La promesse de "bébés du double espoir" aussi appelés "bébés-médicaments", donnée par la loi de bioéthique d'août 2004, va pouvoir se concrétiser en France avec la parution récente d'un décret d'application encadrant strictement le dispositif. La naissance d'un nouvel enfant peut apporter une chance de sauver un aîné souffrant d'une maladie grave, grâce notamment au sang placentaire au moment de l'accouchement ou, ultérieurement, grâce à un don de moelle osseuse, des cellules souches sanguines prélevées dans un os du bassin. Mais il faut pour cela que le futur enfant donneur ait les caractéristiques génétiques requises. Ce qui suppose un double diagnostic préimplantatoire.

Prévu par la loi depuis 1994, mais appliqué seulement après la parution d'un décret en 1998, le diagnostic préimplantatoire (DPI) limité aux cas où l'enfant à venir a "une forte probabilité d'être atteint d'une maladie génétique d'une particulière gravité", permet que seuls les embryons indemnes de la maladie recherchée soient transférés dans l'utérus de la mère après une fécondation in vitro (FIV). Un décret d'application de la loi de bioéthique d'août 2004, publié samedi, ouvre la possibilité d'effectuer un second test sur les mêmes cellules pour choisir, parmi les embryons indemnes, ceux ou celui qui seraient des "donneurs" compatibles pour soigner l'aîné malade. Ce double DPI, instauré "à titre expérimental", sera strictement encadré.

Une possibilité ouverte "à titre expérimental" et très encadrée

L'Agence de la biomédecine ne l'autorisera qu'après avis de son conseil d'orientation "si la situation du couple concerné le justifie". Elle rappelle les conditions requises : caractère incurable de la maladie entraînant le décès dès les premières années de la vie, possibilité d'amélioration décisive de l'état de santé de l'enfant malade, consentement écrit et réitéré par les deux membres du couple. Actuellement, il n'existe que trois centres autorisés à pratiquer le DPI - "soit environ 4 à 5 praticiens en France" - où chaque année "sont réalisés environ 150 DPI, correspondant à 30 naissances", souligne l'Agence de la biomédecine.

Plus de deux ans après la publication de la loi de bioéthique, les deux nouveaux décrets d'application parus samedi au Journal officiel portent aussi sur l'encadrement par l'Agence de la biomédecine du diagnostic prénatal, permettant de détecter des maladies graves chez l'embryon et le foetus in utero, et de l'assistance médicale à la procréation. Sont précisées les conditions du don de sperme ou d'ovules, de la conservation de ces gamètes ou d'embryons congelés, et les modalités d'autorisation d'études sur les embryons surnuméraires issus d'une FIV et ne faisant plus l'objet d'un projet parental.

D'après agence