Claude Ruey et l'Eglise montent au front pour une famille iranienne ATS - 06.12.2006, 13:11

BERNE - Une famille iranienne convertie au christianisme est menacée de renvoi. Des membres de l'Eglise et le conseiller national Claude Ruey, ancien responsable vaudois de l'asile, s'opposent à cette mesure qui mettrait la vie des intéressés en péril.

M. Ruey a écrit une lettre de soutien à cette famille qui a trouvé refuge en Suisse en 2002, après avoir subi des persécutions en Iran suite à sa conversion au christianisme. Dans sa missive, il souligne que le couple et ses deux enfants, établis à Lausanne, sont parfaitement intégrés et que l'apostasie est un crime en Iran.

Documents à l'appui, le pasteur Shafique Keshavjee, professeur de théologie des religions à l'Université de Genève, rappelle les dangers encourus par un musulman qui choisit de quitter l'islam pour une autre religion. Dans un régime comme Téhéran, l'homme risque la mise à mort et la femme l'emprisonnement, explique-t-il.

Le 29 juin, l'Office fédéral des migrations (ODM) a refusé l'asile à la famille. "Ils ont estimé que les certificats de baptême étaient des faux, que le prêtre et l'église mentionnées n'existaient pas", a expliqué à l'ATS Francine Uldry, au nom du comité de soutien à la famille.

Pour les intéressés, cette décision est inexplicable. La famille dispose du soutien personnel de Mgr Rémy Berchier, vicaire général du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg, qui certifie dans une lettre de l'authenticité des baptêmes et de la vérité de conscience et de foi de la famille, membre d'une paroisse lausannoise.

Un autre évêque du diocèse, qui s'est rendu en Iran, confirme par écrit qu'il a vu l'église et le prêtre qui a baptisé les époux, ajoute Mme Uldry. Avec de nouveaux documents à l'appui, la famille a déposé une requête de réexamen devant la commission suisse de recours en matière d'asile.

La commission a ordonné, comme mesure provisionnelle, la suspension des renvois en attendant une décision sur le fond. Dans sa requête, la famille demande l'octroi du statut de réfugié, ou, au moins, une admission provisoire. Dans les faits, les intéressés ne risquent en principe pas un rapatriement de force, car la Suisse n'effectue actuellement pas de renvois sous contrainte vers l'Iran.