"Déchets humains" de 8 semaines trouvés dans la poubelle d'une clinique...

Les portugais ne sont pas pressés pour se prononcer pour ou contre une dépénalisation de l'avortement... 43% des électeurs seulement ont pris part à ce référendum. Il en fallait 50% pour le valider et le rendre contraignant. Le Premier ministre socialiste, fervent défenseur de l'IVG, a donc décidé de renvoyer le débat devant le parlement...



Le "oui" a gagné avec près de 20 points d'avance sur le "non". Mais dans ce pays encore fortement imprégné de catholicisme, plus de la moitié des 8,7 millions d'électeurs se sont abstenus, résultat l'abstention est supérieure à 50%, ce qui veut dire que le résultat du référendum n'est pas contraignant. Il n’empêche le résultat est là 59,3% se sont exprimés en faveur de la légalisation de l'avortement, contre 40,8% en faveur du maintien de l'interdiction. Le Premier ministre socialiste, José Socrates, a donc jugé que en dépit de la faible participation, les Portugais s'étaient bien exprimés pour la légalisation de l'avortement. Il a donc décidé comme il l'avait annoncé précédemment, que le parlement, où les socialistes sont majoritaires, proposerait bien une modification de la loi.



Alors comment expliquer, 9 ans après le dernier référendum, cette large victoire du "oui", peut-être un changement de mentalité. Les jeunes ont clairement voté pour le "oui" et il y a eu aussi un changement de stratégie dans la campagne des partisans du "oui". Ils n'ont pas trop insisté comme en 98 sur le fait qu'une femme puisse avorter parce que tout simplement, elle le souhaite. Les slogans " mon ventre m'appartient", avait choqué l'opinion publique il y a 9 ans. Cette fois-ci, ils ont axé leur campagne sur le scandale des femmes qui se retrouvent sur le banc des accusés parce qu'elles ont avorté. Et cet argument-là a convaincu beaucoup d'électeurs qui ont voulu mettre un terme à l'humiliation vécue par de nombreuses femmes portugaises. La loi portugaise, est en effet une des plus restrictives de l'Union européenne, elle prévoit actuellement des peines pouvant aller jusqu'à trois ans de prison pour les femmes qui avorteraient volontairement, sauf en cas de viol, de danger pour la vie de la mère ou de malformation du foetus.



Selon l’association pour le planning familial 18 000 avortements ont été pratiqués illégalement en 2005 au Portugal et ont conduit 10 000 femmes aux services des urgences des hôpitaux pour diverses complications.