NDLR : cette information témoigne d'une politique de deux poids deux mesures menée par la France envers ses ressortissants. Selon que vous serez journaliste ou terroriste contre les USA (cas de Zacharias Moussaoui dont les avocats -hors de prix- ont été payés par le contribuable français, tout comme le déplacement de sa famille aux Etats-Unis) ou simple citoyen français non médiatique (comme cette famille à qui l'Etat français avait refusé d'avancer de l'argent pour un voyage à Bali après l'attentat de 2002 où était mort son fils), vous serez traité différemment. La France qui donne ses leçons de morale aux USA ou à Israël, avait, en 2002, posé un avion militaire dans la forêt amazonienne pour fournir des armes à la guérilla colombienne au mépris de la souveraineté du Brésil et de la Colombie afin de libérer Ingrid Bétancourt et se donner un beau rôle. Embarrassé, Villepin avait justifié cette illégalité en disant que le Président l'avait autorisée...
A quelques heures du réveillon de Noël, dimanche 24 décembre, Christophe Beck, un éleveur français de 62 ans, enlevé il y a un peu plus d'un an au Venezuela vient d'arriver en France, à l'aéroport de Perpignan (Pyrénées-Orientales), accompagné d'un de ses fils, Franck. Amaigri, fatigué, mais libre.
En 1992, il s'était installé au Venezuela, avec son épouse Martine, après avoir vendu leur entreprise de charpente métallique implantée à Millas. Dans la province de Libertad, ce fils de fermier de la Meuse s'était lancé avec succès dans l'élevage de bovins. Epaulé par ses enfants, il veillait sur les 1 200 zébus blancs de la finca (ferme) familiale vaste de 1 200 hectares.
Une vie sans histoire jusqu'au 13 décembre 2005 et la prise d'otage. Réveillé par les hurlements des chiens à 6 heures du matin, M. Beck était sorti de l'enceinte de la finca. Cinq hommes le jettent alors à terre, puis pénètrent dans l'habitation. "Tout est allé très vite. Nous étions encore ensommeillés... Ils ont frappé mon mari et m'ont emmenée dans la maison toute proche où habitent les ouvriers avec leurs familles. Nous avons tous été ligotés. Ils ont volé les fusils, mes bijoux puis m'ont demandé de leur remettre l'argent, 2 000 euros et 400 000 bolivars. Ensuite, ils ont embarqué mon mari sans ses vêtements dans notre 4×4 et se sont enfuis...", avait raconté Mme Beck.
Selon son fils Franck, installé au Venezuela, Christophe Beck était détenu seul par des guérilleros de l'Armée de libération nationale (ELN), un des mouvement de guerilla d'extrême-gauche de Colombie, dont la frontière est proche de la maison de l'éleveur. C'est son père qui l'a appelé après sa libération dans la nuit du 20 au 21 décembre, dans une zone désertique, à une quarantaine de kilomètres de la frontière colombienne, où ses ravisseurs lui ont donné 80 000 bolivars (28 euros) pour se débrouiller. Les ravisseurs avaient réclamé 100 millions de bolivars (près de 40 000 euros) pour relâcher leur otage.
"PAS UN CENTIME"
"Ma famille n'a reçu aucun soutien et je démens les propos tenus, dimanche, par le ministre des Affaires étrangères, Philipe Douste-Blazy, comme quoi son ministère s'était pleinement mobilisé, a indiqué l'ancien otage, lundi, à Corbère où habite sa fille Francesca. L'Etat français n'a pas versé un seul centime pour payer ma rançon, dont je préfère encore garder le montant secret."
"Je suis très fatigué. Vous savez, tous les jours, vous pensez qu'ils vont vous tuer", a juste expliqué Christophe Beck pour qui cette captivité d'un an a été un "enfer", en raison des moustiques et de problèmes d'escarres liées à l'humidité de la forêt amazonienne. "Il a été particulièrement maltraité et avait droit quotidiennement à une nourriture à base de canne à sucre", a ajouté son fils Franck.
"Quand je raconterai ma détention et les conditions dans lesquelles je me trouvais, mon histoire aura certainement des incidences politiques en Colombie, au Venezuela et par ricochet en France", a averti Christophe Beck.
L'enlèvement de M. Beck, dans cette région du Venezuela où l'insécurité est croissante, avait été précédé par celui de deux autres éleveurs en 2005, dont une femme de 70 ans. Le Français avait d'ailleurs décidé de mettre sa propriété en vente, ce qu'a fait sa famille durant le temps de sa détention.
Jean-Claude Marre













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