
Une photo qui était un canular, à l'époque. Mais pour combien de temps?
Tempête chez les embryons britanniques
Une proposition de loi s’appliquant aux recherches sur l’embryon humain va être déposée au Parlement britannique en mars 2007. Cette loi autoriserait la création d’hybrides et de chimères animal-homme. Le Comité des Sciences et des Technologies de la Chambre des Communes a demandé au « Conseil écossais de Bioéthique Humaine » de lui remettre lundi 5 février 2007 une présentation étudiant les enjeux éthiques liés à ces combinaisons animal-homme. A noter : le député Dr. Evan Harris (libéro-démocrate) fait partie de ce comité : or, il est par ailleurs le principal artisan de cette proposition de loi. La réunion risque d’être très tendue.
Le temps pour les opposants à cette loi est extrêmement court : le Parlement a laissé 12 jours (au lieu des 3 mois usuels) pour qu’ils s’expriment avant la préparation de la proposition de loi.
Le 5 février prochain, Calum MacKellar, Directeur de Recherche du Conseil Ecossais pour la Bioéthique Humaine, membre de l’Eglise évangélique (nationale) d’Ecosse, sera devant le Comité des Sciences et des Technologies du Parlement Britannique et tentera de convaincre les parlementaires de la gravite de la situation quand au conséquences pour la dignité humaine résultants de ces projets de recherche.
Il lance un appel à la prière : « S’il vous plaît, priez que Dieu me donne les mots justes devant les députés et que Dieu parle à travers moi. Priez pour que la majorité des députés et l’opinion publique s’opposent à la création de telles combinaisons. »
SITUATION
La Grande Bretagne, patrie de Dolly, terre féconde en recherches en tout genre sur la génétique et l’embryon. A la clé, des thérapies géniques, des brevets et un savoir-faire qui pourraient avoir des retombées énormes en médecine, qui pourraient se monnayer à prix d’or pour leurs inventeurs, qui pourraient bien rapporter une gloire immense aux chercheurs à l’origine de ces découvertes. Mais à quel prix ?
En 2001, l’Eglise anglaise portait plainte contre le gouvernement britannique, lui reprochant de n’avoir ni légiféré à temps pour protéger l’embryon humain, ni limité la ferveur éthiquement inconséquente de la plupart des chercheurs. La situation britannique est ainsi loin d’être claire. Et le statut de l’embryon humain, tout aussi loin d’être clairement défini : Est-ce une personne ? Si oui, à partir de quel stade de son développement ? Peut-on faire de la recherche dessus ? Est-il éthique de congeler des embryons ? De les créer avec pour seul but de les utiliser dans la recherche destructive ?
Pour esquiver ces débats – dont il est bien souvent impossible de conclure autre chose que le principe de précaution –, les chercheurs britannique en viennent à utiliser des périphrases – parlant de « pré-embryons » ou de «pseudo embryons ». Cela choque moins l’opinion, permet de continuer les recherches en paix. Malgré tout, la « matière première » manque, aujourd’hui : les embryons se font rares et les programmes de recherche, gourmands en embryons humains. C’est pourquoi depuis quelques mois, les chercheurs britanniques militent pour avoir le droit d’utiliser une nouvelle forme de « matière première » : ils veulent créer des chimères – prenez un oestrus (un ovule) d’un cochon, d’un chimpanzé ou d’une vache, videz-le de son noyau et injectez à la place de ce dernier les 23 paires de chromosomes humains et vous obtenez un œuf qui commence, spontanément, à se diviser, tout comme un embryon 100% humain. Et c’est un véritable lobbying qui fait actuellement pression sur le Parlement pour qu’il vote leur proposition de loi. Une pétition signées par une quarantaine de chercheurs éminents – dont plusieurs prix Nobel – a été déposée auprès du Parlement alors que le statut moral, éthique, de ces embryons-chimères n’a encore jamais été étudié par aucun comité éthique au monde : quels statuts leur conférer ? Si l’un de ces embryon-chimères s’avérait viable (hypothèse tout à fait plausible sur le moyen terme (par ex : si on utilise une ovule de chimpanzé), à quelle sorte de créature donnerait-il naissance ? Des personnes humaines, des animaux ? Quid de l’ « image » que Dieu a placé dans l’être humain lors de la Création ? Aucun antécédent ne permet de fonder une réflexion: la question de l’image de Dieu ne se pose pas dans le cas du mulet, croisement de l’âne et du. C’est la première fois que l’utilisation de telles combinaisons homme-animal est évoquée sur le devant de la scène et les veilleurs des comités de bioéthique se sentent désarçonnés par la violence de la polémique et de la pression des chercheurs, par la pression incroyable qu’ils font peser sur les politiques, assénant le coup de toute leur force.
Transmis par le CPDH - Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine













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