NDLR: Ce genre d'info, qui pourtant concerne la Nouvelle Zélande, nous intéresse particulièrement parce que c'est dans ce pays qu'on a pour la première fois commencé à étudier sérieusement le phénomène des chrétiens sans église fixe et la désaffection grandissante pour les églises dénominationnelles.

On lit de moins en moins la Bible dans tout l'Occident évangélique

Par John McNeil, Challenge Weekly

L’Eglise en Nouvelle Zélande fait face à une crise en raison de la dépréciation de son message principal. Mark Brown, le directeur de la Société Biblique de Nouvelle Zélande s’exprime en ces termes : "La majorité des chrétiens dirait que le texte biblique est important. Cependant, de récentes recherches de la Société biblique ont démontré que le nombre de personnes lisant la bible est très faible."

Sur les 2048 personnes se rendant régulièrement dans une église qui ont été interrogées lors de l’enquête, 21% seulement lisent leur Bible régulièrement tous les jours et 22% une fois par semaine. Le reste la lit occasionnellement ou pas du tout. C’est dans l’Eglise des Frères que les membres se montrent le plus assidu à la lecture de la Bible.

Une étude analogue menée aux Etats-Unis révèle que seulement 12% des personnes ayant pris part à l’enquête lisent la bible une fois par jour ou plus. Mes nombreuses discussions avec des ministères travaillant pour la diffusion et la lecture de la Bible ont indiqué une même tendance alarmante en Europe. En me référant au professeur américain J.H. Westerhoff, je crois pouvoir dire qu’il s’agit d’une crise inquiétante. Si elle n’est pas comprise et reconnue, nous et nos enfants n’aurons plus la foi chrétienne.

Chris Marshall, maître de conférence à l’Université de Victoria, dans ses cours sur l’étude de la religion, fait ressortir que ce qui fait défaut actuellement, c’est une pleine conviction que la Bible joue un rôle prépondérant dans l’identité du Chrétien, un rôle crucial dans la construction du caractère chrétien.

La vocation de la Bible est de nous faire découvrir qui nous sommes, où nous nous situons dans l’histoire de la rédemption voulue de Dieu, et surtout, de nous rendre capables de continuer à vivre l’Histoire de Dieu fidèlement. Moins nous entendons parler les Ecritures, plus nous acceptons le monde tel que nous le connaissons avec ses défauts inhérents et moins nous pourrons offrir au monde ce qui est puissant, pur et rédempteur.

Si nous lisons la Bible, ce n’est pas pour apprendre des faits, mais pour nous engager dans un processus de transformation

La lecture biblique sélective est dangereuse

J’ai posé la question suivante à un groupe de responsables chrétiens: "Pensez-vous que la Bible soit importante ?" Aucun, même parmi les chrétiens libéraux n’a répondu "non". Ils reconnaissent tous que c’est un texte de première importance, quels que soient les termes qu’ils utilisent pour le dire. Mais lorsque je demande directement : "Est-ce que personnellement vous la lisez, est-ce que vous vous engagez à vivre bibliquement ?", le malaise s'installe et on fuit mon regard.

La pratique de la lecture biblique sélective, choisissant le texte qui nous convient, est un terrain dangereux car elle pousse à ne lire que ce qui plait. Les églises traitent la Bible comme un outil de piètre importance, un moyen parmi d'autres pour arriver à leurs buts. Et malheureusement, la Bible peut fort bien être reléguée au dernier rang, au profit d’autres pratiques plus attrayantes comme la louange inspirée ou la "prédication de divertissement". Le sermon dans une église typique est une sorte de mélange pour capter l’attention des fidèles par le divertissement, et ce moyen n’a pas de résultats profonds.

Quand bien même ces églises citent les Ecritures, c’est juste pour la mentionner en passant. La Parole est peu utilisée, sauf s’il s’agit d’une église qui suit une liturgie. Et, ajouté à celà , il n’y a malheureusement que très peu d’encouragement à lire la Bible individuellement. Nous préférons les passages qui soutiennent nos points de vue personnels et sans une lecture biblique approfondie, nous ne serons pas stimulés par la cohérence du récit biblique, c’est ainsi que les thèmes principaux des Ecritures commencent à être dilués dans leur essence.

Sans une lecture dans le contexte, le risque est de voir la Bible réduite à une série de dictons en vente sur le marché de la satisfaction personnelle. Ce n’est pas la bonne méthode pour devenir un Chrétien mature. Il est facile d'ignorer qu’il s’agit en réalité d’une transformation de vie. Si nous acceptons le fait qu’il s’agit d'une transformation, alors nous ne pourrons faire autrement que de persévérer tous les jours dans cette voie.

Pour beaucoup de personnes, la lecture de la Bible est détrônée par des journées extrêmement remplies d’activités sans fin et de listes de "choses à faire". D’où un certain relativisme, où la compréhension de ce qui est vrai peut être tout autre que la vérité, mais acceptable tout de meme. Dans cette nouvelle façon de voir le monde, il n'existe aucune vérité personnelle, ni système de croyance qui puissent imposer un point de vue personnel aux autres sous prétexte que tous les systèmes de foi sont acceptables.

Le post-modernisme met aussi l’accent sur l’expérience personnelle des faits, il choisit une histoire, des symboles et des traditions plutôt que la raison scientifique. Le Chrétien post-moderne a une prétention à la beauté et à la bonté. La question classique du post modernisme est : "Quel est pour moi l'avantage de lire la Bible?"

Il est temps pour l’Eglise de faire face à cette crise en s’engageant dans la culture contemporaine dominante, peut-être même au travers de l’Internet. Tout ne changera pas en une nuit, il s’agit d’un problème générationnel qui ne s’adresse pas qu’aux jeunes, mais également aux responsables d’église et aux aînés.

Un message audio capital à écouter, qui vous aidera à faire le point:
>>> Le culte personnel, par Pierre Truschel (mp3)