L'absence de réaction immédiate de la candidate socialiste aux propos tenus par un député du Hezbollah libanais, qui comparait la politique israélienne à celle des nazis, a déclenché un tollé à l'UMP.



Première tournée diplomatique pour Ségolène Royal, et premier dérapage. La candidate socialiste a dialogué vendredi soir avec un député du parti chiite Hezbollah, qui a comparé, dans son discours, la politique israélienne avec celle des nazis. Des propos dont la candidate socialiste a d'abord démenti la véracité, avant d'admettre qu'elle ne les avait pas entendu, et de les condamner fermement. Mais cette erreur de Ségolène Royal a aussitôt été mise à profit par plusieurs personnalités de la majorité.



Dimanche, le ministre des Affaires étrangères, Philippe Douste-Blazy, a mis la candidate socialiste en garde contre des idées simplistes au Proche-Orient.



Le ministre de la recherche, François Goulard, a quant à lui estimé qu'elle "ne connaissait pas ses sujets", et qu'elle "s'était comportée comme un éléphant du PS dans un magasin de porcelaine".



Françoise de Panafieu, chef de file de l'UMP à Paris, qui effectue elle-même un voyage de dimanche à mercredi en Israël et dans les territoires palestiniens, s'est dite «profondément choquée» par l'attitude de la candidate socialiste.



François Fillon, conseiller politique de Nicolas Sarkozy, a qualifié de «choquantes les fautes que Ségolène Royal a multipliées ces dernières heures au Proche-Orient». « Accepter de parler avec un membre du Hezbollah, organisation qui prône la destruction d'Israël, qui a provoqué et mené la guerre contre Israël en entrant en territoire israélien et en prenant des otages, était une faute. Laisser insulter sans réagir les alliés et amis de la France, qu'il s'agisse des Etats-Unis ou d'Israël, en est une autre, lourde», a ajouté François Fillon.



Pour le député UMP Hervé de Charette, ancien ministre des Affaires étrangères, «Ségolène Royal s'est trouvée complètement piégée par le Hezbollah qui s'est servi de sa présence pour faire valoir sa propre vision des choses au Liban, vision qui n'est pas celle de la diplomatie française au Liban»



Le candidat centriste, François Bayrou, a également critiqué la candidate socialiste, jugeant que les élus du Hezbollah «ne peuvent pas être regardés comme des élus du Liban comme les autres».