NDLR : Soutenu par les intellectuels et les artistes qui pardonnent volontiers à cet homme - puisqu'il est de gauche et ne tue plus - dont ils ne sont pas les victimes, Battisti fait partie d'un mouvement terroriste qui a été défendu par... l'abbé Pierre qui aurait convaincu président Mitterrand de protéger les brigadistes rouges ayant fui l'Italie.

Accusé par la gauche d’avoir cherché à tirer un profit électoral de l’arrestation de Cesare Battisti, le ministre de l’Intérieur a vivement répliqué.



Nicolas Sarkozy a réagi aux soupçons qui pèsent depuis hier sur l’opportunité électorale de l’arrestation de l’ancien activiste italien Cesare Battisti. C'est stupide, a-t-il répondu à ceux qui lui reprochant d’avoir instrumentalisé cet événement au profit de sa campagne électorale qui, après plusieurs semaines de domination dans les enquêtes d’opinion, semble se tasser légèrement. L’Italie est un gouvernement de gauche et une démocratie. Il y a une entraide judiciaire, il y a un mandat d'arrêt international. Fallait-il que la police française refuse de collaborer avec la justice internationale et avec Interpol?, a-t-il demandé. Selon lui, le cas Battisti n’a rien à voir avec la doctrine Mitterrand sur la non extradition vers l'Italie des anciens activistes des années de plomb réfugiés en France''. Le 22 février 1995, François Mitterrand avait exposé sa doctrine concernant l'extradition vers l'Italie de terroristes italiens réfugiés en France en distinguant les crimes de sang des autres délits dont ces derniers avaient pu se rendre coupables. Il avait notamment précisé que "ne seront pas extradés ceux pour lesquels l'évidence de la participation directe à des crimes de sang n'est pas établie".



Dans son argumentaire, Nicolas Sarkozy a été suppléé par le porte-parole de l'UMP, Luc Chatel, qui a jugé tout à fait déplacées les polémiques politiciennes lancées par la gauche. On cherche d'une manière ou d'une autre depuis des mois à chaque fois qu'il y a un sujet à essayer de déstabiliser notre candidat, a-t-il remarqué. Il n'y a pas à voir d'arrière-pensées'', a renchéri Valérie Pécresse, l'autre porte-parole de l'UMP.



Timing de dernière minute



Vincent Peillon, porte-parole de Ségolène Royal, a estimé lundi que l'arrestation de Cesare Battisti intervenait dans un "timing de dernière minute" laissant entendre qu'il s'agissait d'une opération électorale de Nicolas Sarkozy. "Ce n'est pas la première fois dans notre histoire électorale qu'on a des coïncidences de dates entre l'arrestation de terroristes et les élections, ce sont des vieilles méthodes qui perdurent, les Français jugeront", a-t-il déclaré.



Plus tôt dans la matinée, Noël Mamère avait accusé Nicolas Sarkozy de "s'être offert la tête de Battisti sur l'autel électoral". Selon le député de la Gironde, Nicolas Sarkozy "savait depuis très longtemps où se trouvait Cesare Battisti et il a fait encore un coup électoral".



Olivier Besancenot, candidat de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR), a lui aussi dénoncé une opération électorale et appelé la gauche française et italienne à se mobiliser en faveur de l'ex-militant d'extrême gauche.



Dimanche, l’écrivain Gilles Perrault, qui s'était mobilisé en 2004 contre l'extradition de Cesare Battisti, avait déjà qualifié d'"électorale et même électoraliste" l'arrestation au Brésil de l'ancien activiste italien, à un mois de l'élection présidentielle en France.