NDLR : Quoi que l'on pense de ces situations, il faut revenir sur le terme de "sans papiers" choisi et utilisé par des associations comme la Chienlit - pardon, le Chiendent - pour donner l'illusion que ces personnes n'ont nulle part où aller, alors qu'elles ont les papiers de leurs pays d'origine. Par ailleurs, et toujours quoi que l'on pense des sans papiers, puisque ces gens sont plus que probablement musulmans, les associations n'ont qu'à réquisitionner des mosquées au lieu de planter des drapeaux rouges comme ce fut le cas sur l'église Saint-Bernard en 1996.

Dimanche dernier, une quarantaine de sans papiers d’origine mauritanienne investissaient le presbytère du temple protestant d’Orléans. Le but : dénoncer leur situation de « non régularisables et non expulsables ». Ce matin, dès 6 heures, les forces de l’ordre les expulsaient, suite à un référé déposé par le pasteur Jacques Varet et Serge Grouard, le maire (UMP) d’Orléans. Une action qui a fait littéralement exploser le bloc politique, associatif et syndical de défense des sans papiers.

« Ce ne sont pas les Africains qui ont pris cette décision d’occuper le prebytère, mais bien le Chiendent, une association locale d’anarcho-trotskystes », relève Jacques Varet. « S’ils m’avaient demandé l’hospitalité, nous aurions pu envisager de mener une action commune ».

Une position que partage les responsables de la Cimade. Eux se sentent trahis. « La relation de confiance et de respect mutuel indispensable qui a toujours prévalu jusque-là a été rompu par cette occupation », soulignent-ils dans un communiqué cosigné avec la Ligue des droits de l’homme et le Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples. Même son de cloche du côté des Verts : « Il apparaît que l’occupation des locaux de l’église réformée, sans aucune concertation, est un choix inapproprié », insiste Dominique Ronceray, porte parole des Verts pour le Loiret. « Les Verts souhaitent que les immigrés ne fassent pas les frais de cette surenchère ».

Pour Charlie Huard, responsable du Chiendent, la position de l’église réformée va tout simplement à contre courant des préceptes chrétiens : « Je ne pensais pas qu’un pasteur pouvait faire appel aux forces de police pour faire évacuer des sans papiers. A Marseille, le représentant protestant a appelé les pasteurs à ouvrir leurs églises ; visiblement, le message n’est pas arrivé jusqu’ici ». Denis, un autre militant du Chiendent enfonce le clou : « C’est beau de prêcher le dimanche et de demander l’expulsion de sans papiers le lundi… ».

Les occupants ont obtenu le soutien de diverses organisations dont la CGT, Alternative Libertaire, les Jeunes communistes, Sud PTT et le Parti communiste qui les accueille dans ses locaux depuis leur expulsion. A gauche, seul le Parti socialiste brille par son silence. Ni pour, ni contre, bien au contraire. « Ce n’est pas forcément la meilleure méthode que d’occuper une église réformée », s’est contenté de souligner Pascal Martineau, secrétaire de la section orléanaise.

Hier soir, une assemblée générale réunissait les organisations. A l’ordre du jour, il y avait la question de l’après occupation. « Il faut demander un rendez-vous au préfet et élargir l’action par une manifestation », lançait un militant. Proposition retenue : ce soir à 18 heures, tous se retrouveront devant les grilles de la préfecture pour demander le réexamen des demandes de régularisation.

Parmi ces sans papiers mauritaniens, certains sont sur le sol français depuis près de vingt ans.