NDLR : certains prix Nobel de la paix se doivent d'être intéressants, ainsi Desmond Tutu qui se plaint d'Israël l'empêchant de faire son enquête. Chez Carter, le mot est lâché : "apartheid" ! Est-ce innocent de la part d'un homme de cette expérience et de cet âge qui avait le temps de choisir ses mots ? Cette pilule aura du mal à passer pour un peuple qui fait du mieux qu'il peut avec ses ennemis. A l'accusation de Tutu et d'apartheid, on peut lier les manifestations monstres et haineuses contre Israël à Durban, en 2001, qui avaient poussé Israël et les USA à claquer la porte du sommet. Même si ces liens avec l'Afrique du Sud sont, éventuellement, des coïncidences, il est indéniable que les chevaliers blancs ne font pas grand chose pour éviter la comparaison. Ces mots sont bien une insulte envers Israël et les victimes du vrai apartheid !

L'ancien président américain Jimmy Carter, 82 ans, Prix Nobel de la paix en 2002, est au coeur d'une vive polémique depuis la publication, il y a deux semaines, de son dernier livre : Palestine : Peace Not Apartheid ("Palestine : la paix, pas l'apartheid").

L'ouvrage retrace l'évolution du processus de paix depuis les accords de Camp David entre Israël et l'Egypte, signés en 1978 sous sa présidence, jusqu'aux élections, en 2006, dans les territoires palestiniens où Jimmy Carter a mené une mission d'observation. Il blâme les Palestiniens et les Etats-Unis pour les échecs du processus du paix, mais surtout la politique israélienne. Dès la veille de la publication du livre, Nancy Pelosi, future numéro un démocrate de la Chambre des représentants, a pris ses distances avec M. Carter, affirmant qu'"il ne parle pas au nom du Parti démocrate sur Israël".

Il y a quelques jours, Kenneth Stein, ex-directeur du Centre Carter, organisation de défense des droits de l'homme, et directeur du Centre d'études sur Israël de l'université Emory, a démissionné et rompu publiquement avec l'ancien président. Il juge son livre "basé sur des analyses simplistes, bourré d'erreurs factuelles, de matériaux copiés et non cités, d'omissions et de parties tout simplement inventées". Le Centre Simon-Wiesenthal, l'un des principaux groupes mondiaux de défense juifs, a lancé une pétition condamnant l'utilisation par M. Carter du mot "apartheid".

Dans une lettre ouverte à l'ancien président, publiée dans plusieurs quotidiens, des organisations comme l'Anti-Defamation League et l'American Jewish Committee dénoncent des critiques "injustes et infondées" qui "accordent peu d'attention au fait qu'Israël est attaqué sans cesse depuis sa création et menacé d'annihilation."

Jimmy Carter a répliqué en soulignant que le mot "apartheid" ne faisait pas référence à un quelconque racisme de la part d'Israël envers les Palestiniens mais au "désir d'une minorité d'Israéliens de confisquer et de coloniser des sites palestiniens". Il ajoute que "le livre décrit l'abominable oppression et les persécutions dans les territoires palestiniens occupés, le rigide système de laissez-passer et la ségrégation stricte entre citoyens palestiniens et colons juifs en Cisjordanie. De bien des manières, c'est plus oppressant que pour les Noirs vivant en Afrique du Sud au temps de l'apartheid".

L'ancien président s'en prend, dans un article publié par le Los Angeles Times intitulé "Parler franchement d'Israël et de la Palestine" aux "critiques (de son livre) dans les principaux médias qui ont été écrites, dans leur grande majorité, par des représentants d'organisations juives". Il affirme vouloir faire tomber "le mur impénétrable" qui empêche le public américain de voir la souffrance des Palestiniens. Interrogé par Forward, un magazine de la communauté juive américaine, Jimmy Carter rappelle qu'il a négocié l'accord de Camp David : "Je n'ai pas à donner des références concernant mon désir d'apporter la paix à Israël", dit-il.