Funérailles officielles de l'Abbé Pierre

Dans le concert de louanges médiatiques, c'est maintenant au tour du Parti Républicain Chrétien (PRC) de saluer la mémoire de celui qui se faisait appeler, au mépris de l'ordre direct de Jésus, "l'Abbé Pierre". Si l'on ne peut qu'être admiratif devant l'exemple de cet homme aux qualités remarquables, on ne peut le qualifier de chrétien, comme vient de le faire le PRC, sans entretenir le flou sur le sens évangélique de ce terme.

Si son action et son impact doivent effectivement "booster" nos propres actions bien tièdes en comparaison, il faut bien se rappeler que la théologie de l'homme le plaçait en porte-à-faux avec la Bible. Même si dans son article le président du PRC, Patrick Giovannoni, mentionne les égarements de la personnalité préférée des français, il n'est absolument pas fait état de sa persistance à croire et à couvrir un antisémitisme du plus mauvais aloi.

Si l'on devait se baser sur la vox populi pour asseoir sa légitimité, on courrait le risque de devenir par exemple malthusianiste, doctrine chérie d'une autre "personnalité préférée des français", le Cdt Cousteau, qui avait déclaré froidement qu'il ne fallait pas forcément trouver de remède aux maladies endémiques qui décimaient des pans entiers de population et rétablissaient ainsi l'équilibre démographique de notre planète.

On aurait apprécié qu'un parti politique évangélique clame haut et fort la vérité de la Bible au sujet de l'antisémitisme et du salut non par les oeuvres mais par la foi, au lieu de se fondre dans la grisaille d'une époque où la compromission est la règle et où l'on bâtit hypocritement le "tombeau des prophètes" à leur mort tout en les persécutant de leur vivant. C'est tellement humain.