Francfort. 23 mars. (Idea) A l’unisson, les évangéliques et les féministes en Allemagne ont exprimé leur profonde inquiétude concernant le système judiciaire qui se trouve menacé par des concessions consenties envers la culture de l’Islam.

A Francfort une récente décision de justice a causé une tempête de protestations dans l’univers politique, culturel et également religieux. Une femme musulmane avait requis un divorce accéléré en raison des coups et menaces de mort reçus de son mari marocain.

La Juge, Madame Christa Daz-Winter, a refusé de prononcer le divorce au motif que le couple vient d’une culture dans laquelle les maris battent leurs femmes. Le Coran, a-t-elle ajouté, sanctionne néanmoins les abus physiques. C’est pourquoi elle a prononcé une année de séparation avant de prononcer le divorce.

En raison des vives réactions critiques, le Juge, qui déjà regrettait sa décision, a été dessaisie de l’affaire.

Ce cas fait ressortir les tensions croissantes entre les traditions de l’Islam qui entourent les affaires judiciaires, et les règles de loi laïques dans les démocraties Occidentales. L'Allemagne compte environ 3.5 millions de Musulmans, pour la plupart des immigrants Turcs.

Bien que les associations musulmanes aient fait allégeance à la Constitution, de sérieux doutes subsistent sur la question de savoir si les ordonnances de l’Islam sont pleinement compatibles avec la démocratie.

Les hommes politiques et les églises insistent pour que les Musulmans se soumettent à la Constitution allemande, qui garantit l’égalité pour les femmes et les protège des abus.

En se référant à cette affaire de décision de justice controversée, la Commission aux Affaires islamiques de l’Alliance Evangélique Allemande a averti de ne pas autoriser de compromis envers la Constitution. L’affaire de la décision du Juge touche aux droits constitutionnels qui garantissent l’intégrité physique, pour raison culturelles ou religieuses, a déclaré la directrice de la Commission, Christine Schirrmacher.

L’expert aux Affaires Islamiques s’inquiète de telles décisions de justice qui viendraient influencer le système légal et prépareraient le chemin à une société Musulmane parallèle.

Il est clairement indiqué dans le Coran qu’un mari a le droit de battre son épouse désobéissante, ajoute Christine Schirrmacher.

Le directeur responsable du Conseil Central des Musulmans d’Allemagne, Ayyub Axel Koehler, s’oppose à l’idée d’une quelconque revendication des maris Musulmans à battre leurs épouses. "Notre prophète", dit-il, "n’a jamais frappé ses femmes, et il est notre exemple", a affirmé ce responsable Musulman allemand.

La principale porte-parole du mouvement féministe en Allemagne partage l’inquiétude des Evangéliques sur la question. Alice Schwarzer, éditrice du magazine Emma, souhaite voir tous les juges qui se réfèrent au Coran disparaître des cours de Justice allemandes. Elle est convaincue que des forces islamistes ont infiltré le système judiciaire allemand depuis longtemps.