
Cartes des émeutes de 2005, un rapport avec l'islamisation des banlieues?
Les intégrismes - Communautarismes
Laïcité : un héritage en péril
Au pays de Voltaire, il est désormais interdit de ne pas croire. Tel est le credo des religieux fondamentalistes qui veulent imposer leurs propres règles à une République aux valeurs mises à mal.
Par Daniel Lefeuvre et Michel Renard
(quelques extraits, le document complet est à lire sur Historia)
(...) Elus sincères et sociologues lucides multiplient les alarmes : l'école n'intègre plus comme avant ; l'armée, après la suppression du service militaire obligatoire en mars 1997, n'est plus ce vecteur de patriotisme et de civilité qu'elle était ; la déshérence syndicale livre les travailleurs à eux-mêmes quand le chômage ne les abandonne pas à une assistance mentalement délétère. A cela s'ajoutent de nouveaux fléaux : la dissolution du lien familial, la ghettoïsation progressive des grands ensembles HLM, la montée d'une cohabitation conflictuelle avec les populations immigrées sur les lieux de résidence, les tensions interethniques, la prolifération d'une économie mafieuse souterraine alimentée par le trafic de drogue, la croissance vertigineuse de la délinquance et la banalisation de la violence... La France ne fait plus France. L'antiracisme moralisateur devient la seule grille de lecture des réalités sociales mais aussi politiques. L'attachement national est ridiculisé.
Désormais, l'allure et le vêtement distinguent, jusqu'à l'excès, du milieu ambiant : barbe fournie et qamis (chemise ample et longue) pour les uns, voile ceignant totalement le visage voire mu'tajibat couvrant le corps de la tête aux pieds, pour les autres. Les relais d'un « développement séparé » se mettent en place par les militants d'un islam fondamentaliste et globalisant : commerces d'alimentation halal, librairies « islamiques », associations de soutien scolaire ou d'apprentissage de l'arabe qui camouflent des lieux de mise en conditionnement idéologique et sectaire, « Congrès » annuel du Bourget organisé par l'UOIF (Union des organisations islamiques de France). Comment, dans ces conditions, le contact peut-il s'établir avec ces éléments qui considèrent toute entreprise extérieure à leurs conceptions comme menaçante pour leur intégrité, voire même pour leur salut, car « mécréante » ?
Les opérateurs institutionnels n'ont plus le choix qu'entre trois attitudes : baisser les bras, composer ou résister. Comment ne pas soupçonner que le désengagement de l'Etat, désormais à la recherche de partenaires-relais à moindres frais dans les banlieues, justifiait, sans le dire, l'implication décisive du ministère de l'Intérieur dans la création du Conseil français du culte musulman (CFCM) en 2002 ? (...)
Une preuve d'un tel abandon est fournie par cet extrait hallucinant des commentaires officiels du programme d'Education civique, juridique et sociale (ECJS) dans les lycées, signé de Jean-Paul de Gaudemar, directeur de l'enseignement secondaire, en 2002 : « Le débat doit reposer sur le respect d'autrui et donc n'autoriser aucune forme de dictature intellectuelle ou de parti pris idéologique. Il est une occasion d'apprendre à écouter et discuter les arguments de l'autre et à le reconnaître dans son identité. » Mais quand son « identité » véhicule des préjugés, faut-il encore le « reconnaître » ? Derrière le louable refus de la « dictature intellectuelle », risque de s'insérer un relativisme coupable. Que faire lorsque, dans un collège de Pantin, en 2004, des élèves garçons cherchent à imposer aux filles une tenue conforme aux normes des fondamentalistes musulmans ; lorsqu'ils agressent une élève qui portait des bagues aux doigts en lui disant qu'elle est « une pécheresse », tandis qu'une professeure s'est également entendue dire qu'elle n'était qu'une « pécheresse » et qu'elle « irait en enfer » ? Faut-il encore les reconnaître dans leur identité ? Que faire lorsqu'à une élève de collège d'origine maghrébine qui questionne son professeur, un élève garçon, lui aussi d'origine maghrébine, lance : « Tu es musulmane ? Alors il ne faut pas parler avec un homme ! » ? Faut-il encore reconnaître dans son identité ce pauvre garçon qui crierait sûrement à la dictature intellectuelle si on lui disait que l'égalité entre filles et garçons est un principe intangible des écoles françaises ? Faut-il, toujours pour reconnaître les différentes identités, revenir sur la loi pénalisant l'excision ou l'infibulation des filles ? Accepter la polygamie ou bien encore les mariages forcés ?
Le 7 octobre 2006, quatre mineurs, élèves du collège Jean-Mermoz à Lyon, sont mis en examen. Selon Le Progrès, une élève de troisième, d'origine maghrébine, a été agressée dans la cour de récréation par quatre garçons, âgés de 12 à 16 ans. Son crime ? avoir mangé un sandwich, en plein ramadan. Pour le principal de l'établissement, les faits relèveraient d'un « phénomène de violence dans un petit collège de ZEP ». Bref, un incident presque banal qui ne justifierait qu'un rappel au règlement et une campagne de sensibilisation pour que « les élèves comprennent que les violences doivent rester aux portes du collège », selon ses propos rapportés à la télévision sur la chaîne LCI. (...)













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