Par David Rosenfeld - Alors que la plupart des journaux réduisent leur contenu comme peau de chagrin, le Jerusalem Post lance sa version chrétienne.

Cette nouvelle édition porte à 10 les publications du Groupe CanWest Global Communications: le Jerusalem Post le Jerusalem Post en anglais le Jerusalem Post Easy Edition pour les émigrants apprenant l’hébreu diverses publications destinées aux enfants, aux femmes et aux jeunes Alors pourquoi une édition chrétienne ? Et bien, le Jérusalem Post s’attaque à une niche bien spécifique. On ne sait pas encore s’il elle sera profitable, mais en tous cas le Jerusalem Post cible le public américain, et pas n’importe le quel.

En effet, un groupe a montré son intérêt croissant pour la terre d’Israël ces dernières années : les Évangélistes américains. L’ensemble des Églises évangéliques toutes confondues représente aujourd’hui autour de 500 millions de personnes dans le monde, les plaçant au deuxième rang parmi les religions issues du christianisme, après le catholicisme.

Le monde évangélique d’aujourd’hui est une véritable mosaïque. Il y règne une immense diversité, allant de gens extrêmement ouverts sur le plan théologique et Å“cuménique, à d’autres extrêmement fermés sur ces plans-là, mais entre les deux, il y a place pour la variété. Et variété il y a aussi dans l’organisation : épiscopaliennes (sous l’autorité d’un seul, l’évêque), presbytériennes (autorité du conseil des anciens) ou congrégationalistes (autorité de l’ensemble des membres de l’assemblée).

Le plus vieux journal en anglais de la Terre Sainte (75 ans cette année), va donc cibler les amis chrétiens d’Israël avec un mensuel qui leur est destiné. Les Évangélistes américains sont très attachés à la Paix en Israël car considérant que seule la Paix dans la région peut amener les nouveaux temps messianiques.

Un autre objectif de cette publication est de favoriser le tourisme en Israël auprès de cette très large communauté.

Le Jerusalem Post : un peu d’histoire

Fondé le 1er décembre 1932 en tant que Palestine Post par Gershon Agron, le journal soutient la bataille pour un foyer national juif en Palestine mandataire et s’oppose ouvertement à la politique britannique sur la restriction de l’immigration juive. Le journal est rebaptisé Jerusalem Post en 1950 après l’indépendance d’Israël.

Il se positionne pendant des décennies au centre-gauche et soutient le parti travailliste jusqu’en 1989 après son rachat par Hollinger Inc., sous le contrôle du magnat conservateur canadien Conrad Black. Le Jerusalem Post change alors de ligne éditoriale et soutient le Likoud. Un grand nombre de journalistes démissionnent et fondent le Jerusalem Report. Actuellement, le point de vue du Jerusalem Post sur l’actualité est perçu comme étant de centre-droit bien que des articles de gauche y figurent régulièrement.

Ses positions sur l’économie sont proches du néo-libéralisme. Il prône entre autres, pour réformer le système israélien, le strict contrôle des dépenses publiques, la limitation des aides sociales, une diminution des impôts et la mise en place de lois contre la création d’entreprises monopolistiques.

Le Jerusalem Post est un concurrent du journal de centre-gauche Haaretz qui publie lui aussi une édition en langue anglaise depuis les années 1990. Comme les autres journaux israéliens, le Jerusalem Post parait tous les jours à l’exception du samedi (jour du Chabbat) et des jours de fêtes juives. Le rédacteur en chef actuel est David Horovitz, ancien rédacteur en chef du Jerusalem Report.

Le 16 novembre 2004, Hollinger revend le journal à un éditeur de journaux israéliens de Tel Aviv, Mirkaei Tikshoret Limited. Le groupe de média CanWest Global Communications annonce un accord pour entrer à 50% dans le capital du journal.