De temps en temps, les médias semblent offrir un traitement de faveur à une personnalité publique : ses actes ou déclarations qui posent problème sont très peu critiqués. Tel fut le cas de Zinedine Zidane qui, après avoir emmené l’équipe de France en finale de la coupe de monde de football en juillet 2006, ruina les chances de son équipe en donnant un coup de tête devenu étonnamment légendaire. Tout lui fut pardonné.

Dans le cadre de la campagne électorale présidentielle, il semblerait que les médias aient choisi de surprotéger Ségolène Royal, ses écarts, son passé et ses zones d’ombre.

Voici quelques exemples de sujets qui auraient mérité, selon nous, un traitement moins complaisant de la part de certains médias français.

Les zones d’ombres de la vie privée de Ségolène Royal

Le 5 décembre 2006, nous avions publié : « Les médias nous disent-ils tout ce qu’ils savent sur Ségolène Royal ? » Il semble que nous avions 6 mois de retard puisque ceci a été publié le 19 juin 2006.

Les médias continuent malgré tout d’appeler François Hollande « le compagnon de Ségolène Royal ».

De même, lors de la récente polémique concernant le patrimoine de la candidate, ils ont tous validé ses propos et sa déclaration de patrimoine.

Pour autant, lorsque l’on tape « François Hollande » sur le site societe.com, on arrive à la Société Civile la Sapinière dont le siège social est situé au 28 de l’avenue Duquesne, à Paris dans le 7ème arrondissement et dont le capital est de 914 694,01€. Les deux gérants en sont François Hollande et Marie-Ségolène Royal.

On rappellera pourtant que Ségolène Royal avait affirmé qu’elle souhaitait « effrayer les capitalistes » tandis que François Hollande avait déclaré sur France 2 : « Je n’aime pas les riches ».

Pour finir sur la vie privée de la candidate socialiste, on rappellera que les médias n’ont quasiment pas rapporté, à l’exception de La Chaîne Parlementaire et du Nouvel Obs, l’escapade de Ségolène Royal et de son fils au cours Florent.

Le voyage de Ségolène Royal en Chine

Après avoir effectué un voyage remarqué au Proche-Orient où elle avait commis de nombreuses bévues, Ségolène Royal a effectué un voyage en Chine qui aurait pu provoquer des tonnerres d’indignation dans les médias français.

En effet, elle a félicité la justice chinoise pour sa célérité : « J'ai rencontré un avocat qui me disait que les tribunaux chinois sont plus rapides qu'en France. Vous voyez : avant de donner des leçons aux autres pays, regardons toujours les éléments de comparaison ».

Il est vrai que la justice chinoise est expéditive. Selon le décompte d’Amnesty International, il y a eu 1 770 exécutions en Chine en 2005, soit 80% du total mondial !

Malgré cela, Libération du 9 janvier 2007 a écrit :

« Tibet, dissidents, droits de l'homme, Ségolène Royal n'a évité aucun des sujets qui fâchent en République populaire de Chine »

Mais en Chine, Ségolène Royal ne s’est pas contentée de féliciter la justice chinoise et d’inventer des mots comme la « bravitude ». Elle a aussi commis l’impair d’embrasser une femme chinoise qui lui remettait un cadeau. Visiblement, elle ignorait que les embrassades parisiennes n’avaient pas cours en Chine où chacun se doit de garder ses distances.

Elle n’avait visiblement pas non plus été informée que le blanc était la couleur du deuil en Chine. Dommage, car elle s’est promenée durant tout son voyage dans un manteau blanc très remarqué.

Ces deux écarts n’ont été que très peu commentés par les médias français.

Par comparaison, on se souvient des ricanements des médias américains, mais aussi français, lorsqu’en 2000, le candidat George W. Bush n’avait pas su donner le nom du président pakistanais.

Tout cela n’a pas empêché Reuters d’écrire : « A l'orée de l'année qui la verra peut-être accéder à l'Elysée, Ségolène Royal a habilement slalomé entre les écueils diplomatiques chinois lors d'une visite de quatre jours à haute teneur visuelle. »

Au regard de cette analyse, il apparaît donc clairement que Ségolène Royal bénéficie d’un traitement de faveur de la part des médias français qui ne lui tiennent pas rigueur de ses multiples erreurs.

Cela tendrait à confirmer, comme l’indique Christophe Barbier dans son éditorial du 8 janvier 2007, que Ségolène Royal est avant tout « la candidate des médias ».

Cette impression est renforcée par cette analyse très pertinente de l’interview de Ségolène Royal par PPDA qui a été effectuée par ZaleaTV et Acrimed.