NDLR: Merci à Virine d'avoir décodé pour nous ce qui se passe actuellement et, comme elle le précise, "ne concluons pas trop vite que c'est la concrétisation des prophéties funestes sur la fin du dollar !" CQFD.

Le 13 mars 2007, un établissement de crédit hypothécaire américain, New Century, spécialisé dans les prêts alloués à une clientèle à faible ressource et garantie, est menacé de faillite suite au taux record d'impayés au 4e trimestre 2006. De là est partie la crainte d'une contagion de la « crise immobilière » qui a secoué les marchés financiers ces derniers jours.

Le « subprime » est un crédit immobilier à un taux supérieur à la moyenne en raison d'une solvabilité inférieure des emprunteurs. Il a bénéficié d'un taux d'intérêt historiquement bas entre 2001 et 2004 combiné avec la bonne tenue du marché immobilier sur la même période. De ce fait, un emprunteur défaillant pouvait toujours revendre son logement et s'acquitter de la dette. Toutefois, la hausse du taux d'intérêt et l'arrêt de la montée des prix immobiliers amorcés en 2004 ont dévoilé la faiblesse du système.

On évalue à environ 600 milliards de dollars l'encours de ces prêts à risque, tels que les banques les comptabilisent au travers des instruments financiers qui y sont adossés. Les experts avancent une perte potentielle de 10%, soit $60 milliards de créances non recouvrables. Ramenés à l'échelle de l'économie américaine, ces chiffres en soi ne représentent pas un risque systémique. D'après JP Morgan, l'impact, hormis le drame humain, est davantage de nature psychologique. Seules les banques les plus actives dans ce domaine comme Wells Fargo seront directement pénalisées par l'importance de provisions. Le journal Financial Times est plus réservé, étant donné « l'effet de cascade » que l'on peut craindre. Voici le scénario catastrophe. Les établissements subprime font faillite. Les grandes banques se substituent en tant que prêteurs et assument les impayés plus les biens immobiliers dont la revente ne se fera pas forcément dans de bonnes conditions. Le marché des instruments financiers adossés à ces dettes à taux élevé, jusqu'ici très rentable, va souffrir. Et comme en bourse, certes à plus petite échelle, la baisse peut entraîner la baisse dans la mesure où les investisseurs, pris de panique, essaient de sortir à tout prix en même temps.