Après Londres, Berlin et Bruxelles, Mahmoud Abbas est venu chercher samedi à Paris le soutien de Jacques Chirac à l'accord sur un gouvernement d'union nationale conclu entre le Fatah et le Hamas à La Mecque au début du mois.
"Le président Chirac comprend très bien l'accord de La Mecque, la nature de ce gouvernement d'union nationale ainsi que la situation politique qui doit (...) nous permettre d'ouvrir des canaux politiques avec les Israéliens pour entamer des négociations et parvenir à des solutions définitives", a déclaré le président palestinien à la presse au terme d'une heure et quart d'entretien avec le président français à l'Elysée.
"Nous devons (...) continuer à travailler avec les Israéliens. Nous sommes partenaires avec les Israéliens, partenaires pour la paix", a ajouté le président de l'Autorité palestinienne.
Selon son porte-parole, Jérôme Bonnafont, Jacques Chirac a confirmé à son hôte "l'appui de la France à l'idée d'un gouvernement d'union nationale", l'accord de La Mecque constituant à ses yeux "le premier pas vers la prise en compte des conditions du quartet".
Les conditions fixées par le "quartet" des médiateurs - Union européenne, Etats-Unis, Russie, Onu - consistent, pour le Hamas, à renoncer à la violence, à reconnaître Israël et à accepter les accords existants avec l'Etat juif.
LEVÉE DE L'EMBARGO
Dans des propos liminaires prononcés dans la cour de l'Elysée, Jacques Chirac avait salué l'idée d'un gouvernement d'union nationale palestinien, proposée par le roi Abdallah d'Arabie saoudite.
"Il appartient maintenant aux différents acteurs de faire en sorte que cette suggestion du roi, à laquelle je tiens à rendre hommage, soit confirmée dans les réalités et dans les faits", a-t-il déclaré.
Selon Jérôme Bonnafont, Jacques Chirac a par ailleurs émis le souhait que la création d'un tel gouvernement "puisse ouvrir la voie à de nouvelles relations de coopération" entre les Palestiniens et l'Union européenne.
Mercredi à Londres, Mahmoud Abbas avait demandé au Premier ministre Tony Blair d'intercéder auprès des Etats-Unis pour qu'ils acceptent ce futur gouvernement, même si le Hamas se refuse toujours à reconnaître formellement Israël.
Samedi à Paris, le président palestinien a aussi plaidé pour une levée prochaine de l'embargo imposé dans les territoires après l'arrivée au pouvoir du Hamas.
"Ce que nous avons demandé, c'est que ce nouveau gouvernement qui va être formé ne soit pas soumis au même embargo auquel est soumis le gouvernement actuel", a-t-il dit. "Si la situation devait continuer, le peuple palestinien continuerait à souffrir, les sanctions continueraient à faire des ravages".
Jacques Chirac a saisi l'occasion de cette rencontre pour réclamer de nouveau la libération du caporal israélien Gilad Chalit, capturé lors d'un raid le 25 juin dernier.
"Le président a souligné l'importance qu'il attachait à la libération du soldat israélien Chalit, importance pour sa famille, pour Israël et comme geste vis-à -vis de la communauté internationale", a dit Jérôme Bonnafont.













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