Voilà qui devrait agiter les chaumières. Le Haut conseil de la population et de la famille préconise, dans un avis rendu public mardi, que la contraception soit gratuite et anonyme pour les mineures en France. Un moyen d’éviter le recours à l’IVG, qui reste pratiquée sur 13 000 mineures chaque année, un nombre stable depuis dix ans.

Selon le rapport du Haut conseil, ces chiffres pourraient être considérablement réduits en facilitant l’accès à la contraception ordinaire. Alors que l’IVG et la pilule du lendemain sont devenues anonymes et gratuites, la contraception orale, la plus efficace pour les adolescentes, reste toujours payante ou remboursable sur la sécurité sociale des parents.

Le Haut conseil rappelle que la contraception d’urgence progresse chez les mineures alors que cette pratique est «loin d’être satisfaisante» en terme d’efficacité. «Le choix de la France est exclusivement curatif au lieu d’être surtout préventif», s’étonne le Haut conseil, qui préconise donc que les toutes les jeunes filles de moins de 18 ans bénéficient de la gratuité et la confidentialité de la contraception déjà en vigueur dans les centres de planification familiale.

Le Haut Conseil de la population et de la famille (HCPF) est un organisme consultatif chargé d’éclairer le Président de la République et le gouvernement sur les problèmes démographiques et sur leurs conséquences à moyen et long termes dans les domaines de la fécondité, du vieillissement et des mouvements migratoires, ainsi que sur les questions relatives à la famille. Il a été créé en 1985.