NDLR : le crime a probablement été commis par le Hamas qui aurait déjà tenté d'assassiner le président palestinien, ce qui devrait bien ouvrir les yeux sur la réalité de ce mouvement.

Les trois enfants d'un responsable des renseignements palestiniens fidèles au parti Fatah ont été tués, lundi 11 décembre, à Gaza, par des hommes armés. Cette tuerie intervient au lendemain d'une tentative d'assassinat du ministre de l'intérieur dans le gouvernement contrôlé par le Hamas.

Le chauffeur qui conduisait les trois enfants à l'école à bord d'une voiture aux vitres teintées a également péri. Au moins soixante balles ont été tirées sur la voiture par les auteurs de l'attaque, qui ont réussi à prendre la fuite.

Salam, 6 ans, Ahmad, 7 ans, et Oussama, 9 ans, fils de Bahaa Baaloucha, colonel du service des renseignements, ont été tués par des assaillants masqués qui ont ouvert le feu, à partir de deux voitures, sur leur véhicule, dans le quartier Rimal de la ville de Gaza.

Un garde du corps, qui se trouvait à bord de la voiture, a été blessé. Quatre autres enfants qui se trouvaient à proximité et se rendaient à l'école dans le même quartier ont également été blessés, selon les sources médicales.

Selon des témoins, les tirs ont fait voler en éclats le pare-brise et plusieurs vitres de la voiture. Des cartables, des livres et des sacs de sandwiches ensanglantés ont été dispersés sur le siège arrière. Des taches de sang étaient visibles à plusieurs mètres de la voiture.

Le père des trois enfants, un cadre du mouvement Fatah du président Mahmoud Abbas, se trouvait à son domicile au moment de l'attaque. Selon une source sécuritaire, c'est le colonel Baaloucha qui était visé par l'attaque. Le colonel Baaloucha, ancien enquêteur en chef aux services des renseignements, est considéré comme l'une des bêtes noires du Hamas, le mouvement islamiste qui contrôle le gouvernement depuis mars. Il avait échappé à une tentative d'assassinat il y a quelques mois.

LE MINISTRE DE L'INTÉRIEUR ATTAQUÉ DIMANCHE

M. Abbas a vivement condamné cette attaque. "C'est un crime atroce commis contre des enfants de notre peuple", a déclaré M. Abbas à la presse à Ramallah, en Cisjordanie. Le porte-parole du Hamas, Fawzi Barhoum, a également condamné ces meurtres commis selon lui "par des ennemis du peuple palestinien".

Des inconnus avaient, la veille, tiré sur la voiture du ministre de l'intérieur palestinien issu du Hamas, Saïd Siam, sans faire de blessé. Son porte-parole, Khaled Abou Hilal, avait accusé des "traîtres d'avoir ouvert le feu" en vue d'assassiner le ministre qui regagnait son domicile. L'attentat avait été perpétré par quatre hommes armés circulant dans un véhicule. Selon des sources de sécurité palestiniennes, les quatre hommes ont été arrêtés dimanche soir.

Des affrontements souvent meurtriers ont opposé ces derniers mois dans la bande de Gaza des militants du Hamas et du Fatah, sur fond d'impasse politique et de grave crise financière. La tension est montée d'un cran ces derniers jours après que le comité exécutif de l'OLP a recommandé à M. Abbas samedi de convoquer des élections présidentielle et législatives anticipées.