Philippe de Villiers était ce soir l'invité de Jean-Pierre Elkabbach au Grand Rendez-Vous sur Europe 1 entre 18h et 19h.

Question : " Le Pape vient de s'exprimer tout récemment rappellant son attachement à la messe en latin (faux, confusion entre l'usage du latin dans la messe et la messe selon le rite de Saint-Pie V / NDPC), condamnant le mariage homosexuel, l'adoption homosexuelle, refusant la communion pour les couples divorcés (faux, confusion entre couples divorcés et couples divorcés-remariés / NDPC). On vous sait attaché à des valeurs chrétiennes et traditionnelles, est-ce que vous dîtes il en fait trop, il est réac ou est-ce que finalement c'est ça qu'il devait dire" ?

Philippe de Villiers : "Il y a toute une partie qui ne me regarde pas en tant qu'homme politique. Sur la liturgie, j'ai mon opinion personnelle. En revanche, vous avez cité le mariage homosexuel (...) Je pense que c'est une très grave erreur et qu'il faut se battre contre le mariage homosexuel parce que tout d'abord c'est la question de la filiation donc de la survie de la société. En France aujourd'hui, la liberté de comportement est garantie mais la société doit faire un choix : le choix de protéger la stabilité de la société dans la durée. Bien sûr que le mariage c'est un homme et une femme".

Question : " Qu'est ce qu'on fait pour les couples (homosexuels), les hommes, les femmes qui élèvent à deux des enfants, il y en a plusieurs dizaines de milliers" ?

Philippe de Villiers : " Il ne faut leur donner aucun droit contrairement à ce que proposent madame Royal, Nicolas Sarkozy ou François Bayrou ou monsieur Le Pen : leur fameux contrat d'union civile ou le PACS. Je suis hostile à cette idée d'apporter des droits équivalents sur le plan successoral, sur le plan patrimonial, sur le plan fiscal, sur le plan juridique aux couples homosexuels par rapport aux couples hétérosexuels. Quand Nicolas Sarkozy dit qu'il est pour le contrat d'union civile avec écharpe en mairie mais contre l'adoption, il se moque du monde. La jurisprudence dans tous les pays où existent les contrats d'union civile étend le droit des couples hétérosexuels au couples homosexuels. Il y a un principe simple : il vaut mieux pour un enfant avoir un papa et une maman que deux papas ou deux mamans. D'ailleurs le convention internationale des droits de l'enfant qui est un texte solennel rappelle que le droit au père et à la mère est un droit sacré (...) L'aspiration à la reconnaissance d'un père et d'une mère pour un enfant c'est aussi naturel et vieux que le monde. Je ne suis pas un apprenti sorcier".

Au delà des erreurs grossières du journaliste d'Europe 1 qui montrent son manque de culture religieuse et participent à la diffusion d'idées fausses sur l'Eglise, on peut regretter dans la réponse donnée par Philippe de Villiers une certaine tiédeur quant à sa confession catholique d'où sa focalisation sur le mariage homosexuel et l'absence de réponse sur Benoît XVI. La vrai laïcité ne consiste pourtant pas à reléguer à la sphère privée les questions de foi mais à observer une distinction (et non une séparation) entre le temporel et le spirituel. Il serait tout à fait légitime pour un candidat catholique, dont le programme est proche en de nombreux points à la Doctine Sociale de l'Eglise, de reconnaître que les dernières déclarations de Benoît XVI sont d'une richesse infinie et source d'inspiration pour tout catholique. Et en particulier pour les hommes politiques dont la responsabilité est immense dans les domaines que Benoît XVI lui-même a jugé non négociables : le respect de la vie, la famille et l'éducation de enfants.

Philippe Carhon