L'Ouzbékistan a accusé vendredi les Etats-Unis d'ingérence dans ses affaires intérieures, suite à la décision du Département d'Etat américain de classer cette république autoritaire d'Asie centrale parmi les pays restreignant le plus de la liberté de culte.

"La partie ouzbèke considère que la décision du Département d'Etat américain (...) n'a aucun fondement et n'est rien d'autre que de l'ingérence dans les affaires intérieures de l'Ouzbékistan souverain", accuse le ministère ouzbek des Affaires étrangères dans un communiqué.

"Ce pas montre une fois de plus l'approche unilatérale et de deux poids deux mesures de la diplomatie américaine", poursuit le document, qui assure que "la tolérance religieuse a toujours été et reste une composante importante de la politique de l'Etat".

Cette réaction fait suite à la décision de Washington à la mi-novembre d'inscrire l'Ouzbékistan sur sa liste noire des pays violant la liberté de culte, aux côtés notamment de la Birmanie, la Chine, la Corée du Nord, l'Erythrée, l'Iran, l'Arabie Saoudite et le Soudan.

Les Américains reprochent notamment à l'Ouzbékistan de "fabriquer des preuves" contre des musulmans afin de les condamner pour terrorisme, mais le Département d'Etat reconnaît aussi qu'une menace terroriste existe dans cette ancienne république soviétique.

Les organisations de défense des droits de l'Homme accusent depuis longtemps Tachkent de recourir à des accusations d'extrémisme religieux pour se débarrasser d'opposants politiques, d'ONG gênantes ou d'hommes d'affaires refusant de payer des pots-de-vin.