La semaine dernière 27 évêques de la conférence épiscopale allemande se sont rendus en Terre Sainte où ils ont entre autres visité le Yad Vashem et rencontré le vice Premier ministre Shimon Pérès. Vendredi dernier les évêques sont allés également à Ramallah. Leur visite conduite par le président de la conférence épiscopale, l’archevêque de Mayence, le cardinal Karl Lehmann, fut particulièrement médiatisée.
De retour en Allemagne, les évêques se sont exprimés sur leur visite en Terre Sainte. Mgr Gregor Maria Hanke, évêque d’Eichstätt, a déclaré : « Le matin, nous avons vu des photos du ghetto inhumain de Varsovie, le soir nous avons traversé le ghetto de Ramallah. C’est exaspérant ».
Le quotidien Haaretz rapporte ce jeudi 8 mars que l’ambassadeur d’Israël en Allemagne, Shimon Stein, est profondément indigné par ses propos : « Chacun peut avoir des opinions divergentes sur la politique d’Israël, on peut la critiquer mais cela dépend du choix des mots, des termes et des comparaisons historiques utilisées. Quand on utilise la notion de ghetto et de racisme en relation avec la politique d’Israël ou l’on a oublié l’histoire ou l’on n’en n’a rien appris ». L’ambassadeur a ajouté : « Les évêques auraient pu rencontrer les familles de plus de morts victimes du terrorisme parce qu’ils sont juifs. Nous avons besoin de conseil et d’aide mais quand les évêques s’expriment ainsi, ils ne contribuent pas à la conciliation et à la paix. »
D’autres évêques, comme l’archevêque de Cologne, le cardinal Joachim Meisner, avaient comparé la barrière de sécurité au Mur de Berlin : « Je ne pensais pas revoir quelque chose de ce genre de ma vie. Ce mur tombera comme le Mur de Berlin avant lui », a dit Mgr Meisner au quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung. Les médias allemands ont rapporté surtout les propos des évêques sur le mur et la situation difficile des Palestiniens.
Le président du Yad Vashem, Avner Shalev, s’est déclaré « choqué et surpris » par les propos de Mgr Maria Hanke : « Les actions d’Israël n’ont rien à voir avec celles des Nazis. Les gens ont des opinions diverses sur le conflit israélo-palestinien et il est légitime de critiquer les politiques de même qu’il est légitime de faire entendre des critiques sur n’importe quel autre problème », écrit Shalev dans une lettre adressée au président de la conférence épiscopale allemande et publiée par la presse israélienne.
« Ces comparaisons injurieuses et injustifiées conduisent à affaiblir la mémoire des victimes de le Shoah et à affaiblir les consciences de ceux qui essaient d’amoindrir la responsabilité de l’Europe dans les crimes nazis » explique le directeur du Yad Vashem.
En réponse à la missive adressée par le président du Yad Vashem, le président de la conférence épiscopale, le cardinal Lehmann, lui a envoyé une lettre regrettant les propos de certains de ses confrères. « On ne peut comparer, de quelque manière que ce soit, des situations de crise ou d’injustice actuelles avec l’assassinat massif de juifs par le national-socialisme. L’intention n’a sans aucun doute jamais été de blesser les survivants de la Shoah ou la population juive en Israël » explique l’archevêque de Mayence.













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