NDLR : A noter "l'objectivité" journalistique du reportage : l'auteur de l'article, non sans s'être étalé en début d'article sur des incidents mineurs typiques d'un meeting électoral, indique dans le chapeau de son article que le candidat "s'appuie sur la "réussite" de sa politique en Vendée". Pourquoi mettre "réussite" entre guillemets, alors qu'il est toutefois bien obligé de la reconnaître en fin d'article ? Par ailleurs, il semble prendre un malin plaisir à mettre en exergue certains thèmes favoris du candidat qu'il sait ne pas être populaires parmi la population, comme pour mieux "descendre" ce dernier. Mais souvenons-nous que bien souvent ce n'est pas le plus populaire (ou démagogue??) qui a raison, il faut savoir dire la réalité en face. Sans vouloir les placer sur le même plan, Jésus non plus n'était pas populaire en Israël en son temps...

__La France de Philippe de Villiers

S'appuyant sur « la réussite » de sa politique en Vendée, le président du MPF propose « un projet de redressement patriotique ».

Le reportage de Marcel GAY__

Philippe de Villiers, qui plafonne à 3 % dans les sondages, va-t-il créer la surprise le 22 avril prochain comme il en est persuadé ? « Je sens que ça vient », a ironisé le président du Mouvement pour la France devant ses partisans réunis, hier, à la maison de la Mutualité pour le lancement officiel de la campagne. « Nous étions déjà en campagne, reconnaît-il, mais voilà, les médias ne le savaient pas encore. Et plus on va s'approcher du 22 avril et plus on va nous voir et nous entendre ».

D'emblée pourtant, un petit problème sono lui coupe la parole. P2V, comme l'appellent ses amis, s'interroge : « Ah ! Qu'est-ce qui ne va pas ? ». La salle lui répond : « C'est le gouvernement ! ». De Villiers reprend la balle au bond : « C'est vrai, il n'y a plus rien qui marche dans notre pays. Appelez les techniciens du Puy-du-Fou ». Puis il ajoute : « Peut-être que si ça ne marche pas, c'est que nous sommes dans la salle de la Mutualité qui est historiquement la salle de la gauche ». Le ton est donné.

Pendant une heure, P2V va expliquer pourquoi il est candidat à la présidence de la République, pourquoi il incarne « la droite patriotique et alter-européenne » face à « la droite américaine et euromondialiste » de Nicolas Sarkozy. Il annonce aussi son projet pour « remettre la France en ordre ».

Des blouses et des uniformes

Une première mesure lui paraît prioritaire : « Je rétablirai la fierté d'être Français. Comment ? Par l'application du contrat : la France tu l'aimes ou tu la quittes ». P2V prône aussi l'apprentissage de l'éducation civique dans les écoles, le drapeau tricole au milieu de la cour et tous les élèves en blouse ou en uniforme. Deux : « Je reprendrai le pouvoir de Bruxelles pour le ramener ici et je proposerai un référendum sur l'Euro ». Trois : « Je soumettrai l'islam aux lois de la République et au mode de vie français. En interdisant le port du voile dans les lieux publics, en retirant les cartes de séjour et les allocations familiales aux familles polygames. Monsieur le Pr. Redeker, je vous protégerai, à l'Elysée s'il le faut ».

Quatre : « Je fermerai les guichets automatiques de l'assistanat et je n'accorderai le RMI qu'à ceux qui veulent travailler ». Quant à la loi sur le logement opposable, elle sera abrogée « car elle est dangereuse ».

Le modèle vendéen

En matière de politique étrangère, le candidat du MPF constate l'anarchie planétaire et le piètre état dans lequel se trouve la France : « la richesse s'en va, la pauvreté arrive ». Pour P2V, il faut une autre politique étrangère, une nouvelle Europe, celle de la coopération, une Europe « qui soit européenne, jamais avec la Turquie ». S'il est élu, dit-il « je rendrai la souveraineté à la France : la loi française sera supérieure aux lois européennes ».

Bref, le candidat à l'Elysée propose un projet politique qui s'appuie sur l'expérience réussie dans le département de la Vendée qu'il préside : premier département en matière de création d'entreprises et d'emplois, taux de chômage faible, 75 % de la population est propriétaire de son logement (contre 55 pour la moyenne nationale). « Ma France à moi », a insisté Philippe de Villiers, « ce n'est pas celle des barbus, des caïds, des incendiaires des banlieues. Ma France à moi est celle de Hugo et de Pasteur, des savants et des inventeurs, c'est la France des gens qui souffrent, qui triment et qui résistent ».