséquences
Dieu a un grief contre nous du fait que nous avons pris nos distances vis-à-vis de lui. Nous avons refusé de regarder en face la signification de notre propre histoire et de prendre en compte les conséquences atroces de notre séparation d'avec lui. Malheureusement, l'image que les Juifs ont d'eux-mêmes aujourd'hui les empêche de considérer les catastrophes comme étant la conséquence et le jugement du péché: de telles pensées nous sont parfaitement étrangères. Nous avons, au contraire, l'impression d'être naturellement bons, et de posséder une propre justice innée.
Le jugement de Dieu ne dépend pas des actes que nous accomplissons: il se fonde plutôt sur ce que nous sommes. Cette façon de voir est toute divine; c'est elle qui détermine les exigences de Dieu à l'égard des hommes. C'est d'elle que dépendra le jugement étemel concernant chacun. Même si ce point de vue contrarie et offense l'opinion généralement admise par nous, les humains, au sujet de nos dispositions profondes, de notre culpabilité, et du jugement, c'est néanmoins le point de vue divin. C'est ce point de vue-là qui remportera, et c'est lui qui nous jugera. Notre perception de nous-mêmes, et les justifications que nous nous accordons ne nous exempteront pas de ce jugement que nous subirons selon les conditions posées par Dieu seul.
Si Dieu permettait que le péché ne fût pas reconnu comme tel, et s'il restait sans rien faire, cela ferait de lui un «non-Dieu»; il ne serait en tout cas pas un Dieu de sainteté et de justice. Certes, Dieu n'est pas quelque égotiste demandant à être reconnu, mais que deviendrait l'humanité si Dieu n'était pas Dieu? Que s'est-il passé dans l'histoire lorsqu'on l'a écarté des affaires humaines comme s'il n'existait pas? Le péché suprême de l'homme consiste peut-être à se méprendre sur sa colère manifestée dans ses jugements. Si nous voulons savoir ce que sont ses jugements, considérons l'Holocauste des Juifs au même titre que l'Holocauste de notre Messie. Là se manifeste le jugement de Dieu. Ne pas voir Dieu dans ces événements-là, c'est ne pas le voir, ni plus ni moins. Si nous avons à nous plaindre du jugement qui est ainsi manifesté, alors notre plainte n'est qu'une preuve de plus de la véracité des paroles divines au sujet de notre condition.
Si, du fait de notre mentalité juive, nous sommes de ces «révisionnistes» qui rejettent l'historicité de la crucifixion de notre Messie, et qui refusent de considérer la portée de cette crucifixion, si nous nous détournons de lui sans vouloir regarder le feu de ce buisson ardent, si nous écartons cet événement en le tenant pour insignifiant, alors nous nous privons de la grâce sans pareille qui nous est offerte par ce sacrifice, et de ce sang qui nous aurait purifiés de notre péché et réconciliés avec le Père. Voir Lévitique 17.11: «c'est par la vie que le sang fait l'expiation», et Hébreux 10.1-10: «nous sommes sanctifiés par l'offrande du corps de Jésus-Christ, une fois pour toutes». Ecarter ces réalités, ce serait nous condamner nous-mêmes à une condition inférieure, passer à côté de Dieu lui-même.
Une catastrophe manifestant un jugement est l'avant-dernière mesure divine pour appeler à la repentance ceux qui ne se rendent pas compte qu'ils ont à se repentir. Si nous n'interprétons pas les catastrophes de cette manière, si nous ne voyons pas la main de Dieu dans les jugements qui nous frappent, alors nous chercherons forcément à blâmer les hommes. Nous nous en prendrons aux Allemands et à Hitler. Ce n'est pas qu'ils soient innocents; mais cette mise en accusation nous cache une vérité plus haute. En fin de compte, ceux qui accusent les hommes en arrivent à accuser Dieu. Si nous refusons de voir en nous-mêmes la raison d'être de ces jugements qui sont survenus, inévitablement nous en arriverons à nous figurer que Dieu lui-même est mauvais. Nous le jugerons et le trouverons coupable. Si l'homme ne voit pas en lui-même la cause profonde des jugements qui l'atteignent, par je ne sais quelle ironie c'est Dieu qui se fera accuser d'avoir formé une création défectueuse et d'avoir été apparemment incapable d'intervenir pour sauver les Juifs d'une calamité. Nous sommes bien plus enclins à critiquer Dieu qu'à nous critiquer nous-mêmes, et cela suffit amplement à montrer dans quel état lamentable nous sommes.
Nos «messianismes» pervertis ont engendré de façon spectaculaire, à l'échelle internationale, des idéologies menaçant les attachements ethniques et religieux de millions de personnes. Lorsqu'elles font faillite, ces idéologies suscitent des représailles, des tempêtes de violence antisémite, et ce n'est probablement pas fini. En cultivant pour l'homme des plans de «salut» idéologiques, étrangers à la Bible et voués à l'échec, nous préparons nos propres jugements. Ces vaines panacées ont pour nous des retombées choquantes, mais il se peut que nous ayons éperdument besoin de ce genre de choc. Comme nous n'avons pas permis à ces chocs de nous amener à une connaissance véritable de Dieu, les calamités continuent de nous frapper. Combien il est crucial, donc, de bien interpréter notre passé tragique! Il serait insensé de ne pas tirer profit de ce passé, et de ne pas prévoir ce qui se reproduira, à moins que les causes profondes ne soient identifiées et ôtées par la repentance.
Si nos jugements sont exactement proportionnels à notre péché, et si l'ampleur de ces jugements est une indication de l'ampleur de ce péché, alors il nous faut ouvrir les yeux sur des réalités que nous n'avons encore jamais personnellement intériorisées. Puisque nous n'avons pas conscience de ces choses, Dieu nous envoie des calamités pour susciter des questions que par nous-mêmes, nous n'aurions jamais songé à poser. Au contraire, nous sommes pleins d'autosatisfaction béate, au point de nous figurer que nous sommes le modèle auquel le monde entier ferait bien de prétendre. Nous ferions mieux de prendre conscience de notre propre état, non à la lumière de notre subjectivité imaginative, mais à la lumière des jugements scripturaires qui ne manqueront pas de s'abattre sur nous sous forme d'autant de catastrophes. Il ne suffit pas de savoir que nous subissons «le jugement de nos péchés»: encore faut-il comprendre la gravité de la chose jugée, révélée par l'immensité des souffrances.
Si Dieu tarde et retient ses jugements, il semble alors aux hommes que, lorsque la calamité survient, elle n'a plus aucun rapport avec le péché. Deux mille années plus tard, ce péché est devenu tellement lointain à nos yeux que nous ne voyons pas la relation entre l'immensité de notre souffrance et l'immensité de notre transgression qui continue de nous affecter. Si le Seigneur retient son jugement, c'est bien parce qu'il «ne veut pas qu'aucun périsse, mais que tous arrivent à la repentance» (2 P 3.9). Il s'efforce d'être patient, il offre sa miséricorde, il envoie ses messagers, et nous, nous les avons lapidés siècle après siècle. Notre capacité de rebondir est telle que nous parvenons à émerger de nos calamités «innocents comme l'enfant qui vient de naître», trouvant moyen d'en occulter le sens véritable, qui est celui d'un jugement, aveugles à leur rapport avec le péché que nous avons commis en tant que nation.
Toutefois, cette inaptitude à discerner un jugement dans les interventions divines du passé nous rend également incapables d'attendre avec foi une intervention miséricordieuse à l'avenir. La Parole annonce et l'un et l'autre. Si nous n'avons pas cru au jugement, comment donc croirons-nous à la miséricorde? La seule idée que Dieu puisse intervenir dans les affaires humaines offusque notre mentalité libérale, qui, malgré notre passé tragique, continue à crâner et à espérer une délivrance grâce à nos propres efforts. De toute évidence, l'Etat d'Israël actuel a adopté cette ligne de conduite; aucune des décisions politiques prises en vue de la survie de la nation ne fait la moindre référence à Dieu. On ne prononce même pas son nom, si ce n'est par opportunisme politique lorsqu'on rend hommage, pour la forme, aux orthodoxes. Le fait qu'Israël compte entièrement sur l'homme et sur les possibilités humaines ressort aussi du souci judaïque «d'éduquer» par le moyen de «musées du souvenir». Nous espérons que, grâce à ces musées, nous écarterons d'autres calamités et éviterons ainsi de redevenir les «victimes» des préjugés d'hommes ignorants.
Il est indispensable de revoir le contexte historique dans lequel nous situons l'Holocauste, et de comprendre le caractère illusoire de cet espoir qui nous a animés, nous, les Juifs, jusqu'aux tous derniers moments. Nous nous y accrochions encore alors qu'on nous entassait dans des wagons à bestiaux pour nous transporter à Auschwitz. Nous n'avons pas pris au sérieux ces avertissements que Dieu nous avait donnés par nos prophètes, quand il déclarait que ceux qui périraient dans les calamités annoncées seraient les vantards qui diraient:
«Tu ne feras pas approcher le malheur, et tu ne le feras pas arriver jusqu'à nous.» (Am 9.10)
Ces naïfs qui persistent à mettre encore leur foi en l'homme et dans la société humaine refusent de reconnaître que les avertissements qu'on voit poindre viennent de la main même de Dieu. Ce sont eux surtout qui doivent prêter attention. Cette vérité fondamentale va bientôt prendre effet à nouveau, car il est proche, ce jugement ultime et irrévocable que décrivent en termes saisissants les chapitres 30 et 31 du prophète Jérémie. Le prophète rappelle: «le temps des angoisses de Jacob».
Si ces avertissements prophétiques sont véridiques, cette persécution future propulsera les Juifs du monde entier vers leur propre crucifixion. Assurément, nous nous familiariserons avec ce rejet et cet abandon qu'a vécu notre Messie dans ses souffrances, car nous passerons nous-mêmes par là. Comme nous avons refusé la révélation que Dieu cherchait à nous donner dans ce Messie crucifié que nous avons méprisé et méconnu, l'occasion nous sera donnée au cours de cet ultime jugement de l'apercevoir à nouveau, car nos souffrances ressembleront aux siennes. Cette fois, c'est la nation tout entière qui sera réduite à la dernière extrémité. Par ce moyen-là, nous accéderons peut-être à une connaissance salvatrice du sens de nos propres souffrances; nous serons préparés à devenir un serviteur souffrant rempli de compassion pour les nations, accomplissant ainsi la vocation qui est la nôtre en tant que peuple.
Ou bien nos rabbins passent sous silence le chapitre 53 d'Esaïe, ou bien ils n'y voient point la description du Christ crucifié, mais celle de notre nation, une nation juste affligée à cause des péchés des autres peuples. Quoique ce chapitre décrive on ne peut plus clairement le Messie souffrant à la place des pécheurs, nous y trouverons néanmoins un écho suffisant de notre propre expérience, nous qui serons «rejetés, méprisés, et défigurés» plus que toute autre nation. Nous serons alors bien obligés de tenir compte de ces souffrances que notre Messie a choisies par obéissance et que nous connaîtrons nous-mêmes dans une certaine mesure, sans l'avoir voulu, par la force des circonstances. Par la même occasion, les nations non-juives seront également mises à l'épreuve. Elles verront, en vérité, cette crucifixion d'un serviteur souffrant reproduite dans le peuple d'Israël lui-même. Si l'Eglise ne vient pas en aide à «ces plus petits de mes frères» auxquels le Messie s'identifie, si elle ne soulage pas leurs souffrances, elle subira, elle aussi, le jugement pour sa part (voir Matthieu 25.31-46).
Une des manifestations les plus douloureuses du jugement, ce sont ses retombées sur les innocents, sur les enfants. Le fait que les péchés des pères retombent sur les enfants devrait motiver puissamment les pères pour qu'ils se détournent du péché, puisqu'ils savent que le jugement retombera autant sur leurs enfants que sur eux-mêmes. Si nous ne voulons pas marcher avec Dieu pour l'amour de nous-mêmes, alors marchons avec Dieu pour l'amour de nos enfants!
Il nous faut le comprendre: si les hommes refusent de se repentir lorsque Dieu les y appelle par le moyen de calamités, nous nous préparons ainsi des souffrances encore plus grandes. Les jugements divins ont un caractère bien plus salvateur que punitif. Ces jugements tombent là où les hommes détournent l'oreille de la voix des prophètes de Dieu, et ne reconnaissent pas que les voix prophétiques véhiculent une interprétation divine et une explication d'une calamité à venir. Dans ce cas, il ne reste plus que la calamité elle-même en guise d'instruction. Si nous persistons dans notre refus de nous laisser instruire par cette calamité, si nous refusons toujours de discerner la main de Dieu dans notre souffrance, qu'y a-t-il à attendre encore, si ce n'est un jugement final sans appel possible, le feu qui ne s'éteint pas, le feu éternel? Si nous n'avons pas revêtu la justice de Dieu au cours de notre vie présente, alors comment pourrons-nous jamais nous tenir dans la présence de Dieu dans l'au-delà? Notre Dieu sait ce que signifie le tourment d'une séparation éternelle d'avec lui. L'irrévocabilité de cette échéance qu'est «le jour de Dieu» doit dès maintenant laisser son empreinte dans nos âmes.
Chapitre 11
Le jugement, acte de miséricorde
La crucifixion du Messie Jésus manifeste le jugement divin du péché, tout comme l'Holocauste des Juifs sous le régime nazi manifeste le jugement de Dieu sur Israël. Ce sont là deux dévastations, deux jugements. L'un et l'autre expriment la justice: en effet, les jugements et la colère de Dieu n'ont rien d'arbitraire. Ces deux événements ont énormément coûté à Dieu. Il n'a rien d'un spectateur passif regardant du haut de son ciel les souffrances atroces du peuple juif ou les souffrances de son propre Fils. Il était lui-même présent au cœur de cette souffrance qui l'affligeait personnellement. Dieu n'est pas cruel; ces choses ne lui procurent aucun plaisir odieux; mais bien plutôt «toutes leurs détresses... étaient pour lui aussi une détresse» (Es 63,9). Le jugement ne serait-il pas une mesure providentielle suprême prise par Dieu à l'égard d'hommes endurcis et obstinés, lorsque toutes les autres grâces destinées à attirer notre attention sont restées sans effet? Dans ce cas, pour douloureux que soit le jugement, il est une grâce et un acte de miséricorde.
Quand la patience finit par s'épuiser, quand les dernières offres de grâce ont été repoussées et méprisées parce que nous n'avons pas écouté, quand la Parole est rejetée, quand tous les appels divins sont dédaignés, alors il ne reste qu'une mesure salvatrice ultime: le jugement. Dieu n'y prend aucun plaisir. Il n'est pas un Dieu qui regarde les événements de haut et de loin, dédaigneusement, sans éprouver lui-même les douleurs qui affligent sa création.
A défaut de quelque autre motif pour être authentiquement unis au Seigneur, soyons au moins motivés par le désir d'épargner à Dieu la nécessité d'envoyer ces jugements qui affligent son âme. Insinuer que Dieu est cruel et rancunier, qu'il est «le Dieu de l'Ancien Testament», un Dieu irascible dont nous n'avons rien à faire à l'heure actuelle, c'est ajouter l'insulte à l'offense; c'est décupler notre péché, c'est mésestimer Dieu de façon plus funeste encore, car il est le Dieu qui ne change pas, il est le même hier, aujourd'hui, et éternellement. Peut-être ne formulons-nous pas verbalement de telles pensées sur Dieu, mais si nous leur accordons la moindre place dans notre cœur, elles sont tout aussi funestes. Quand Moïse a demande à Dieu de lui laisser voir sa gloire. Dieu l'a caché dans la fente du rocher et ne lui a permis de le voir que de dos. Il est écrit qu'il lui révéla sa «tendre miséricorde» (en hébreu, sa «hésèd»). Moïse avait demandé à voir la gloire de Dieu; Dieu lui a alors montré sa miséricorde, car c'est sa miséricorde qui est sa gloire. Cette miséricorde ne peut toutefois être révélée que si elle est précédée du jugement, lequel devient ensuite miséricorde. C'est pourquoi les dernières mesures envers Israël seront violentes, mais à la fin viendra cette miséricorde totalement imméritée, qui nous ramènera des lieux où nous aurons été chassés, expulsés ou faits prisonniers.
lorsqu'il n'y aura plus rien à attendre de l'homme en notre faveur, et que nous serons impuissants à faire quoi que ce soit pour nous-mêmes, alors Dieu nous rétablira surnaturellement, avec puissance, par sa pure miséricorde. Nul ne saura jamais décrire le brisement et la repentance qui s'ensuivront, ni la profondeur de notre humiliation devant Dieu quand il manifestera ainsi sa bonté (voir Esaie 35.3-4, Ezéchiel 36.31 et Zacharie 12.0-14). Nous connaîtrons l'expérience tangible d'un sauvetage divin après un désespoir total, un désespoir que nous n'aurions jamais connu si le jugement avait été moins rigoureux. Mais ensuite viendra une miséricorde plus grande encore, lorsque nous serons restaurés à l'issue du jugement. Quand nous comprendrons que nos calamités passées sont l'accomplissement des paroles divines qui promettaient le jugement, alors nous serons en mesure d'espérer la restauration à venir que promettent ces mêmes parâtes. Il nous faut être pleinement assurés que Dieu tient toujours ses promesses, qu'il s'agisse de jugement ou de miséricorde, car le Dieu du jugement est aussi le Dieu de miséricorde.
Il va faire tomber sur nous des jugements tels que même les nations comprendront qu'il s'agit de jugements divins (voir Ezéchiel 36.35-36). Elles verront également la manifestation de sa miséricorde envers nous, si bien qu'aucune nation, quand elle comparaîtra devant Dieu, ne pourra plaider l'ignorance. Dieu ne va pas accomplir ces choses dans le secret. Toutes les nations non-juives seront responsables, car elles seront les témoins oculaires des manifestations tangibles du jugement divin et de la miséricorde divine à notre égard. Ainsi, jusque dans notre apostasie (peut-être même surtout dans notre apostasie) nous ne cesserons jamais d'être la nation témoin de Dieu. Il nous fera revenir de notre captivité et notre restauration en ce jour-là offrira un contraste absolu, surnaturel avec l'inauguration de l'Etat sioniste en 1948. Nos fils et nos filles seront ramenés sur des brancards, à dos de mulet, ou portés sur le dos et les épaules de rois et de reines. Dieu va se révéler lui-même. dans une manifestation suprême. Si jamais les nations non-juives rejettent cela, elles aussi subiront les jugements divins. C'est par nous que commencera le jugement, mais il atteindra aussi les nations si longtemps rebelles.
Le retour d'un reste au terme de la captivité babylonienne n'a pas effectué l'œuvre durable que les Ecritures assignent à Israël lors de l'ultime retour qui suivra une dispersion. Ce retour. Dieu ne l'a pas encore accompli. Ce retour-là sera marqué par une reconnaissance nationale de Dieu de la part du reste qui aura survécu. Israël ne parviendra à cette reconnaissance que par une grâce tangible de Dieu, manifestée surnaturellement au sein d'une dévastation inouïe, encore à venir pour Israël. Cette grâce divine qui ouvrira le cœur des Juifs à la révélation de Dieu et qui produira ce retour miraculeux rendra celte restauration différente de toutes celles gui l'auront précédée.
Nos obligations sont plus importantes que celles des non-juifs car nous sommes le peuple de l'alliance. Nous sommes ce «peuple-élu» qui a bénéficié de la révélation divine, du don que Dieu accorda au Sinaï, de la loi et de toutes ces choses que nous avons été les premiers à recevoir, puisque nous sommes le «peuple témoin» de Dieu. Le jugement qui nous frappe est donc aussi plus important. En quoi les Juifs actuels diffèrent-ils des Juifs sur lesquels les jugements divins sont tombés autrefois? Si on disait que les Juifs actuels ne méritent pas le jugement, il faudrait aussi être assez présomptueux pour déclarer que les jugements passés étaient également immérités et inacceptables. Déclarer nulles la validité et la pertinence de ces jugements reviendrait à déclarer la nullité de Dieu. Le Dieu qui a manifesté en ce temps-là sa colère, sa fureur, et ses jugements est toujours Dieu. Une fois encore, il manifestera sa colère par la fureur et le jugement avant la fin des temps, pour les mêmes raisons que jadis. Voilà pourquoi il nous appelle à nous repentir dès maintenant de notre volonté de nous passer de lui, de nos idées, de nos opinions, et de nous soumettre au Saint d'Israël pendant qu'il en est encore temps. Il nous manifeste sa miséricorde en nous appelant à nous repentir avant que ne surviennent les événements révélés d'avance par les prophéties de sa Parole (voir Esaïe 13.6, 65.6-7; Jérémie 30; Daniel 12.1; Joël 2; Amos 8.8-10; Sophonie 1.12; Zacharie 14.1-5). Négliger ou rejeter la Parole de Dieu serait rejeter sa miséricorde.













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